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Morris Louis                     Morris Louis
             

 

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Page créée par le scripteur le 11 mars 2009.

[Cheminements à partir de l'oeuvre de Morris Louis (1912-1962)]

   
   
   
                 
                       
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La vie picturale de Morris Louis, né Morris L. Bernstein, commence en 1954 quand il change de style et abandonne la peinture de chevalet. Pendant les huit années qui le séparent de sa mort (d'un cancer du poumon) il travaillera d'arrache-pied, penché sur de vastes toiles partiellement non apprêtées, qu'il aspergeait de peinture acrylique. Homme rude, secret, sûr de son talent, qui n'hésitait pas à détruire les tableaux qui ne lui convenaient pas, il vivait à Baltimore et se tenait à l'écart des milieux artistiques de New York. Il pensait que, s'il évitait d'être influencé par le travail des autres, le sien serait meilleur. Son sérieux et sa rigoureuse intégrité ne se sont traduits dans sa peinture qu'après l'âge de 40 ans. Il se produit alors une véritable rupture : il a fallu qu'il rejette tout son travail antérieur pour trouver sa manière.

La prévalence de la couleur fait l'originalité ou l'identité de Morris Louis. Il perçoit, pense et conçoit ses peintures en termes de couleur. Il rejette tout ce qui est forme ou même contrastes (lumières, ombres, armatures) pour privilégier les nuances et les variations, qui ne s'opposent pas mais s'interpénètrent. Chaque couleur a son identité et en même temps instaure la peinture dans sa multiplicité. Dans des peintures comme Intrigue, Salient ou Iris (1954), sous l'influence de Pollock, de Kooning ou Helen Frankenthaler, il canalise son expérience vers la découverte d'une nouvelle substance purement visuelle, ni spatiale, ni tangible.

L'espace découvert par Morris Louis entretient un rapport ambigu à son bord. Réduit à presque rien dans les Veils où c'est la couleur qui remplit la toile, le bord se colore en filets dans les Unfurled pour faire émerger une page vide sur laquelle le regard se stabilise difficilement. Cette étrange dialectique du plein et du vide, du limité et du non-limité, culmine dans la courte série des Aleph. Au moment où son ami Kenneth Noland dessine des cibles fortement centrées, le bord bousculé semble généré par l'explosion du centre. C'est comme si l'oeuvre naissait d'elle-même, dans une expérience picturale intemporelle, absolue et indicible. L'opposition entre le centre et les bords est subvertie. On ne sait jamais si la limite est intérieure ou extérieure à la forme. Morris Louis est, à sa façon, un théoricien et un praticien du parergon. Ses tableaux, souvent de grand format, absorbent leurs limites. Quelle que soit la nature des bandes colorées, elles continuent au-delà du tableau. Il n'y a pas de hors-toile. Une force et une volonté a laissé son empreinte, mais elle n'est pas circonscrite.

Les commentateurs se sont peu intéressés à l'usage de lettres et de chiffres combinés pour fabriquer les titres des oeuvres. Cette pratique développée dans la Cabale juive donne pourtant à l'oeuvre de Morris Louis une coloration mystique - mais on ignore s'il a lui-même fait le rapprochement.

Propositions (les têtes de parcours sont entre crochets) :

 

 

 


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