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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Lévinas, l'"à - Dieu" : l'infini, le séparé                     Lévinas, l'"à - Dieu" : l'infini, le séparé
Les mots d'Emmanuel Lévinas               Les mots d'Emmanuel Lévinas
Maria Ramos - "Dans la langue d'E.L. et ses parages", Ed : Guilgal, 2009-2017, Page créée le 28 juin 2009

 

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Le retrait lévinassien : passivité, gratuité

[L'"à-Dieu de Lévinas" : saluer, sans théologie, le tout-autre, l'infini, le séparé, l'absolument extérieur]

Le retrait lévinassien : passivité, gratuité
   
   
   
                 
                       

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1. L'idée de l'infini.

La philosophie occidentale est dominée par le concept de totalité. C'est la totalité qui gouverne la paix et la guerre, la politique et la morale, le statut des individus, l'ontologie., etc... L'infini est un concept extérieur à la totalité. On ne peut ni l'englober, ni le démontrer. Aucun contenu dogmatique ni aucune rationalité philosophique ne le limite. Condition de toute vérité objective, il est extérieur à la pensée, y compris à la pensée qui le pense. Il arrive comme le nouveau, dans la passivité de la conscience, plus passive que la passivité. On peut l'interroger par la raison, mais il résiste à l'expérience - sauf si on définit l'expérience comme une relation avec l'absolument autre. Il déborde alors la pensée, et ce débordement est son infinition même.

 

2. L'"à-Dieu".

Dans les années 1970, Emmanuel Lévinas a introduit ce mot dans la langue française. On le rencontre notamment dans le recueil De Dieu qui vient à l'idée, publié en 1982. "A-Dieu" est une expérience, une phénoménologie du rapport à Dieu, un salut désintéressé, absolument gratuit, à l'égard de l'autre infini. Rien ne vient justifier ce désir qui trouve sa source dans une pensée plus ancienne que la pensée du fini, une pensée démesurée, qui pense plus qu'elle ne pense. On peut choisir ce mot, "Dieu", sans s'interroger sur l'existence de Dieu. Le mot a un sens qui ouvre à l'inconnu de l'autre, son visage, son étrangeté. Aucun savoir n'est nécessaire pour cela, aucune connaissance mais une "intrigue spirituelle", sans finalité ni conscience de soi. Dans la dissymétrie absolue, même si Dieu se désintéresse de moi et m'abandonne, j'ai à répondre de l'autre. Mais le geste d'accueil adressé à l'autre n'est jamais pur. Il fait surgir un tiers (les institutions, le droit), une médiation qui doit à la fois tenir compte de la situation effective d'autrui (la loi de justice, dans la légalité mais aussi au-delà du droit), et préserver la séparation. Qu'il s'agisse du Sinaï, du visage ou de l'otage, c'est toujours de la composition d'un nouvel accord, inouï, entre le fini et l'infini, qu'il est question.

 

3. L'éthique.

Devant le visage de l'autre, sa nudité, ses yeux sans défense, l'idée de l'infini se révèle. Le commandement Tu ne tueras point ne s'impose pas par la contrainte, mais librement, par la résistance éthique.

La transcendance de l'extériorité se produit comme désir. Par le visage de l'autre qui parle, par sa voix, elle arrache les êtres à l'histoire et les appelle à la responsabilité, à l'eschatologie de la paix.

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Propositions

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La métaphysique de Lévinas est une aspiration à une extériorité radicale dans laquelle la vérité, c'est laisser être, avec respect, cette extériorité

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En moi, l'idée de l'infini, inassumable, inenglobable, ne peut être que passivité de la conscience, plus passive que la passivité

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Dans l'idée de l'infini se pense ce qui reste toujours extérieur à la pensée

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La résistance éthique ouvre la dimension même de l'infini; son commandement est : "Tu ne tueras point"

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Avec l'à-Dieu, Lévinas donne à la langue française la chance de saluer silencieusement l'autre en tant qu'il n'est pas, qu'il appelle depuis l'au-delà de l'être

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L'infini dans le fini se produit comme désir

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Le dynamisme du désir renvoie à l'"à-Dieu", pensée désintéressée, gratuite, qui pense plus qu'elle ne pense, idée de l'infini plus ancienne que la pensée du fini

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Ce que Lévinas nomme "visage" ou "otage", il faut le lire comme un nom propre qui compose un nouvel accord, inouï, entre le fini et l'infini : à-Dieu, l'appel du nom par le nom

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Il faut, aujourd'hui, une hospitalité qui s'adresse à un Dieu qui puisse ne pas exister, nous abandonner, se désintéresser de l'alliance, s'exempter d'amour ou de désir envers nous

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A Jérusalem comme dans les villes refuges, l'adresse à-Dieu exige plus qu'un accueil, une hospitalité qui soit aussi loi de justice effective, au-delà du droit dans le droit

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L'idée de l'infini se révèle dans le visage

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Le visage parle, il fait sens, il est déjà discours, il manifeste la présence de l'extériorité

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La voix enseignante, hauteur dans le visage du maître, produit l'extériorité, la dimension de l'infini où la relation pacifique du langage se déploie et se met en commun

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L'infini est l'absolument autre, et le moi qui le pense pense plus qu'il ne pense

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L'introduction du nouveau dans une pensée, l'idée de l'infini - voilà l'oeuvre même de la raison

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Seule l'eschatologie de la paix messianique peut se superposer à l'ontologie de la guerre

 

 

 


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