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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
La promesse du démiurge                     La promesse du démiurge
Sources (*) : Derrida, la promesse               Derrida, la promesse
Jacques Derrida - "Avances", Ed : Minuit, 1995, pp15-6 Derrida, la garde

[Déclarer : "Il y a là Démiurge", c'est instituer son oeuvre, son tombeau et sa promesse, qui est d'abord promesse de survie du monde]

Derrida, la garde
   
   
   
Les mots de Jacques Derrida Les mots de Jacques Derrida
                 
                       

Se faisant lui-même démiurge, Serge Margel invente, dans son livre Le tombeau du dieu artisan, un autre démiurge, un démiurge que nul n'avait lu avant lui dans le Timée. Cet autre démiurge ressemble étrangement à ce qu'on pourrait appeler le signataire idéal d'une oeuvre derridienne. Entre Margel, Derrida et Platon, c'est un ballet qui s'instaure, un échange dans lequel on n'identifie qu'à peine qui signe l'oeuvre de qui. La figure du démiurge peut ici être rapprochée de celle du génie que Derrida analyse ailleurs.

 

1. Oeuvre et démiurge.

Celui qui déclare Il y a un Démiurge signe cette déclaration. Par cet acte de langage, le Démiurge est institué. Qu'il se nomme Platon (l'inventeur) ou Serge Margel (le réinventeur) [ou encore le Timée et la bible, deux textes très anciens en concurrence dans cette tâche], en promettant le démiurge, d'avance, il le produit. Mais qu'est-ce que ce démiurge, qui est-il, une personne, un architecte, un sorcier, un artificier, une fonction, quelqu'un ou quelque chose? Peut-on lire le texte derridien en le mettant à la place d'un scribe, d'un auteur? En tous cas ce n'est pas un créateur (au sens classique) puisque ce sont des structures intelligibles, des idées, des paradigmes, des représentations, des opérations qui lui prééexistent qui sont mis en oeuvre dans khôra (le réceptacle).

Avec ce démiurge qui n'est peut-être pas un dieu, qui est peut-être mortel, qui n'est ni vivant ni mort, dont le tombeau est peut-être vide, s'inventent la promesse, l'engagement, le testament, l'héritage, le sacrifice, la dette, le devoir et même l'éthique. Nous lui sommes redevables d'avoir été là, avant même l'origine du monde (avant le temps lui-même). En le gardant en mémoire, nous héritons de sa défaillance, sa finitude, ses défauts, de son infirmité et de son oeuvre aussi. Impliqués dans la performativité de son geste, nous promettons, nous aussi, la survie de la promesse qu'il a mise en oeuvre.

 

2. Oeuvre et désoeuvrement.

cf : Il arrive un moment où le Démiurge platonicien ne fait rien; c'est alors, dans ce désoeuvrement, cette destitution ou cette mort symbolique, qu'il fait oeuvre.

 

3. Promesse.

Le démiurge est un personnage, un acteur, le producteur d'une oeuvre (dem-iourgos, on retrouve la racine ergon) et d'un événement, quelqu'un qui crée, souffre. Déjà, avant, avant même son acte, il se mourait. L'engagement qu'il prenait à notre égard (nous les humains) était paradoxal. Il ouvrait la possibilité du testament, du sacrifice, de la dette et du devoir - bref de ce dont nous portons l'héritage, de ce que nous nous promettons à nous-même sous le nom de religion ou sous d'autres noms. Mais son oeuvre s'arrêtait là. Elle n'offrait aucune garantie pour aucune communauté, c'était à prendre ou à laisser.

C'est aussi un demi-dieu, un architecte, une force cosmique, un artisan qui n'invente rien mais contemple ou inscrit à même le lieu, dans ce réceptable impassible qui se nomme khôra..., et aussi une fiction, une machine à calculer, un technicien, un être vivant dans la douleur. Quel qu'il soit, "qui" ou "quoi", il est là-bas plutôt qu'ici. Il déclenche la création d'un monde, mais ce monde est ouvert, imprévisible. Il ne correspond pas à ses idées et le met dans l'embarras. Alors il renonce, il délègue aux mortels des pouvoirs qui se réduisent à un engagement minimal : Je promets que je n'anéantirai pas le monde. S'il survit, c'est comme hantise, dans la temporalité de cette promesse. Tandis qu'il confie ses responsabilités à l'homme, il agonise dans son sanctuaire.

 

 

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Propositions

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Il arrive un moment où le Démiurge platonicien ne fait rien; c'est alors, dans ce désoeuvrement, cette destitution ou cette mort symbolique, qu'il fait oeuvre

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Le démiurge de Platon est un dieu artisan, un faiseur d'oeuvre, mais c'est aussi un dieu désoeuvré, impuissant et mourant

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Par trois gestes, le démiurge produit le monde comme survivance : une production, une représentation et une promesse

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Le monde doit se contenter de vivre avec pour garantie et pour statut les seules promesses du Démiurge

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Il s'agit, dans la promesse, d'un désoeuvrement : le temps s'endette auprès d'un autre

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La promesse ouvre, dans le présent, un futur non saturable, l'avance d'un à-venir qui fait place à l'autre et que rien ne saurait fermer

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Pour réaliser la promesse que le Démiurge a engagée envers le monde et se substituer à son pouvoir mimétique, le corps doit mourir et l'âme être délivrée

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La promesse du Démiurge laisse place à un "nous" indérivable, sans rassemblement assuré ni intersubjectivité, sans communauté ni réciprocité

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S'il y a une religion, c'est celle par laquelle, en héritant du Démiurge, "nous nous promettons" d'y survivre

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