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Que le livre se retire!                     Que le livre se retire!
Sources (*) : Voir la voix               Voir la voix
Marc-Alain Ouaknin - "Le livre brûlé, Lire le talmud", Ed : Seuil-Lieu commun, 1994, p281

Quand les Hébreux "voient les voix", ce qu'ils voient est la chair de la lettre, le corps du texte, l'écriture sans image ni idole

   
   
   
                 
                       

Comment interpréter le verset (Ex 20, 15), qui suit immédiatement l'énoncé des Dix commandements : "Et tout le peuple voi(en)t les voix..."?

1. Selon Rabbi Yichmaël (dans le Midrach Halakha sur l'Exode) : le peuple voit ce qu'il y a à voir et entend ce qu'il y a à entendre - mais le mot "entendre" manque. Soit le verset est elliptique, soit l'écoute se situe sur un autre plan (dans le non-dit).

2. Selon Rabbi Akiba : si le peuple voit la voix, c'est parce qu'il y a eu un miracle au Sinaï. Les paroles de la révélation se sont inscrites sous forme de lettres [ou par gravure dans la pierre]. Le texte ne procède pas par comparaison ou analogie : il y a vraiment eu vision.

3. Selon Marc-Alain Ouaknin : la transcendance s'énonce en tant que texte, dans le discours. C'est dans l'écriture que la voix inconnue se voit, sans image, sans idole. C'est là qu'elle passe du visible du monde à l'audible du langage - et aussi de l'audible du langage au visible du monde. C'est là qu'elle fait corps La voix sort de la bouche du Tout-Puissant. Elle taille des éclairs de feu (Ps 29:7). Par le verset et le livre, le désert se fait monde.

Devenue charnelle, corporelle, l'écriture sort d'une fonction seconde et instrumentale.

Certaines traductions (y compris juives) ne supportent pas l'idée qu'on puisse "voir la voix". Alors elles modifient le texte, elles substituent l'écoute à la vision, elles ignorent la voix et ne parlent que de la trompette et du tonnerre. La rencontre énigmatique du visible et de l'invisible est remplacée par des images. Traduction de la bible Segond : Tout le peuple entendait les tonnerres et le son de la trompette; il voyait les flammes de la montagne fumante. A ce spectacle, le peuple tremblait, et se tenait dans l'éloignement (Ex 20,18 - le numéro de verset n'est pas le même). Traduction de la Bible de Jérusalem (Ed Cerf) : Tout le peuple, voyant ces coups de tonnerre, ces lueurs, ce son de trompe et la montagne fumante, eut peur et se tint à distance. Traduction du rabbinat français (version massorétique, révisée en 1994) : Or, tout le peuple fut témoin de ces tonnerres, de ces feux, de ce bruit de cor, de cette montagne fumante; et le peuple, à cette vue, trembla et se tint à distance.

Et voici la traduction d'André Chouraqui : Tout le peuple voit les voix, les torches, la voix du shophar, la montagne fumante. Le peuple voit. Ils se meuvent et se tiennent au loin. Il ne traduit pas La voix [divine], mais Les voix [multiples] - auxquelles s'ajoute celle du chofar. Il ne dissimule pas la tension du texte, qui ne parle pas d'écouter les voix, mais bel et bien de les voir.

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