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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Gustave Courbet                     Gustave Courbet
Sources (*) : Courbet, autoportraits               Courbet, autoportraits
Michael Fried - "Le réalisme de Courbet, Esthétique et origines de la peinture moderne, tome 2", Ed : Gallimard, 1993, p19

 

Le sculpteur (Gustave Courbet, 1844) -

Courbet, le réalisme et son corps

La question du rapport entre l'auteur et sa peinture est au coeur de l'entreprise de Gustave Courbet

Courbet, le réalisme et son corps
   
   
   
Courbet se montre vivant Courbet se montre vivant
                 
                       

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Baudelaire a accusé Ingres et Courbet de faire la guerre à l'imagination. Il mettait les réalistes et les positivistes dans le même sac que les photographes : selon lui, en représentant la réalité telle qu'elle est, ils s'excluaient de l'art. Mais l'analyse des tableaux de Courbet contredit cette assertion. Ce n'est pas un hasard s'il a commencé par peindre des autoportraits. Il affirmait par là que ses oeuvres n'étaient pas fabriquées par un processus automatique, mais par un être incarné qui se livrait à une activité particulière (p55).

Dans un contexte où la peinture pouvait de moins en moins échapper à l'attraction du dramatique et du théatral, Courbet a introduit un nouveau rapport au spectateur. Sa peinture implique profondément le corps, elle passe par le corps d'une façon qu'il est impossible de séparer de la fabrication physique des oeuvres. Ce corps n'a rien de naturel. Il est culturellement codé, l'objet, le pivot, la cible et le relais de forces historiques (comme dirait Foucault).

Dans le tableau ci-contre qui date de1844 (Courbet avait 25 ans), la pose du sculpteur semble plutôt confuse. Mais il y a un point commun avec L'Homme blessé, commencé à la même époque mais fini dix ans plus tard : le personnage est penché en arrière d'une façon qui nous donne l'impression que nous le regardons d'en-bas. Le ruisseau semble couler vers nous, inaugurant un dispositif que Courbet reprendra souvent (par exemples dans Les Sources de la Loue).

A première vue on ne remarque pas, près de son genou gauche, le ruisseau qui coule. On ne remarque pas non plus qu'au-dessus du ruisseau est sculptée la tête couchée d'une femme. La posture du jeune homme est bizarre, un bras accroché en l'air à une brindille, une jambe exagérément tendue en avant.

 

 

Ce sculpteur est manifestement Courbet lui-même, dans un déguisement médiéval, l'air rêveur et presque extatique.

 

 

 


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