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Gustave Courbet                     Gustave Courbet
Sources (*) : Courbet, le réalisme et son corps               Courbet, le réalisme et son corps
Michael Fried - "Le réalisme de Courbet, Esthétique et origines de la peinture moderne, tome 2", Ed : Gallimard, 1993, pp110-113

 

Les Casseurs de pierre (Gustave Courbet, 1849) -

Courbet se montre vivant

Les "Casseurs de pierre" peuvent être interprétés comme une "psychomachie" de Gustave Courbet : où son nom propre, sa signature et ses mains se redoublent

Courbet se montre vivant
   
   
   
Fried, Derrida, anti - théatralité Fried, Derrida, anti - théatralité
                 
                       

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Ce tableau emblématique du réalisme a été détruit pendant le bombardement de Dresde de février 1945. Il n'en reste que des photographies : deux hommes éclairés par le soleil, dont les ombres s'allongent et les silhouettes se découpent sur une colline sombre qui devrait - si le tableau l'était vraiment, réaliste - être aussi éclairée qu'eux. Mais le réel de Courbet n'était pas aussi brut qu'on l'a prétendu. C'est le résultat de beaucoup de travail : une esquisse et des dessins préparatoires, la pose des modèles dans l'atelier. S'il y a réel, c'est le réel d'une violente tension qui a explosé moins d'un siècle plus tard et réduit l'oeuvre en cendres.

D'après son propre récit, Courbet aurait repéré ces deux hommes au hasard d'une route. Il a voulu les représenter grandeur nature, vêtements déchirés et corps brisés. Pour montrer l'existence physique brute de ces travailleurs, il fallait une technique picturale elle-même laborieuse. Contrairement à une certaine peinture sociale de l'époque, l'oeuvre n'appelle ni psychologie ni pathos. Ces hommes absorbés dans leur tâche ne trouvent ni supplément de spiritualité, ni dignité, ni salut dans le travail. Leurs corps juxtaposés ne semblent pas avoir d'autres liens entre eux que la contrainte du travail.

Et pourtant il y a bel et bien construction. A gauche la signature, grande et rouge, puis les travailleurs qui nous tournent le dos, le visage caché (comme le Marlet de l'Après-dînée à Ornans). A gauche une corbeille en osier et à droite une marmite, une cuiller et une miche de pain. En se détachant sur un fond sombre, les travailleurs occupent le premier plan, proche du spectateur. Leurs corps et leurs outils forment une série d'angles aigus et obtus qui ne donne pas une impression de mouvement mais plutôt d'arrêt, de suspension immobile. Comme beaucoup d'autres tableaux de Gustave Courbet, Les Casseurs de pierre exigent une certaine durée pour être lus.

PSYCHOMACHIE DE GUSTAVE COURBET (selon Michael Fried)

1. La signature. Ici la signature se trouve à gauche, alors que dans la première esquisse à l'huile faite par Courbet pour les mêmes Casseurs, elle était à droite. Ses lettres, juxtaposées comme les travailleurs, semblent à l'origine de leur alignement. Comme souvent chez Courbet, la couleur de la signature est rose chair, celle du corps. (Dans L'Enterrement à Ornans, Courbet avait placé en bas à gauche une énorme signature orange tirant sur le rouge, qu'il a ensuite effacée, peut-être à cause des moqueries qu'elle a suscitée).

2. Les mains du peintre. On peut comparer la position des deux travailleurs à celles des mains de Courbet au moment où il peint. La main gauche tient la palette (comme le jeune homme tient le panier), tandis que la main droite manie la brosse ou le couteau (comme le vieux travailleur dresse le marteau). Nous sommes alors, nous spectateurs, à la place du peintre, et voyons ses mains qui travaillent.

 

 

3. Le nom propre. Le vieux casseur de pierre, courbé sur son travail, et le jeune, lui aussi courbé sous le poids, peuvent être entendus comme une répétition phonique du nom de Courbet. Tout le tableau pourrait alors être pris comme un rébus pictural, écrivant le nom propre du peintre (En 1855, le calembour était repris dans la presse populaire : Courbet ne courbe la tête que devant Courbet. On se moquait de son narcissisme).

4. Les initiales. On peut voir dans la position du jeune travailleur la lettre "G" et dans celle du vieux la lettre "C". Ceci renforce l'interprétation selon laquelle la signature est au fondement de l'ensemble de l'oeuvre. La substance phonique du nom est évacuée en même temps que ses connotations ironiques.

 

 

 


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