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                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Giorgio Agamben                     Giorgio Agamben
             

 

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Page créée par le scripteur le 21 janvier 2010.

[A partir de Giorgio Agamben, né en 1942]

   
   
   
                 
                       

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- Bibliographie de Giorgio Agamben.

 

Dans Homo Sacer, son ouvrage majeur publié en plusieurs volumes sur une vingtaine d'années, Giorgio Agamben analyse les origines du droit et du pouvoir souverain. La relation politique originaire est l'état d'exception - ce lieu d'essence théologique, ni intérieur, ni extérieur, où, selon Carl Schmitt, les situations exceptionnelles se décident. Depuis ce lieu, le souverain édicte la loi. Il n'a ni à se justifier, ni à lui trouver un sens. Seule compte sa forme pure. A l'autre extrême se trouve le ban : comme le souverain, c'est un état d'exception. Le sujet y est considéré comme vie nue, simple corps biopolitique, objet de gestion dans les Etats démocratiques ou de destruction dans les camps de la mort - dans le prolongement de l'homo sacer romain. Dans la vie moderne, le camp est le premier paradigme, et non pas la cité.

La conséquence ultime de cette prévalence du biopolitique est le totalitarisme.

Dans le tome II,3 de son grand ouvrage, Giorgio Agamben s'intéresse à la crédibilité du langage, dans laquelle le serment joue un rôle essentiel. Pour parler, l'homme doit entretenir avec la langue une relation éthique qui mette en jeu la vérité. Cela implique qu'on puisse faire confiance au langage, qu'on puisse lui accorder foi. Dans cette mise en place, les actes de parole (ou performatifs) comme le serment ou la profession de foi constituent le seuil par lequel le langage entre dans le droit et la religion.

Giorgio Agamben analyse différentes manifestations de l'état d'exception - par exemple les temps messianiques pauliniens. On sort très difficilement de leurs paradoxes, sauf à penser au-delà de la loi.

Propositions (les tÍtes de parcours sont entre crochets)

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[L'homme est ce vivant qui entretient une relation éthique avec la langue : pour parler, il doit dire "je", prendre la parole, l'assumer et mettre en jeu la vérité (véridiction)]

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[Le serment, appuyé sur la malédiction, représente le seuil par lequel le langage entre dans le droit et la religion]

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[La pure forme de la loi est paradoxale : elle s'affirme avec d'autant plus de force qu'elle ne prescrit rien]

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[La relation politique originaire est le ban souverain, un état paradoxal d'exception ou d'indifférence entre l'exclusion et l'inclusion]

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[Le totalitarisme est la conséquence ultime de la transformation de la politique en biopolitique]

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[L'acte originaire du pouvoir souverain est la production d'un corps biopolitique]

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[Au centre de l'espace politique moderne se trouve la vie nue, dont le paradigme biopolitique est le camp, et non la cité]

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[Quand l'état d'exception se généralise, délégitimise la loi, il faut un messianisme qui se libère des paradoxes du souverain et pense la dissolution intégrale de toute loi]

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[La situation messianique par excellence, le seul temps réel, pour Saint Paul, c'est "le temps qui reste"]

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[La parole de la foi est un acte de langage (ou performatif) qui s'accomplit par sa simple prononciation ou profération, "dans la proximité de la bouche et du coeur"]

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[Avec l'"homo sacer" du droit romain archaïque, la sacralité s'attache à la vie humaine considérée comme vie nue, tuable sans homicide ni rituel]

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[La querelle entre Giorgio Agamben et Jacques Derrida, ou : "Comment protéger les bords de l'oeuvre?"]

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La fonction de l'ordre juridico-politique est d'enfermer son dehors (ou d'intérioriser ce qui l'excède) : il lui faut instaurer cette "relation d'exception" qu'est la souveraineté

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Proximité des structures du langage et du droit : de même que le langage présuppose le non-linguistique pour le dénoter, le droit présuppose l'état d'exception pour instaurer la norme

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L'"homo sacer" garde la mémoire de l'exclusion originaire à travers laquelle s'est formée la dimension politique

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La symétrie entre le "souverain" et l'"homo sacer" éclaire l'ambivalence du sacré, qui est la forme originaire de l'implication de la vie nue dans l'ordre juridico-politique

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Le rapport entre pouvoir constituant et pouvoir constitué est un rapport entre la violence qui fonde le droit et la violence qui le conserve

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L'humanité se trouve aujourd'hui devant un relâchement du lien éthique qui unissait le vivant à sa langue : d'un côté la réalité biologique et la vie nue; de l'autre une parole vaine

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"Ban" est un mot paradoxal qui désigne à la fois 1/ l'exclusion de la communauté, et 2/ le commandement et l'enseigne du souverain

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Le droit est le champ dans lequel tout le langage tend à prendre une valeur performative

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Les droits de l'homme sont la figure originelle de l'inscription de la vie naturelle dans l'ordre juridico-politique de l'Etat-Nation

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L'espace du ban (la ban-lieue) est, dans la cité, plus intime encore que tout dedans et plus extérieur que tout dehors

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La modernité commence quand l'espèce et l'individu deviennent, en tant que simples corps vivants, l'enjeu des stratégies politiques

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Dans la modernité, l'espace de la vie nue finit par coïncider avec l'espace politique

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L'état de nature n'est pas extérieur ou antérieur à la cité moderne : c'est un état d'exception continuellement à l'oeuvre sous forme de la décision souveraine

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L'"homo sacer" fait l'objet d'une double exception : il est exclu de la juridiction humaine, et aussi de la juridiction divine

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Paradoxe de la souveraineté : le souverain est, dans le même temps, à l'extérieur et à l'intérieur de l'ordre juridique

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La crise de légitimité de la loi tient à la mise au jour, comme telle, de sa forme pure : elle est en vigueur, mais ne signifie pas

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Au führer qui s'identifie avec la vie biopolitique même du peuple allemand, correspond le "musulman" du camp, qui est devenu incapable de distinguer entre sa vie nue et la norme

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Les nazis n'ont pas exterminé les juifs dans un holocauste, mais comme "vie nue", insacrifiable

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La structure du temps messianique, pour l'apôtre Saint Paul, c'est "le temps qui nous reste" pour faire finir le temps

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L'ambivalence du corps est la force et la contradiction intime de la démocratie moderne : il est assujetti au pouvoir souverain, et aussi porteur des libertés individuelles

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Dans l'Etat-Nation, c'est la naissance - c'est-à-dire la vie naturelle en tant que telle - qui porte la souveraineté, au détriment du sujet devenu citoyen

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Le souverain est celui qui décide de l'implication du vivant dans la loi; sa forme originaire est l'exception, qui capture la vie dans le droit

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Le juron est un serment où le nom de Dieu est extrait du contexte et proféré en soi, à vide, indépendamment de tout contenu sémantique

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L'appel messianique (vocation ou klesis) est avant tout un appel de l'appel : il s'applique à n'importe quelle condition (ou statut) dans l'instant même où il les révoque tous

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Toute nomination, tout acte de parole est un serment où le logos jure sur la véridicité de sa parole, sur la correspondance entre les mots et les choses qui se réalise en lui

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Le mot "pensée" veut dire à l'origine l'angoisse, le tourment, le suspens

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Un énoncé performatif est auto-référentiel : il se réfère à une réalité qu'il constitue lui-même

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Le "peuple", mot qui désigne à la fois le sujet de la politique et la classe qui en est exclue, porte en lui la fracture biopolitique fondamentale que l'Occident tente d'éliminer

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Le serment ne concerne pas l'énoncé comme tel, mais plutôt la confiance qu'on peut lui accorder, l'assurance de sa vérité et de sa réalisation

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Le serment est l'expérience du langage dont nous ne pouvons pas douter, car elle traite toute la langue comme un nom propre - parler, c'est d'abord jurer, croire dans le nom

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Le caractère contraignant du serment ne découle pas des dieux, appelés comme témoins, mais de la foi (fides) qui règle les relations entre les hommes

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Dans le serment, ce qui est en question est une faiblesse tenant au langage même : la capacité des mots à se référer aux choses et des hommes à se vivre comme êtres parlants

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Le souverain est le point d'indifférence entre la violence et le droit, le seuil où la violence se transforme en droit et le droit en violence

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Dans le messianisme, l'assimilation du sujet avec ce qui a été perdu et oublié est absolue : "Nous sommes devenus comme les déchets du monde"

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Le risque de la déconstruction, c'est qu'en n'ayant pas voulu entrer par la porte de la Loi, elle n'aie pas permis non plus qu'elle soit fermée

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Etat de nature et état d'exception sont les deux faces d'un ruban de Moebius

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La foi chrétienne consiste en la pleine persuasion de la nécessaire unité de la promesse et de la réalisation

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Nous ne pouvons penser dans le langage que parce que celui-ci n'est pas notre voix

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La pensée est la souffrance de la voix dans le langage

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Les grecs avaient deux mots pour la vie : zôè (le simple fait de vivre) et bios (la façon de vivre) - une distinction que la modernité tend à abandonner

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Le camp de concentration est régi par le principe "Tout est possible", où le droit se confond sans reste avec le fait

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Le camp de concentration est un espace qui s'ouvre lorsque l'état d'exception commence à devenir la règle

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Au 20ème siècle se multiplient des notions hybrides comme le devoir d'intervention, l'ordre public, la force majeure, qui renvoient à des situations où la loi n'est plus déterminable

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La parole du führer n'est ni une règle, ni une exception, elle n'opère ni comme droit, ni comme fait, mais directement en tant que vive voix, norme

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La rupture du lien automatique entre naissance et nation fait apparaître une "vie nue" prise en charge par l'humanitaire, car elle est privée de toute valeur politique : le réfugié

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Le totalitarisme du 20ème siècle a son fondement dans l'identité dynamique de la vie et de la politique; sans elle, il reste incompréhensible

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La bénédiction exprime la force positive du langage, par laquelle peut s'établir une relation juste entre les mots et les choses, et la malédiction la rupture de cette relation

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Dieu est l'être en qui les paroles sont des serments - cette expérience de langage qui traite toute la langue comme un nom propre

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Le monde de la foi n'est pas un monde de prédicats, mais un monde d'événements individuels : "Je crois en Jésus messie", dit Saint Paul

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Le messianisme est le concept-limite de l'expérience religieuse, le point où celle-ci se dépasse et se remet en question en tant que loi

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La vocation messianique n'est ni un droit, ni une identité; c'est une puissance générique dont on fait usage sans jamais se l'approprier

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Saint Paul introduit dans la division des peuples entre Juifs (circoncis selon la loi) et non-Juifs (avec prépuce) un reste : celui qui est dans la loi du messie

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Le "reste" est la figure que prend Israël quand, dans l'élection ou l'événement messianique, il ne coïncide ni avec le tout, ni avec lui-même

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Dans le monothéisme, le nom de Dieu [Yhvh] nomme le langage même

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Homo sacer - Le pouvoir souverain et la vie nue (Giorgio Agamben, 1997) [HSPS]

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Le temps qui reste - Un commentaire de l'"Epître aux Romains" (Giorgio Agamben, 2000) [LTQR]

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Le sacrement du langage - Archéologie du serment - Homo sacer II,3 (Giorgio Agamben, 2009) [LSDL]

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Bibliographie de Georges Agamben

 

 

 


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