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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Babel, plus de langue unique                     Babel, plus de langue unique
Sources (*) : Babel, mot polysémique               Babel, mot polysémique
André Neher - "L'exil de la parole (du silence biblique au silence d'Auschwitz)", Ed : Seuil, 1970, p122

 

Abraham lie par le soleil et la lune (Doura-Europos, 245-256) -

Refusant la chose inerte et inventant la parole, Abraham, contemporain des bâtisseurs de Babel, a été le seul homme à refuser de prêter la main à l'entreprise

   
   
   
                 
                       

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On dit que l'histoire commence à Sumer, mais elle ne commence pas par l'édification de la tour de Babel. Le commencement, c'est le geste de protestation d'Abraham. En redonnant à davar sa signification humaine, il introduit dans l'histoire la parole sous sa double dimension : horizontale (interhumaine) et verticale (le dialogue entre l'homme et Dieu).

- horizontale : il parle avec sa femme Sarah (Gn 12:11-13), il tutoie Loth (Gn 13:8). Il rachète ainsi le comportement du premier couple, Adam et Eve, et des premiers frères, Caïn et Abel, qui ne se parlent pas.

- verticale : Abram prend l'initiative d'interpeller Dieu (Gn 15:3). Dieu répond et s'adresse à lui. Devenu Abraham, il interrompt plus franchement encore son monologue (Gn 18:23) et le contredit à propos de Sodome.

Dans le premier verset du chapitre 11, à propos de la tour de Babel, le mot davar apparaît pour la première fois dans la bible sous la forme d'un agglomérat de la chose muette et fermée (devarim). On peut interpréter la vie d'Abraham comme une mutation de ces devarim. Ils deviennent d'abord des paroles singulières, davar, adressés en la tutoyant à une personne. C'est l'histoire de la découverte d'autrui. Puis à la fin du chapitre 15, on trouve la formulation suivante : ahar haddevarim haélé, qu'on traduit par : Après ces événements. C'est une forme nouvelle de la parole, un verbe. Devenue événement, la parole échappe au roc du silence.

 

 

 

 

 


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