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Derrida, la traduction                     Derrida, la traduction
Sources (*) : Commencer, c'est citer               Commencer, c'est citer
Jacques Derrida - "Psyché, Inventions de l'autre (tome 1)", Ed : Galilée, 1987, pp218-9 - Des tours de Babel

 

La princesse Elizabeth II, detail (William Scrots, 1546) -

La traduction répond à une double dette insolvable : celle du traducteur à l'égard de ce qui est "à-traduire"; et celle de l'"oeuvre originale", à laquelle il manque quelque chose

   
   
   
               
                       

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Qu'est-ce qui pousse un traducteur à s'engager dans une traduction? Qu'est-ce qui l'assujettit à cette loi : il faut traduire? Pourquoi prend-il cette dette sur lui, comme s'il en était comptable, pourquoi accepte-t-il ce devoir, cette responsabilité? Dans La tâche du traducteur, Walter Benjamin laisse ces questions ouvertes. Un autre a donné une semence à transmettre. Il faut la restituer, la faire mûrir. Mais la restitution du sens ne peut qu'être incomplète, et la survie de l'oeuvre incertaine, dépourvue de sol, de fondement sûr. Le traducteur n'ignore pas qu'il ne pourra jamais s'acquitter de cette dette, et pourtant, en situation d'héritier, de survivant dans une scène généalogique, il traduit.

Le résultat est qu'à un premier texte s'en ajoute un autre. Cette scène d'amour ou de transfert ne se passe pas entre un donateur et un donataire, mais entre deux textes (p215). La demande de traduction ne vient ni de l'auteur, ni du lecteur, mais de l'oeuvre même. Avant même que le traducteur ne s'engage à l'égard du texte, il aura fallu que le texte s'endette à l'égard du traducteur. L'original est un débiteur, il commence par manquer. Il clame son nom (comme Dieu clame le nom de Babel), il pleure (p218) pour qu'on le traduise. Venant de sa structure, de sa loi intérieure, de sa forme, cette exigence est absolue, inconditionnelle. Elle ne tient pas à un rapport entre personnes, ne dépend pas de ses chances de réalisation.

Il s'agit de faire vivre le texte, de le faire survivre, de façon quasiment biologique. Le traducteur s'engage dans une relation contractuelle où il disparaîtra et ne laissera qu'un lien entre deux textes, deux noms propres, deux signataires. La signature étant attachée à l'oeuvre, la traduction est aussi, au bord de la langue, une affaire de noms.

 

 

Qu'est-ce qui est "à traduire" dans un texte? De quoi s'agit-il dans ce que Jacques Derrida se résoud à désigner par ce néologisme, l'"à-traduire"? Du texte dans la langue originale? De l'original? De l'oeuvre authentique? Du corpus? D'une signification à restituer? D'un thème? D'un contenu? D'un énoncé? Rien de tout cela. Il s'agit d'une injonction venue de l'oeuvre. Il est nécessaire, absolument nécessaire, de traduire. Cette demande vient de la structure même de l'original : un rapport de la vie à la survie, une exigence qui ne dépend pas de l'existence d'un traducteur mais tient à l'oeuvre elle-même, un désir que Benjamin met en relation avec une pensée de Dieu - car seule une telle pensée [que Benjamin appelle aussi langage pur, et Jacques Derrida écriture sacrée] pourrait garantir la correspondance entre les langages impliqués dans la traduction.

 

 

 


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