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Les promesses du langage                     Les promesses du langage
Sources (*) : Marc Crépon               Marc Crépon
Marc Crépon - "Les promesses du langage - Benjamin, Rosenzweig, Heidegger", Ed : Vrin, 2001, p26

 

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Sur le Contemporain

[A la question : "Que nous est-il permis d'espérer?", des philosophes répondent : "La terre promise du langage"]

Sur le Contemporain Autres renvois :
   

Une langue sans promesse?

   
   
                 
                       

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"Que m'est-il permis d'espérer?" est l'une des trois questions posées par Kant dans un célèbre passage de la Critique de la raison pure (les deux autres étant : "Que puis-je connaître?" et "Que dois-je faire?").

Pour peu que nous ayions foi en lui et que nous sachions l'entendre, le langage renferme une promesse. Cela vaut pour la prophétie, pour la poésie, et aussi pour certains courants de la philosophie. Quand Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra, critique les prêtres, les professeurs de vertu, les vieux sages ou les orateurs, il leur reproche leurs mots et leurs formules usagées. Comment parler de l'avenir quand on est tributaire d'un héritage qui ancre dans le passé? Certains parmi ceux qui annoncent, promettent ou prophétisent ne font que reproduire les présupposés répétés immuablement par les vieux langages. Les nationalistes qui sacralisent la langue afin de préserver son esprit messianique n'agissent pas autrement - car la promesse de la langue est aussi celle d'un "nous" ou d'un peuple élu chargé d'une mission sacrée, qui peut s'identifier à une nation (par exemple l'Allemagne pour Heidegger).

Comment proclamer une parole d'avenir? Il faut se libérer des valeurs fausses et des mots mensongers qui empoisonnent l'ancienne langue. Cela exige une langue créatrice, sans concession, une langue porteuse d'un autre rapport au corps (plus immédiat, selon Nietzsche), une langue grosse d'une communauté ou d'un rassemblement à venir. Mais quelle communauté? Pour qu'advienne le nouveau langage, il faut qu'il excède ce que l'on croit posséder, qu'il s'affiche sans appartenance ni patrie, ni même de lien avec quoi que ce soit de connu.

C'est peut-être cette langue que Walter Benjamin avait anticipée quand il parlait, à propos de la traduction, d'un langage pur. Ce langage n'est pas un moyen. Il repose en lui-même, dans sa dignité. Une pensée véritable travaille sur le langage, elle se retire devant lui et renonce à tout effet rhétorique. Rien ne prouve qu'un tel langage soit le même pour tous. Ce peut être un langage singulier, un idiome comme dit Derrida [différent pour chacun], qui laisse venir une autre langue, imprévisible.

Quand, en 1934, André Breton s'est rallié à la phraséologie communiste, il a renoncé au surréalisme lui-même, qui ne pouvait survivre sans la spontanéité des associations libres.

 

 

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Propositions

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Reconnaître les mystères du langage implique une véritable foi dans la langue - ce qu'elle donne à attendre, sa promesse

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Traduire, c'est poser la question de la possibilité même de la philosophie

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On peut lire chaque texte de Jacques Derrida comme le projet d'un "autre" concept de traduction : inventer un idiome singulier, par l'irruption imprévisible d'une "autre" langue

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Pour produire ses effets les plus magiques et les plus dévastateurs, il faut que le langage s'exhibe dans sa pureté, mettant au jour sa dignité et son essence

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Dans l'obscurité de la poésie se révèle une part cachée, mystérieuse et secrète du langage

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Seule une pensée qui n'use pas du langage comme d'un réservoir d'effets rhétoriques, qui se retire devant lui, qui renonce à sa maîtrise, peut prétendre à l'universel

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En inventant une autre langue, la philosophie soutient une promesse : déjouer toute appropriation, ne se laisser assimiler par aucune culture, provoquer les passages et les traductions

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La notion d'un "peuple élu" suppose que les menaces qui pèsent sur la civilisation ne seront surmontées que par un bouleversement qui confère à ce peuple une mission sacrée

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Le nationalisme est un phénomène religieux qui lie un peuple singulier (supposé élu), le destin d'une langue et le sort de la civilisation

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La sacralisation de la langue est l'ultime possibilité, pour le nationalisme, de sauvegarder son esprit messianique

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Dans le langage de la promesse, l'idée de "philosophie nationale" est prompte à ressurgir, car cette promesse est celle de la langue où la mission du "nous" se trouve et se fonde

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En s'engageant dans l'action politique, le surréalisme a du renoncer à la dimension eschatologique inscrite dans le rapport au langage

 

 

 


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