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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Peinture et planéité                     Peinture et planéité
Postulat de Greenberg               Postulat de Greenberg

 

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Proposition établie d'après Clement Greenberg, Modernist Painting.

Clement Greenberg

[Pour attirer l'attention, la peinture moderniste se focalise sur les limites qui constituent son medium : le support, le pigment et la surface plane, qu'elle ne partage avec aucun autre art]

Clement Greenberg
   
   
   
La peinture produit son support La peinture produit son support
                 
                       

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A un certain moment du 19ème siècle, la peinture - comme les autres arts - s'est sentie menacée de perdre son sens et sa mission. Les Lumières ayant réfuté toutes les tâches qui auparavant étaient prises au sérieux, elle risquait de se confondre avec un divertissement, ou encore (à l'instar de la religion) une simple thérapie. Devant le nivellement général de tous les arts, il fallait démontrer la valeur spécifique de chaque art en montrant le type d'expérience que lui seul pouvait proposer, et en déterminant son essence irréductible. Chaque art ne pouvait garantir sa qualité qu'en revenant à la pureté de son autodéfinition.

En renonçant à l'illusionnisme comme au réalisme, un art se met à la recherche de ce que son médium recèle d'unique. Dans le cas de la peinture, les facteurs qui viennent au jour sont ceux que les anciens maîtres tendaient à cacher : la matérialité du pigment, la forme du support, la planéité de la surface. Manet a été le premier à afficher avec franchise les surfaces de ses tableaux. Avec les impressionnistes, les peintres ont reconnu que les couleurs sortaient des pots et des tubes, ce qui ouvrait la porte à toutes les expérimentations, jusqu'aux plus radicales (Monet). Quant à Cézanne, il a sacrifié la vraisemblance et l'exactitude à la forme, suscitant des tensions entre le contenu du tableau et sa surface, avant que Maurice Denis, l'un des Nabis, ne donne en 1890 cette fameuse définition du tableau : une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. La voie était ouverte pour l'art abstrait, mais c'est en Amérique, avec Pollock et d'autres, que la planéité a déroulé toutes ses conséquences.

En mettant en avant sa planéité et sa bidimensionnalité, la peinture moderniste a déclenché une révolution formelle qui s'est étendue à toutes sortes de signes peints, y compris par exemple la typographie. En rendant équivalentes toutes les zones du tableau, elle a compromis le tableau de chevalet et s'est rapprochée dangereusement de la décoration.

La tendance à faire prévaloir la surface a aussi déclenché des craintes et des résistances. Des artistes, comme Picasso et Braque, inventeurs du collage, ont voulu, par des moyens non classiques, sauver l'illusion de profondeur. Greenberg a vigoureusement condamné ces tentatives et les a dénoncées comme de dangereuses contaminations - comme si la pureté du medium était l'équivalent moderniste de la transcendance des icônes byzantines.

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Nul ne conteste cette montée de la planéité à l'époque moderne. Mais est-elle dûe seulement à des raisons internes à l'art? N'y a-t-il pas d'autres raisons, liées à un nouveau type d'expérience de la modernité, et qui débordent largement l'art?

 

 

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Propositions

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[Le modernisme est une tendance à l'épuration de chaque art, qui doit toujours aller jusqu'au bout de ses propres règles]

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Pollock a révélé l'une des conditions d'existence de la peinture : elle est plane et totalement là, absolument ouverte face aux sens

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Un tableau est essentiellement une surface plane, recouverte de couleurs, en un certain ordre assemblées

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Monet voulait représenter la lumière naturelle, mais il a abouti à un principe qui réside dans l'essence même de l'art : la faculté d'abstraction

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Avec le modernisme, les limitations de l'art sont reconnues comme un indice de sa pureté, de son absence de contamination

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Depuis Cézanne, la peinture moderniste est identifiée à une tension entre le contenu du tableau et sa surface

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La découverte de Cézanne est qu'il est possible à l'oeil, en suivant de très près la direction des surfaces, de résoudre toute substance visuelle en un continuum de plans frontaux

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La décoration est le spectre qui hante la peinture moderniste

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En rendant toutes les zones du tableau équivalentes en termes d'accentuation et d'importance, la peinture "polyphonique" compromet le tableau de chevalet

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L'élimination de la représentation dans l'art abstrait tient à une double limitation : de la peinture à un espace plat, et de la sculpture à un espace ouvert

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Pour sauver l'illusion de profondeur, Braque et Picasso ont été conduits à la désincarner jusqu'aux limites de l'abstraction - sans les franchir

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Picasso et Braque ont inventé le collage pour résister à la planéité qui menaçait d'écraser le tableau cubiste

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La planéité s'est imposée dans la peinture en réponse à l'expérience moderne de fragilité et d'incertitude de la représentation - qui n'est pas spécifique à l'art

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L'art byzantin, exclusivement transcendant, et l'art moderniste, radicalement positiviste, ont renoncé à l'illusion pour réaffirmer la planéité de l'espace pictural

 

 

 


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