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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, le référent                     Derrida, le référent
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 11 décembre 2010 En l'oeuvre est accueilli le réel, le référent

[Derrida, le référent]

En l'oeuvre est accueilli le réel, le référent
   
   
   
                 
                       

1. Il n'y a pas de hors-texte, mais l'extériorité est partout.

Comme je l'explique sur cette page (§1), il y a au moins deux lectures possibles de la célèbre formule derridienne, Il n'est rien en-dehors du texte. D'un côté, nous n'avons accès à aucun réel, aucune Chose, aucune transcendance, en-dehors du discours (c'est-à-dire du texte, de l'écriture); mais d'un autre côté, dans le texte même où nous habitons, le réel aussi habite. Le texte n'est pas un signifiant séparé du signifié et du monde, il est le lieu où les extériorités sont à l'oeuvre. Qu'il s'agisse d'économie, d'histoire, de lien social, de désir ou de toute autre "réalité", c'est toujours dans le texte, dans la différance du texte, que ça se déploie et ça s'ajoute. Dit autrement : si le texte peut être lu sans référent, c'est parce qu'il contient déjà tous les référents.

Reprenons cette logique avec d'autres phrases. S'il n'y a pas de hors-texte, si rien ne borne un texte du dehors, si un texte ne peut être lu que dans sa texture propre, sans référent ni signifié transcendantal (sans aucune transcendance possible), c'est que tout est dans le texte. Mais si tout est du texte, à quoi le texte peut-il renvoyer? N'y aurait-il ni réel, ni référent? Il y a, répond Derrida, de l'extériorité, il y en a même pléthore, mais l'extériorité, avec tout ce qu'on nomme réel ou référent, est impliquée, indiquée dans le texte. Le texte n'exprime rien, mais il indique de partout. Il est motivé dans toute sa surface, il n'est que trace. En accueillant, dans sa présence, la et les différence(s), c'est la différance qu'il inscrit. Même un texte descriptif, constatif, mimétique, ne vise pas seulement un accord (une vérité). Il entre dans une chaîne métaphorique qui, dans l'errance du sémantique, ouvre à l'autre.

 

2. Le rapport texte / référent ne se stabilise jamais en système.

Le jeu du texte et du référent n'est pas pacifié. Il est contradictoire, aporétique. D'un côté, le référent est inépuisable. Silencieux, énigmatique, il ne se laisse jamais épuiser par l'écrit. Signe de l'altérité absolue, il dérive, il creuse le mouvement du texte. D'un autre côté, un texte se détache des conditions de sa production, il se sépare de son signifié d'origine. Devenu marque ou graphème, il se répète (itération) et détermine d'autres contextes - et aussi d'autres référents. Le système de l'indication est toujours perturbé, en mouvement.

 

3. Oeuvres, textes et référents.

En jouant sur les limites, sur les cadres, une oeuvre perturbe le système "normal" de la référence. C'est cette multiplication des écarts qui fait oeuvre. Un film n'a de valeur que s'il se passe de ce qu'il est censée représenter; pour certains écrivains (Mallarmé), l'oeuvre ne renvoie à rien d'autre qu'au texte. L'art (s'il existe) suppose un tel éloignement, une suspension de tout référent perceptible. Mais s'il donne droit à l'autre, il contribue aussi à instituer un autre référent, ou une nouvelle loi du référent (Kafka).

Cette tension est particulièrement perceptible dans le cas de la photographie, le plus typique des arts "modernes". D'un côté, comme l'explique Roland Barthes, une photographie est indissociable de son Référent, c'est son ordre fondateur, son essence. Elle met en échec la suspension du référent dans les arts. Mais cet échec passe par la mise à mort du référent. Son adhérence ne se rapporte pas à un présent ni à un réel, mais à un point de singularité de l'autre (ce que Barthes nomme le punctum), chaque fois différent, qui me regarde, moi aussi, comme ayant déjà été mort. Dans le rapport (sans rapport) au référent, une force métonymique se déploie.

 

 

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Propositions

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"Il n'y a rien hors du texte" - un texte ne doit être lu que dans sa texture propre, sans référent, ni signifié transcendantal, ni hors-texte

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Toute marque, fût-elle orale, est un graphème : ce qui reste d'une coupure qui l'a séparée de son référent ou de son signifié d'origine

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Le texte accueille la référence comme différence; il inscrit la différance - qui, elle aussi, est référence - dans la présence

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Le référent est inépuisable : c'est la chose qui se tait, appelle et ne répond jamais; c'est l'autre, le signe de l'altérité absolue

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L'image n'a de valeur iconique - ou filmique - que là où elle se passe de ce qu'elle est censée représenter, de son référent

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La mimesis doit suivre le procès de la vérité, sa seule référence

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En marquant l'aventure du sens, détaché de la chose et de la vérité qui l'accorde à son référent, la métaphore ouvre l'errance du sémantique

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Tout est ourdi, dans le texte de Mallarmé - exemple de dissémination - pour se passer de référent, même si la référence demeure

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Ce qui fait oeuvre est une perturbation dans le système "normal" de la référence, en rapport avec le jeu du cadrage et la logique paradoxale des limites

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Au-delà de tout genre, l'art suppose, dans un espace quasi-transcendantal, l'éloignement de tout référent perceptible

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L'événement irréductible de la photographie, c'est qu'en conjuguant dans un même sytème la référence et la mort, elle met en échec la suspension du Référent dans les arts

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En photographie comme pour toute image, l'adhérence du référent ne se rapporte pas à un présent ni à un réel, mais à l'autre, chaque fois différemment

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La force métonymique d'une photographie est celle qui est à l'oeuvre dans tout rapport (sans rapport) à une marque unique, singulière, irremplaçable : punctum ou référent

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Pour qu'une photo s'adresse à moi, il faut que le Référent, ce point de singularité absolue de l'autre (punctum), qui ne regarde que moi, ce soit aussi moi ayant déjà été mort

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