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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Duplicité de la folie                     Duplicité de la folie
Sources (*) :              
Michel Foucault - "Histoire de la folie à l'âge classique", Ed : Gallimard, 1972, p20

 

La nef des Fous (Hieronymus Bosch, 1490-1500) -

Les Nefs des fous, ces insensés en quête de raison, ont hanté l'imagination de la toute première Renaissance

   
   
   
                 
                       

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Au XIVème siècle, la lèpre disparaît peu à peu. Au moment où on abandonne les léproseries, un nouvel objet d'exclusion fait son apparition : d'étranges bateaux sur les fleuves de Rhénanie ou les canaux flamands. Les villes chassaient volontiers les fous. On les mettait à la campagne ou on les confiait à des marchands ou des pélerins. On en signale à Francfort, en 1399, à Mayence et ailleurs. Parfois on les enfermait dans des prisons ou des hopitaux (Melun, Caen, Paris, Lübeck ou Hambourg), d'autres fois on s'en déchargeait sur les lieux ou les navires de pélerinage, sur le Rhin ou les rivières belges. En les lâchait sur les lieux de passage ou les marchés, on les excluait, avec le vague espoir qu'il en résulterait une guérison ou une délivrance. En les confiant à l'élément liquide, on les lançait vers un autre monde, un monde d'incertitude. On s'en débarrassait, on purifiait la ville et on exécutait une sorte de rite - qui pouvait se traduire par de violentes poursuites ou des coups de fouet. Il fallait que le fou reste aux bords, au seuil, enfermé aux portes de la ville, en des lieux à la fois internes et externes, enchaîné en milieu ouvert, ignorant de son origine comme de sa destination.

Au XVème siècle, une inquiétude monte à l'horizon de la culture européenne. Voici que pointe une grande déraison, dont nul n'est coupable, mais qui menace tous les êtres. Partout, on dénonce la folie : dans les contes, les farces, au théatre, chacun risque d'être entraîné dans un aveuglement ou une comédie. C'est le fou qui dit l'amour, la vérité, c'est lui qui dénonce l'orgueil, qui critique le mensonge. On évoque la folie dans la littérature savante et dans les jeux académiques; on l'évoque dans les grands textes humanistes (Erasme, 1509). Une présence menace à l'intérieur même du monde : ce néant, ce rien, ce ridicule et ce dérisoire qui est tout, la vanité et la fatuité de la vie. Le fou présage le macabre, il rit par avance du rire de la mort (p26). Il anticipe et annonce la dernière catastrophe.

 

 

Ce tableau a peut-être été composé à partir de textes contemporains (par exemple le Narrenschift de Brant, 1499). Mais c'est l'époque où l'image commence à se détacher du dire. La peinture s'éloigne du symbolisme gothique, la figure cesse de se parler elle-même, elle ne se lit plus dans la peception immédiate. L'image, dans sa présence fantastique, commence à graviter autour de sa propre folie (p29). Les significations foisonnent, le sens se multiplie par lui-même, il est surchargé d'attributs, d'indices et d'allusions. Pour le déchiffrer, il faudrait un savoir ésotérique, un savoir menaçant qui engloutirait toute raison établie - ce savoir qui est représenté dans l'image par l'arbre de la connaissance attaché en haut du mât, qu'un fou s'apprête à couper de ses attaches.

 

 

 


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