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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Benjamin, l'histoire messianique                     Benjamin, l'histoire messianique
Sources (*) : Walter Benjamin               Walter Benjamin
Walter Benjamin - "Ecrits français", Ed : Folio-Gallimard, 1991, p438 - Thèse IX de "Sur le concept d'histoire"

 

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Notre tâche : l'idée messianique

[Le visage de l'Ange de l'Histoire est orienté vers les décombres du passé, mais une tempête déploie ses ailes et le pousse vers un avenir auquel il ne cesse de tourner le dos]

Notre tâche : l'idée messianique
   
   
   
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Benjamin, Sur le concept d'histoire               Benjamin, Sur le concept d'histoire    
                       

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Walter Benjamin décrit un tableau de Paul Klee, Angelus Novus [qu'il a emporté avec lui, à travers tous ses exils, et dont on peut voir une reproduction ici]. Ailes déployées, bouche ouverte, cet ange nouveau regarde dans notre direction [mais malgré ses efforts, il ne nous voit pas]. Le voici qui s'éloigne, c'est la dernière fois qu'il nous salue. Il a les yeux rivés sur le passé et tourne le dos à l'avenir [si c'était nous qu'il regardait, il aurait les yeux rivés sur l'avenir que nous sommes pour lui, et tournerait le dos au passé]. Que voit-il? Des décombres, des esclaves enchaînés, une suite de désastres, de catastrophes. Benjamin ne pense pas qu'il nous quitte volontairement. Il croit qu'il est emporté par une tempête - et à cette tempête il (Benjamin) donne le nom de progrès. Donc, le progrès entraîne l'ange vers cet avenir auquel il tourne le dos, tandis que sous ses pieds et en face de lui, des décombres montent au ciel (dit Benjamin). Où sont ces décombres? Ils sont invisibles, c'est Benjamin qui les invente. Qu'est-ce qui prouve qu'ils montent au ciel? Pas grand'chose (et d'ailleurs, la tempête elle aussi est inventée par Benjamin). L'Ange souhaiterait panser les blessures et ressusciter les morts, mais il ne peut pas. Pourquoi? A cause de ce progrès [maléfique] qui l'entraîne vers l'avenir, malgré ses réticences.

On ne peut pas reprocher à Benjamin son pessimisme. Il écrit en 1940, quelques mois avant son suicide. Mais on peut s'interroger sur les raisons pour lesquelles il appelle cette tempête progrès alors qu'il pourrait l'appeler nazisme. Si les ruines sont partout, si elles encombrent le passé et l'avenir, que peut-on espérer? Le fait qu'elles montent vers le ciel suffit-il à nous consoler? Benjamin ne répond pas à cette question, mais suggère [à travers Paul Klee, mort la même année que lui] par le regard de l'Ange [compassion et curiosité mêlées] et par ses ailes déployées, qu'une rédemption est encore possible. Certes elle ne passe pas par l'ange, elle passe par la génération actuelle (à chaque moment, la génération vivante) qui détient une parcelle de pouvoir messianique. Le matérialisme de Benjamin ne repose pas sur une confiance aveugle dans le progrès. Il faut que la nécessité (ce nain bossu) s'allie avec la théologie, pour que, dans un éclair fulgurant, le nouveau émerge : il se présente alors comme une image unique, évanouissante, émergée du passé, un nouveau genre de conscience historique qui disparaîtrait si nous ne la reconnaissions pas.

 

 

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Propositions

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La vérité est une image unique, irremplaçable, qui s'évanouit avec chaque présent qui n'a pas su se reconnaître visé par elle

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Les luttes libératrices sont nourries par l'image des ancêtres enchaînés, plus que par celle d'une postérité affranchie

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Entre les générations passées et la nôtre existe un rendez-vous mystérieux : le passé réclame une rédemption, il exige que nous répondions à cette attente

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Rien de ce qui eût jamais lieu n'est perdu pour l'histoire - mais le passé ne serait intégralement citable que pour une humanité restituée et sauve

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A chaque instant de l'histoire, un ange spécifique, unique, peut faire surgir du nouveau

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Nous avons reçu, comme chaque génération, une faible partie du pouvoir messianique - mais ce pouvoir ne nous appartient pas, le passé a des droits sur lui

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L'image dialectique est une fulguration, une boule de feu qui franchit tout l'horizon du passé

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L'idée d'un progrès illimité et irrésistible de l'espèce humaine comme telle, dans un temps homogène et vide, est une prétention dogmatique détachée du réel

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Les calendriers ne mesurent pas le temps comme des horloges; ils sont les monuments d'une conscience historique dont toute trace semble avoir disparu

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Le matérialisme historique, ce nain bossu qui supplée au jeu d'un automate, n'a rien à craindre s'il s'assure les services de la théologie - cette vieille mal famée priée de ne pas se faire voir

 

 

 


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