Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Hannah Arendt                     Hannah Arendt
             

 

-

Page crée le 29 janvier 2011.

[A partir de Hannah Arendt (1906-1975)]

   
   
   
                 
                       

logo

 

- Bibliographie de Hannah Arendt.

 

Quand on parle d'Hannah Arendt, on oublie à quel point sa vie a été extraordinaire. Allemande elle l'a été, attachée à sa langue jusqu'au bout, et juive aussi, par son destin, son exil et aussi ses engagements. Américaine, elle l'est devenue en 1951. Enseignante, elle l'a toujours été dans l'âme, avant de devenir la première femme professeur de Princeton. Eduquée en Allemagne, élève de Heidegger (avant, dit-on, d'en tomber amoureuse), de Husserl et de Jaspers, militante en France contre le nazisme entre 1933 et 1940, enfermée au camp de Gurs, évadée, clandestine, témoin en faveur de Heidegger lors de son procès et commentatrice du procès d'Eichmann, à Jérusalem, et on en passe. A cela, bien sûr, s'ajoutent ses écrits dont l'influence est forte aujourd'hui.

Théoricienne de la politique (c'est ainsi qu'elle se définissait), elle a proposé une analyse fortement charpentée et cohérente du totalitarisme et de ce qu'elle appelait la condition de l'homme moderne. La vie sur terre (Vita activa) lui est, dit-elle, donnée sous trois modes : le travail, l'oeuvre et l'action. Alors que dans la cité antique, le travail était rejeté dans la sphère privée tandis que la parole publique et son corrélat, l'action, étaient valorisées, aujourd'hui c'est l'inverse. La vie tend à se réduire au processus vital, c'est-à-dire (pour l'homme) au cycle production / consommation / loisirs (animal laborans), organisé dans une société normative. La production de ces artefacts humains que sont les oeuvres (homo faber) tend à se subordonner, elle aussi, au travail. C'est finalement le monde humain qui est détruit, à l'exception de certaines activités marginales comme l'art ou la pensée.

Avec le développement des techno-sciences, l'homme, quoiqu'il fasse, ne rencontre que lui-même. Le "Qui" s'estompe au profit du "Quoi". La culture est menacée. Les nouveaux modes d'action et de consommation s'éloignent de la tradition humaniste. L'autorité disparaît, ce qui ouvre la voie au totalitarisme, pour lequel tout est possible.

Malgré son ton extrêmement pessimiste, Hannah Arendt ouvre quand même quelques portes. Il reste de l'imprévisible dans le monde, contre lequel on se protège par le pardon et la promesse. En chacun d'entre nous et même en chaque objet du monde (s'il se sépare du processus vital), de nouveaux commencements sont possibles.

Propositions (les têtes de parcours sont entre crochets)

--------------

-

[Sans l'intervention d'êtres humains décidés à modifier le cours des choses et à créer du neuf, le monde serait irrévocablement livré à la destruction]

-

[Si l'homme avait une nature, une essence, seul un Dieu pourrait la connaître et la définir, et il faudrait alors qu'il puisse parler du "qui" comme d'un "quoi"]

-

[La vie sur terre ("vita activa") est donnée à l'homme sous trois modes : le travail (cycle biologique, mortalité), l'oeuvre (artefact, survie) et l'action (politique, pluralité)]

-

[Par l'oeuvre de nos mains - qui s'oppose au travail de nos corps -, nous fabriquons l'infinie variété des objets dont la somme constitue l'artifice humain]

-

[La parole et l'action sont les modes sous lesquels les hommes apparaissent les uns aux autres, en tant qu'hommes]

-

[L'époque moderne a conduit à une situation où l'homme, où qu'il aille, ne rencontre que lui-même]

-

[La culture est menacée quand tous les objets et choses du monde, produits par le présent et par le passé, sont traitées comme de pures fonctions du processus vital]

-

[La "société" moderne prend en charge le processus vital par la division du travail et la constitution d'une organisation publique normative, qui détruit le monde commun]

-

[Dans le monde moderne, l'autorité a disparu]

-

[Pour répondre à la généralisation des technosciences, il faut ouvrir des espaces à l'incalculable]

-

[Il faut politiser le "care" pour l'émanciper du processus vital]

-

[Le totalitarisme est basé en dernière analyse sur la conviction que tout est possible]

-

On ne peut pas comprendre la domination totalitaire avec les simples catégories usuelles de la pensée politique

-

En grec comme en latin, la liberté est un attribut du faire et de l'agir associé au commencement (arkhein, agere), plutôt qu'à un processus (prattein, gerere)

-

Le mot et le concept d'autorité sont d'origine romaine; "auctoritas" vient du verbe "augere" (augmenter) au sens d'augmenter la fondation

-

L'autorité véritable ne fonctionne ni par la force, ni par la persuasion, mais par la reconnaissance de sa justesse et de sa légitimité

-

Avec la perte de la trinité romaine "religion - autorité - tradition", l'autorité comme expérience de la fondation a été entièrement perdue et oubliée

-

L'action, quel que soit son contenu, a tendance à forcer toutes les limitations, à franchir toutes les bornes

-

Pour remédier à l'irréversibilité de l'action humaine, les générations nouvelles ont la faculté de pardonner - seule façon de défaire ce qui a été fait

-

La source de l'oeuvre d'art, objet du monde le plus inutile et le plus durable, est l'aptitude humaine à penser

-

Dans la société du travail, le dernier "ouvrier" est l'artiste

-

Chaque homme est un commencement et détient la faculté de faire émerger, comme une improbabilité infinie, de nouveaux commencements

-

Une crise devient grave quand on y répond par des idées toutes faites

-

Avec la division du travail, les produits de l'oeuvre, destinés à servir durablement, sont traités comme des biens de consommation soumis au caractère répétitif du processus vital

-

L'égalité moderne n'est que la reconnaissance juridique et politique du fait que la société exige de chacun le respect d'innombrables règles qui normalisent les comportements

-

Le dernier stade de la société du travail, la société d'employés, exige de ses membres un pur fonctionnement automatique, qui est le triomphe de la vie comme souverain bien

-

S'il s'affranchit de l'autorité des adultes, l'enfant est soumis à une autorité bien plus tyrannique : celle du groupe

-

Le goût est la faculté politique qui humanise réellement le beau et crée une culture

-

Par ses inventions techno-scientifiques, l'homme moderne échange la condition humaine qui lui a été donnée contre un monde directement produit par ses connaissances pratiques

-

L'oeuvre de l'"homo faber" implique un acte violent, une destruction de la nature et une réification du matériau qui en est arraché

-

L'impardonnable ne peut être ni puni, ni pardonné; il transcende le domaine des affaires humaines

-

Le mot "vie" peut avoir deux sens très différents selon qu'il désigne le cycle naturel illimité (la "zôè" grecque) ou l'intervalle humain entre la naissance et la mort ("bios")

-

Le savoir est la seule source légitime de l'autorité d'un professeur; on ne peut le remplacer ni par le savoir-faire, ni par le jeu

-

Une humanité complètement socialisée, qui n'aurait d'autre but que d'entretenir le processus vital, ne distinguerait plus entre le travail et l'oeuvre

-

Tandis que l'objet culturel reste durablement une chose du monde, l'objet de loisir est consommé pour occuper le temps libre, sans rompre avec le cycle de la vie biologique

-

La société de masse a vis-à-vis de tout objet un rapport de consommation - qui implique la ruine de tout ce à quoi elle touche

-

En faisant pénétrer les forces naturelles dans le monde humain, en identifiant le processus de fabrication avec son produit, l'automatisation brise la finalité du monde

-

Ce qui est dangereux dans l'automatisation est moins la perte de vie naturelle que l'absorption de toute la productivité humaine dans une intensification du processus vital

-

Le monde commun est ce qui nous accueille à notre naissance, et que nous laissons derrière nous en mourant

-

L'utilitariste est incapable de répondre à la question : "A quoi sert l'utilité?" - pour lui toute fin se transforme en moyen, dans un processus de non-sens croissant

-

Pour les Grecs, le devoir des mortels résidait dans la capacité à produire des oeuvres (erga) qui mériteraient d'appartenir à une durée sans fin

-

Pour ajouter de l'artefact, l'oeuvre arrache à la nature une matière qu'elle ne lui rend pas

-

Les outils et instruments ne sont pas des produits du travail, mais des produits de l'oeuvre, que l'"homo faber" fournit à l'"animal laborans"

-

Contrairement à la connaissance, la pensée n'a ni fin ni but hors de soi, elle ne produit pas de résultats et ne s'affirme chez l'homme que lorsqu'il se dépasse

-

Avec le concept de "processus", l'événement singulier, disjoint du sens universel, a acquis un monopole de signification

-

Le concept de "processus", qui est devenu dominant au 19ème siècle, a pour modèle la vie dans nos corps, à laquelle une seule activité correspond : le travail

-

Par la promesse, qui introduit dans l'avenir des ilôts contractuels, l'homme peut continuer à agir malgré l'imprévisibilité des résultats de son action

-

Chez les Grecs, la capacité politique (domaine public) s'oppose radicalement à l'économie familiale (privée), deux ordres d'existence que la modernité tend à rapprocher

-

Les hommes révèlent "qui" ils sont en agissant et en parlant, en apparaissant au monde dans l'unicité de la forme du corps et du son de la voix - mais sans jamais s'objectiver

-

Désormais chacun peut définir sa terminologie privée; nous avons cessé de vivre dans un monde commun où les mots possèdent un sens indiscutable

-

L'homme tente de conquérir par la science un univers qui n'est pas pensable pour lui, en se servant de machines électroniques dont il ne comprend même pas ce qu'elles font

-

En effaçant la différence entre les domaines public et privé, la société moderne les détruit tous les deux; elle enferme les hommes dans une solitude antihumaine

-

Pour l'homme, le temps n'est pas continu mais brisé au milieu; il se tient dans un intervalle qui n'est pas le présent, mais une brèche que sa résistance au passé et au futur fait exister

-

Notre héritage n'est précédé d'aucun testament

-

Pour désigner le "travail" (laborare, Arbeit) et l'"oeuvre" (facere, Werk), les langues européennes possèdent deux mots employés comme synonymes, mais étymologiquement séparés

-

Seules les activités du domaine public, qui épuisent leur signification dans l'action (energeia) et ne laissent pas d'oeuvre (erga), font pleinement exister l'humain

-

Le mot "humanitas" est hérité des Romains et absent de la langue et de la pensée grecques

-

La structure de l'organisation totalitaire est celle d'un oignon, dont chaque couche a une face radicale tournée vers le centre et une face normale tournée vers l'extérieur

-

Par la double infinité du passé et du futur, le système de datation basé sur la naissance du Christ, apparu à la fin du 18ème siècle, rend l'humanité potentiellement immortelle

-

La découverte du télescope par Galilée est un événement fondateur, car elle répond au voeu d'Archimède réclamant hors de la terre un point d'appui pour soulever le monde

-

Au 20ème siècle, l'homme est devenu l'être capable d'"action" : celui qui déclenche des processus dont il est impuissant à connaître ou commander l'issue finale

-

Condition de l'homme moderne (Hannah Arendt, 1958) (Traduction française 1961) [LCHM]

-

La crise de la culture (Hannah Arendt, 1961-68) (Traduction française 1972) [CC]

-

Bibliographie de Hannah Arendt

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
   
 
 
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Arendt
ArendtParcours

AA.BBB

LY_ArendtParcours

Rang = zzQuoisArendt
Genre = -