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Crise de l'autorité                     Crise de l'autorité
Sources (*) :              
Hannah Arendt - "La crise de la culture", Ed : Folio, 1972, p190

 

Piece romaine representant Auguste -

Le mot et le concept d'autorité sont d'origine romaine; "auctoritas" vient du verbe "augere" (augmenter) au sens d'augmenter la fondation

   
   
   
                 
                       

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L'autorité n'a pas toujours existé. Ni le mot, ni le genre de gouvernement qu'elle implique n'existent en grec. Platon et Aristote ont tous deux essayé d'introduire une pratique qui y ressemble, mais ils ont échoué. En effet le tyran ne gouverne pas par l'autorité, mais par la violence; et le chef de famille est, lui aussi, un despote dont le pouvoir sur la famille et les esclaves est incontesté. L'autorité exige une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté; mais le citoyen grec n'est libre que parmi ses égaux, et à condition de ne pas être soumis à une tyrannie.

Sous son aspect positif, le concept d'autorité est exclusivement romain. Les Romains pensaient qu'en toute circonstance, les ancêtres représentaient l'exemple de la grandeur pour chaque génération. La fondation avait pour eux un caractère sacré. Alors que pour les Grecs la fondation d'un corps politique était un acte banal, c'était pour les Romains un acte originel et irrépétable, une source d'obligation pour les générations futures. La fondation de Rome avait un caractère unique. Elle valait pour l'éternité. La religion, qui était essentiellement politique, liait à cet acte fondateur.

 

 

La vocabulaire employé reflète cette conception. L'autorité (auctoritas) de ceux qui commandent augmentent (augere) constamment, car elle trouve sa source dans les auctores imperii Romani conditoresque qui ne sont plus parmi les vivants. Les mots "augures" et "Auguste" appartiennent à la même famille. L'"auteur" est celui qui inspire l'entreprise, à la différence de l'artifex qui l'a seulement faite.

A Rome, ceux qui ont l'autorité (le Sénat) n'ont pas le pouvoir (le peuple). Le Sénat "ajoute" aux décisions politiques : il donne des "avis" qui se font entendre d'eux-mêmes, sans prendre la forme d'un ordre ni recourir à la contrainte. La force liante de cette autorité est en rapport étroit avec les "auspices" qui ne sont pas des oracles à la façon des Grecs (qui annoncent le cours des événements), mais des opinions divines dont toute autorité dérive. On cherchait les exemples dans le passé, le plus près possible des vieillards et des ancêtres. Agir sans autorité, sans tradition, sans normes et modèles admis, était inconcevable.

Cette démarche d'origine politique a été étendue à la théorie, la philosophie et la poésie. Dans ce domaine, les grands ancêtres grecs ont été reconnus comme autorités. La trinité religion - autorité - tradition a ensuite survécu à la pax romana, et s'est transmise à la civilisation occidentale par l'intermédiaire de l'Eglise jusqu'à sa crise moderne. Il a fallu pour cela un changement profond dans le christianisme - accompli dans une large mesure par St Augustin. La foi chrétienne en la Résurrection et l'obéissance hébraïque aux commandements ont perdu de leur importance devant l'événément fondateur de la naissance, la vie et la mort de Jésus de Nazareth.

 

 

 


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