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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Hannah Arendt                     Hannah Arendt
Sources (*) :                
Hannah Arendt - "Condition de l'homme moderne", Ed : Calmann-Lévy, 1961,

Condition de l'homme moderne (Hannah Arendt, 1958) (Traduction française 1961) [LCHM]

   
   
   
                 
                       

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sur le livre

 

Table

p5 : Préface de Paul Ricoeur

p33 : Prologue

p41 : Ch I. La condition humaine

p59 : Ch II. Le domaine public et le domaine privé

p123 : Ch III. Le travail

p187 : Ch IV. L'oeuvre

p231 : Ch V. L'action

p315 : Ch VI. La Vita Activa et l'Âge moderne

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On peut présenter ce livre en suivant l'ordre retenu par Hannah Arendt. On dira alors que la vie sur terre (Vita activa) est donnée à l'homme sous trois modes : le travail, l'oeuvre et l'action. Alors que dans la cité antique, le travail était rejeté dans la sphère privée tandis que la parole publique et son corrélat, l'action, étaient valorisées, aujourd'hui c'est l'inverse. La vie tend à se réduire au processus vital, c'est-à-dire (pour l'homme) au cycle production / consommation / loisirs (animal laborans), organisé dans une société normative. La production de ces artefacts humains que sont les oeuvres (homo faber) tend à se subordonner, elle aussi, au travail. Cette confusion entre deux notions étymologiquement distinctes détruit finalement le monde humain, à l'exception de certaines activités marginales comme l'art ou la pensée.

Mais on peut aussi le présenter autrement.

- Qu'est-ce qui compte dans la vie? L'action singulière d'un individu unique, différent de tous les autres et capable, par sa parole, d'amener sur terre du nouveau, de l'imprévisible, de forcer les limitations et de franchir les bornes, de contribuer à la fabrication d'un monde commun, que ce soit dans le domaine politique ou ailleurs. Bien sûr, ces actions sont risquées. Elles déclenchent des processus irréversibles dont on ne connaît pas les conséquences, et dont on ne peut limiter l'imprévisibilité que par le pardon (effacer ce qui a été fait) et la promesse (poser des jalons dans l'avenir). Mais après tout, n'y a-t-il pas un risque à penser? Et est-ce que cela ne nous conduit pas à sortir hors de nous?

- Quelle serait la plus grande erreur? Être réduit à l'automaticité d'un fonctionnement social quasiment machinique, celui du processus vital induit par la mise en pratique instantanée des inventions scientifiques et techniques. C'est bien ce qui se produit aujourd'hui avec l'utilitarisme, la division du travail et l'égalité modernes. Les forces naturelles, aveugles, pénètrent directement dans le monde humain et détruisent sa productivité spécifique. L'"energeia" du domaine public ne se distingue plus de l'économie privée. Plus on respecte les normes de comportement, plus on s'isole, moins les objets qu'on fabrique sont durables.

- Que peut-on encore faire? Après tout, il n'est pas impossible de se remettre à faire ce que l'homo faber a toujours fait : des oeuvres. Les arracher à la nature par un acte violent, réifier le matériau, le rendre durable, s'en servir comme outil, etc... En agissant ainsi, on donne la priorité à notre vie limitée ("bios") sur le cycle naturel illimité ("zoè") dans lequel nous nous perdons. En bref, faire ce que faisaient déjà les Grecs (et d'autres).

- Quelle est l'essence de l'homme? Nous n'en savons rien car, malgré l'invention du télescope par Galilée, il nous est impossible de le voir de l'extérieur pour ce qu'il est, un Qui.

 

 

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

[Si l'homme avait une nature, une essence, seul un Dieu pourrait la connaître et la définir, et il faudrait alors qu'il puisse parler du "qui" comme d'un "quoi"]

[La vie sur terre ("vita activa") est donnée à l'homme sous trois modes : le travail (cycle biologique, mortalité), l'oeuvre (artefact, survie) et l'action (politique, pluralité)]

[Par l'oeuvre de nos mains - qui s'oppose au travail de nos corps -, nous fabriquons l'infinie variété des objets dont la somme constitue l'artifice humain]

[La parole et l'action sont les modes sous lesquels les hommes apparaissent les uns aux autres, en tant qu'hommes]

[La "société" moderne prend en charge le processus vital par la division du travail et la constitution d'une organisation publique normative, qui détruit le monde commun]

L'action, quel que soit son contenu, a tendance à forcer toutes les limitations, à franchir toutes les bornes

Pour remédier à l'irréversibilité de l'action humaine, les générations nouvelles ont la faculté de pardonner - seule façon de défaire ce qui a été fait

La source de l'oeuvre d'art, objet du monde le plus inutile et le plus durable, est l'aptitude humaine à penser

Dans la société du travail, le dernier "ouvrier" est l'artiste

Avec la division du travail, les produits de l'oeuvre, destinés à servir durablement, sont traités comme des biens de consommation soumis au caractère répétitif du processus vital

L'égalité moderne n'est que la reconnaissance juridique et politique du fait que la société exige de chacun le respect d'innombrables règles qui normalisent les comportements

Le dernier stade de la société du travail, la société d'employés, exige de ses membres un pur fonctionnement automatique, qui est le triomphe de la vie comme souverain bien

Par ses inventions techno-scientifiques, l'homme moderne échange la condition humaine qui lui a été donnée contre un monde directement produit par ses connaissances pratiques

L'oeuvre de l'"homo faber" implique un acte violent, une destruction de la nature et une réification du matériau qui en est arraché

L'impardonnable ne peut être ni puni, ni pardonné; il transcende le domaine des affaires humaines

Le mot "vie" peut avoir deux sens très différents selon qu'il désigne le cycle naturel illimité (la "zôè" grecque) ou l'intervalle humain entre la naissance et la mort ("bios")

Une humanité complètement socialisée, qui n'aurait d'autre but que d'entretenir le processus vital, ne distinguerait plus entre le travail et l'oeuvre

En faisant pénétrer les forces naturelles dans le monde humain, en identifiant le processus de fabrication avec son produit, l'automatisation brise la finalité du monde

Ce qui est dangereux dans l'automatisation est moins la perte de vie naturelle que l'absorption de toute la productivité humaine dans une intensification du processus vital

Le monde commun est ce qui nous accueille à notre naissance, et que nous laissons derrière nous en mourant

L'utilitariste est incapable de répondre à la question : "A quoi sert l'utilité?" - pour lui toute fin se transforme en moyen, dans un processus de non-sens croissant

Pour les Grecs, le devoir des mortels résidait dans la capacité à produire des oeuvres (erga) qui mériteraient d'appartenir à une durée sans fin

Pour ajouter de l'artefact, l'oeuvre arrache à la nature une matière qu'elle ne lui rend pas

Les outils et instruments ne sont pas des produits du travail, mais des produits de l'oeuvre, que l'"homo faber" fournit à l'"animal laborans"

Contrairement à la connaissance, la pensée n'a ni fin ni but hors de soi, elle ne produit pas de résultats et ne s'affirme chez l'homme que lorsqu'il se dépasse

Le concept de "processus", qui est devenu dominant au 19ème siècle, a pour modèle la vie dans nos corps, à laquelle une seule activité correspond : le travail

Par la promesse, qui introduit dans l'avenir des ilôts contractuels, l'homme peut continuer à agir malgré l'imprévisibilité des résultats de son action

Chez les Grecs, la capacité politique (domaine public) s'oppose radicalement à l'économie familiale (privée), deux ordres d'existence que la modernité tend à rapprocher

Les hommes révèlent "qui" ils sont en agissant et en parlant, en apparaissant au monde dans l'unicité de la forme du corps et du son de la voix - mais sans jamais s'objectiver

En effaçant la différence entre les domaines public et privé, la société moderne les détruit tous les deux; elle enferme les hommes dans une solitude antihumaine

Pour désigner le "travail" (laborare, Arbeit) et l'"oeuvre" (facere, Werk), les langues européennes possèdent deux mots employés comme synonymes, mais étymologiquement séparés

Seules les activités du domaine public, qui épuisent leur signification dans l'action (energeia) et ne laissent pas d'oeuvre (erga), font pleinement exister l'humain

La découverte du télescope par Galilée est un événement fondateur, car elle répond au voeu d'Archimède réclamant hors de la terre un point d'appui pour soulever le monde

Condition de l'homme moderne (Hannah Arendt, 1958) (Traduction française 1961) [LCHM]

 

 

 


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