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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
"Care", justice, politique                     "Care", justice, politique
Sources (*) : Deux genres de morale               Deux genres de morale
Joan Tronto - "Un monde vulnérable - Pour une politique du "care"", Ed : La Découverte, 2009, p127

 

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[Le "care" n'est pas un supplément à la justice, il est son pendant indissociable; les hommes et les femmes ne sont pleinement humains que s'il est reconnu sur le plan politique]

   
   
   
                 
                       

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Joan Tronto se situe dans la lignée de l'éthique du "care" telle qu'initiée par Carole Gilligan dans Une voix différente, mais son point de vue est différent. Elle considère que Gilligan n'a pas démontré de manière incontestable que cette "autre" orientation morale est spécifiquement féminine. Certes les femmes y sont plus souvent impliquées, mais de nombreuses personnes ou catégories sociales, y compris des hommes, partagent ce souci. Fonder l'éthique du "care" uniquement sur la différence de genre serait dangereux et inefficace.

Mais alors sur quoi faut-il la fonder? Par sur le secours des plus vulnérables, car le "care" concerne tout le monde. Personne ne peut survivre sans être pris en charge par un autre. Un corps qui ne pourrait pas s'appuyer sur cette interdépendance serait détruit. En favorisant les actions et les responsabilités prises en commun, en prenant acte de l'interdépendance entre les personnes, l'éthique du "care" contribue à rendre l'univers viable pour tous les humains. Mais il n'en reste pas moins que les femmes et autres groupes sociaux qui y pourvoient attendent du "care" un changement dans leurs conditions de vie. Pour répondre à cette attente, il faut se demander Qui s'occupe de qui?. Sans rompre avec le combat féministe, il faut promouvoir une autre conception de la justice, en apportant sa contribution au pluralisme et à la démocratie.

Les théories dominantes de la justice reposent sur des frontières morales qui se sont établies au 18ème siècle. A la place des sentiments moraux proches de la vie quotidienne, on a élaboré d'un côté, une justice de type "kantien", universaliste, fondée sur l'autonomie des sujets, l'impartialité et l'application du droit; et de l'autre côté, on a rejeté les affects et les émotions dans la sphère privée (féminine). Ce dispositif est aujourd'hui contesté pour plusieurs raisons.

- en pratique, contrairement à ce qu'avancent les conceptions formelles de la justice (Rawls), les individus ne sont ni égaux, ni autonomes. Les enfants, les malades ou les handicapés n'ont pas les mêmes besoins que les autres.

- prendre ses responsabilités dans l'éthique du "care" n'implique pas d'effacer ses sentiments personnels, au contraire. Il faut les approfondir et prendre des décisions en fonction de ce qu'on peut effectivement faire ou ne pas faire.

- pour distinguer les besoins les plus urgents de ceux qui le sont moins, il faut reconnaître la finitude des moyens par rapport à des besoins infinis. Une réponse adéquate dépend des conditions culturelles, technologiques et historiques de l'action, et aussi d'une évaluation des besoins qui n'est jamais séparée du contexte.

Il n'y a pas qu'une seule définition de la justice, il y en a plusieurs. L'éthique du "care" ne cherche pas à faire prévaloir l'une ou l'autre, mais à les combiner.

 

 

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Propositions

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[Femmes et hommes posent différemment le problème moral : les unes privilégient les responsabilités à l'égard d'autrui ("care"); les autres les droits de chacun ("justice")]

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Dans l'éthique du "care", la responsabilité est contextuelle : elle tient moins compte d'impératifs formels que des besoins concrets de soins tels qu'ils se manifestent

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L'éthique du "care" permet de penser des relations inégales comme parents/enfants, Etats/citoyens, médecins/malades autrement que comme semblants d'une égalité en fait absente

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En tant que concept politique, le "care" pose la question de "Qui s'occupe de qui?" afin de l'intégrer aux valeurs d'une société juste, pluraliste et démocratique

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L'éthique du "care" n'est pas en compétition avec la justice : elle veut "plus" que la justice, une justice redéfinie dont le "care" est le centre

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Nous tendons tous alternativement vers deux perspectives pas faciles à combiner : celle de la justice et celle du "care"

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Un monde vulnérable - Pour une politique du "care" (Joan Tronto, paru en 1993, édition française de 2009) [UMV]

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Le contrat sexuel (Carole Pateman, texte de 1988 traduit en français en 2010) [LCS]

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Repenser le politique : l'apport du féminisme (ouvrage collectif dirigé par Françoise Collin et Pénélope Deutscher, 2005) [CAT-RLP]

 

 

 


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Tronto
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