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Claude Cahun, androgyne                     Claude Cahun, androgyne
Sources (*) : En l'oeuvre est accueilli le réel, le référent               En l'oeuvre est accueilli le réel, le référent
Sherman MacCoy - "Défense du factice", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 3 juin 2011 Hantise du référent

[Claude Cahun, androgyne absolue (hors-norme, hors-lois, hors-genre), produit son référent et fabrique le simulacre d'"identité" auquel elle renvoie]

Hantise du référent
   
   
   
                 
                       

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L'essentiel de l'oeuvre photographique de Claude Cahun est composé d'autoportraits. A qui renvoient ces autoportraits? A ce nom unique : "Claude Cahun", pseudonyme de Lucy Schwob. Et encore? A quelle identité? On ne dira pas "Aucune", car chaque portrait renvoie à une identité différente. Mais on ne dira pas non plus : "Autant d'identités que de photos", car elles ont (au minimum) en commun cette signature énigmatique qui associe un prénom neutre ou bisexuel et le nom de jeune fille de sa grand-mère paternelle (Mathilde née Cahun). La signataire Claude Cahun fait tout pour que chacun de ces portraits apparaisse comme autonome, auto-référentiel, pour qu'il fabrique son propre référent. Chaque fois, pour chaque photo, elle suscite un nouveau modèle, et chaque fois, cette invention unique est appelée à disparaître. Si Claude Cahun reste comme signature reconnue dans le monde de l'art, elle s'arrange pour se retirer toujours au dernier moment et entretenir l'évanescence de son modèle.

On peut toujours chercher des explications psychologiques : elle ne voulait pas d'enfants, elle rejetait toute position maternelle, elle rêvait de mettre un point final aussi digne que possible à la lignée de son père et de son oncle. Son anorexie ne dissimule-t-elle pas un désir de disparition? Quand elle est passée à deux doigts d'être exécutée par les nazis, après sa condamnation à mort en 1944 à Jersey (pour faits de résistance), elle semblait avoir atteint le but qu'elle s'était fixé dès l'adolescence. C'était l'achèvement grandiose de son effacement comme petite fille (identification exclusive aux figures masculines de sa famille, rejet sans compromis d'une mère qui a fini sa vie dans un hopital psychiatrique), de sa féminité (par le couple lesbien qu'elle formait avec Suzanne Malherbe), et aussi, ce qui peut paraître plus surprenant, de la communauté des artistes (en quittant Paris pour Jersey). Claude Cahun, c'est la passion jouissive de l'effacement de toute identité assignable (de sexe et aussi d'appartenance culturelle et sociale - à la seule exception de l'étoile de David qu'elle a fait graver sur sa tombe).

Ni homme, ni femme, ni neutre (quoiqu'elle l'ait prétendu parfois), ni fille de son père (auquel pourtant elle ressemblait), ni mère, ni soeur (même si la femme avec laquelle elle vivait était devenue sa demi-soeur), ni belle, ni laide, ni vieille, ni jeune, ni habillée, ni déshabillée, ni simple, ni double, elle avait une incroyable capacité à n'être nulle part et à n'être jamais elle-même. La fascination qu'elle exerçait tient à cette capacité-là, peut-être absolument unique. Ceux (ou celles) qui ont voulu l'imiter, comme Cindy Sherman, sont passé(e)s par des artefacts dont elle pouvait se passer, car elle s'identifiait au procès même de création. Le tout-autre qui était en elle se manifestait directement, sans passer par des savoirs-faire ni des moyens techniques. Malgré sa faible technicité, en dessin comme en photographie, elle accédait spontanément à une merveilleuse sophistication.

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Propositions

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Claude Cahun s'identifie au procès même de création : altérité intérieure, désir, capacité d'être "autre" : elle est le creuset du tout-autre et de l'écart en tout

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"Claude Cahun" (catalogue de l'exposition du Jeu de Paume, du 24 mai au 25 septembre 2011) [CAT-Cahun]

 

 

 


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