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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Judith Butler                     Judith Butler
Sources (*) :                
Judith Butler - "Trouble dans le genre, Pour un féminisme de la subversion", Ed : La Découverte, 2005,

Trouble dans le genre, Pour un féminisme de la subversion (Judith Butler, 1990, traduit en français en 2005) [TDLG]

   
   
   
                 
                       

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sur le livre

 

Table

p5 : Préface à l'édition française (2005), Trouble-genre, par Eric Fassin

p21 : Note sur la traduction

p25 : Introduction (1999)

p51 : Introduction (1990)

p59 : 1. Sujets de sexe/genre/désir

- Les "femmes" en tant que sujet du féminisme

- L'ordre obligatoire du sexe/genre/désir

- Le genre : les "ruines circulaires" du débat actuel

- Théoriser le binaire, l'unitaire et au-delà

- Identité, sexe et métaphysique de la substance

- Langage, pouvoir et stratégies de déstabilisation

p113 : 2. Prohibition, psychanalyse et production de la matrice hétérosexuelle

- L'échange critique du structuralisme

- Lacan, Rivière et les stratégies de mascarade

- Freud et la mélancolie de genre

- Complexité du genre et limites de l'identification

- Repenser la prohibition ene tant que pouvoir

p179 : 3. Actes corporels subversifs

- Julia Kristeva et sa politique du corps

- Foucault, Herculine et la politique de la discontinuité sexuelle

- Post-scriptum non scientifique

- Monig Wittig : désintégration corporelle et sexe fictif

- Inscriptions corporelles, subversions performatives

- De l'intériorité au genre performatif

p267 : Conclusion. De la politique à la parodie.

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C'est un livre qui dialogue avec Freud et quelques auteurs de langue française (Simone de Beauvoir, Monique Wittig, Julia Kristeva, Michel Foucault, Jacques Lacan), un livre dont l'impact sur la scène américaine a été spectaculaire, mais qui n'a été traduit en français que quinze après sa parution (après beaucoup d'autres langues). Pourquoi? Sans doute y avait-il quelque résistance ou réticence à cette liberté de pensée, à cette déconstruction active d'une hétérosexualité obligatoire qu'une lecture rapide peut assimiler à la cohérence d'un symbolique solidement assis sur la binarité du langage et l'interdiction de l'inceste. Pour Judith Butler, entre les différentes composantes de cette hétérosexualité : le sexe (anatomique, biologique, physique), le genre (la construction culturelle qui oppose deux sexes distincts et opposés), et aussi le désir ou les pratiques sexuelles, il faut faire le constat d'une discontinuité radicale. C'est sa thèse de base, son postulat connu aujourd'hui sous le nom de théorie des genres. On peut toujours croire en l'homme et en la femme comme entités distinctes, substances séparées, étrangères, mais c'est une fiction, une construction du pouvoir dominant (mâle), qui voudrait imposer l'hétérosexualité obligatoire comme seule norme et seule loi.

Les normes de genre et les catégories dominantes sont incontournables dans la formation des personnalités et la vie quotidienne. Voici un homme, une femme, des corps asymétriques, genrés, des modèles de fantasmes et de désirs. Erigées en fétiches, les "femmes" sont assignées à une économie sexuelle qui limite la diversité de leur vie pulsionnelle et les force à la mascarade. En rentrant dans ce jeu, elles contribuent à la production et à la reproduction d'un corps féminin qui incarne la loi paternelle. Mais la reconnaissance et la stabilité qu'elles peuvent y trouver a un prix : la renonciation aux objets homosexuels qui ont prévalu pendant leur petite enfance (et au-delà). En participant à la comédie hétérosexuelle, elles acceptent la prohibition de leurs attachements antérieurs, elles sombrent dans une sorte de mélancolie. Malgré leurs efforts, elles n'arriveront jamais, elles non plus, à satisfaire à la norme.

Si le genre n'est ni anatomique, ni réductible à la loi paternelle, alors d'où vient-il? Judith Butler s'appuie sur un concept d'origine linguistique, celui d'acte performatif. Comme disait John L. Austin à propos des actes de parole (speech acts), Dire, c'est faire. Ici le Dire est un ensemble de gestes et de désirs qui organisent l'identité de chacun. Un corps n'a pas de statut ontologique antérieur à ces gestes. Son style est particulier, spécifique, marqué par des identifications singulières. Certes il est investi par les normes culturelles, sociales, mais il est aussi transfiguré par l'imagination. La position de genre dans laquelle une personne s'inscrit est construite en fonction d'une histoire, d'une performance.

Ce qu'on appelle la femme n'est pas une catégorie stable et homogène. C'est un artefact, comme le révèlent certains gays et lesbiennes par leurs pastiches. Les féministes comme mouvement politique ne peuvent pas s'appuyer uniquement sur cette catégorie. Il faut qu'elles acceptent le fait que le désir est fait de déplacements, de substitutions. Elles ne peuvent pas faire autrement que de reconnaître la loi qui les positionne comme femmes et a modelé leurs désirs, mais elles peuvent la retourner, la subvertir.

 

 

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

[Il y a, entre le sexe du corps (biologique) et le genre (culturellement construit) une discontinuité radicale]

[La croyance en l'"homme" et la "femme" comme genres, identités ou noms est une fiction régulatrice]

[On ne peut affranchir la sexualité de la Loi, car (hétéro-)sexualité et pouvoir sont coextensifs]

[Le "corps" est une construction qui dépend des possibilités culturelles et des configurations de genre (toujours asymétriques) proposées par le discours]

[Le "genre" n'est pas un ensemble d'attributs : c'est un faire, une pratique, le produit de l'acte performatif qui le constitue]

Le corps est performatif : il n'a pas de statut ontologique indépendamment des actes qui constituent sa réalité

Investi par les normes de genre et transfiguré par l'imagination, le corps n'est ni le fondement, ni la cause du désir; il en est l'occasion et l'objet

A l'époque du "postféminisme", on peut définir une politique féministe qui ne soit pas fondée sur la croyance en une catégorie stable et homogène : la femme

La catégorie "femme" est produite par les structures de pouvoir dont le féminisme voudrait s'émanciper

La loi paternelle se reproduit, prolifère et s'inscrit comme une loi naturelle sur le corps féminin; et même quand il tente de s'en libérer, ce corps construit par la culture incarne cette loi

En tant qu'"Autres" d'un sujet toujours déjà masculin, les femmes érigées en fétiches de la représentation "sont" la différence, l'irreprésentable en tant que tel

Il est impossible de dissocier le "genre" des interstices politiques et culturels où il est constamment produit et reproduit

Le genre n'est pas un fait, c'est un style corporel, un acte à la fois performatif et intentionnel

Le prix à payer pour la stabilisation des identités hétérosexuelles de genre est la perte de l'objet homosexuel : un déni total de tout désir ou amour pour cette personne

L'hétérosexualité est simultanément un système obligatoire et une comédie, une constante parodie d'elle-même

Les identifications de genre résultent d'une sorte de mélancolie : avant même le tabou hétérosexuel de l'inceste, l'investissement amoureux du parent du même sexe est prohibé

L'hétérosexualité obligatoire implique la construction d'identités qui maintiennent une cohérence entre le sexe, le genre, la pratique sexuelle et le désir

On ne peut pas distinguer la fonction répressive de la fonction productive du tabou de l'inceste : il est ce qui crée le désir pour la mère, et aussi le déplacement obligatoire de ce désir

Pour entrer dans l'économie du désir, la femme est contrainte à une "mascarade" où elle est le Phallus

Nul ne saurait satisfaire entièrement la norme

En pastichant les identités hétérosexuelles, les gays et lesbiennes ne les reproduisent pas comme des originaux, mais les font ressortir comme des artefacts

Si la subversion est possible, elle se fera dans les termes de la loi, à partir des perturbations et des ouvertures qui apparaissent quand la loi se retourne contre elle-même

Trouble dans le genre, Pour un féminisme de la subversion (Judith Butler, 1990, traduit en français en 2005) [TDLG]

 

 

 


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