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La fin de l'art, c'est la philosophie                     La fin de l'art, c'est la philosophie
Sources (*) : Arthur Danto               Arthur Danto
Arthur Danto - "L'Assujettissement philosophique de l'art", Ed : Seuil, 1993, pp145-6

 

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Il est fini, le Grand Récit de l'art

[Quand l'art n'a plus d'autre objet que de poser la question de sa propre identité, il s'identifie à la philosophie et arrive à sa fin]

Il est fini, le Grand Récit de l'art
   
   
   
                 
                       

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Quand, autour de 1906, la peinture a du faire le constat que plus aucun progrès de la représentation n'était possible pour elle (car la concurrence de la photographie et du cinéma était trop grande), le modèle légué par la tradition s'est effondré. La question Qu'est-ce que l'art? (liée à une autre question : A quoi peut bien servir la peinture?) s'est faite urgente. Les mouvements artistiques se sont succédés de plus en plus vite, chacun posant à nouveaux frais la même question, rejetant toutes les réponses déjà données et en proposant une nouvelle. Pour paraphraser Kant, aucun concept ne convenait. Il fallait continuer, dans l'espoir toujours déçu que l'art parvienne enfin à la connaissance de soi. N'étant plus ni représentatif, ni expressif, l'art devenait une activité réflexive, comme la philosophie et d'autres aspects de la culture. Son histoire peut être lue comme celle de ses identités erronées, jusqu'au moment où l'autothéorisation devint son contenu même - son but n'étant alors rien d'autre que de se comprendre soi-même (c'est ce qui a fini par arriver dans les années 60). A ce stade, comme l'explique Arthur Danto, "les objets s'approchent du point zéro à mesure que leur théorie s'approche de l'infini". Virtuellement, il ne reste que la théorie. L'art s'est volatilisé dans la pure pensée. Il ne subsiste plus "que comme l'objet de sa propre conscience théorique". Identifié à la connaissance, il se pose à la fois en sujet et en objet. On ne sait plus s'il est la philosophie en action, ou si c'est la philosophie qui est l'art en action.

Si cette théorie est juste, quel est l'avenir de l'art? Il est impossible à imaginer, car nous risquons de projeter son état actuel. Peut-être n'a-t-il aucun avenir - même si des oeuvres continuent à être produites dans une sorte de posthistoire de l'art où l'activité artistique se transforme en passe-temps, dans un jeu infini avec son propre concept. Comme le dit Hegel, l'art aura alors perdu tout "ce qu'il avait d'authentiquement vrai et vivant". Mais peut-être aussi chaque oeuvre, chaque carré monochrome, par exemple, ouvre-t-il un avenir distinct.

Hegel soutenait que l'art comme tel était déjà, à son époque, dépassé comme moment historique. S'il continuait à exister, c'était comme fossile. Arthur Danto fait observer, au début des années 1980, que désormais la question de l'avenir de l'art se pose de l'intérieur du monde de l'art. Dominé par les institutions et les marchands, se limitant à la combinaison et à la recombinaison de formes connues, il semble avoir perdu toute direction historique. Tout se passe comme si cette forme de vie, vieillissante, devait s'effacer dans une sorte d'entropie culturelle. Avec ce pluralisme, ce n'est pas seulement l'art qui est transformé, c'est toute la culture, et finalement il n'est pas sûr que cette disparition de l'art ait beaucoup de conséquences.

Ce constat hegelien peut s'appuyer sur le fait que de nombreuses oeuvres du 20ème siècle sont des interrogations sur l'art. C'est le cas, par exemple, de Roy Lichtenstein et ses Brushstokes, qui fonctionnent comme une théorie interprétant d'autres oeuvres d'art; des arts de la perturbation, qui transgressent les limites de l'art pour mieux les explorer, etc... Depuis les débuts du Pop Art, l'autodéfinition de l'art finit par devenir son contenu. Détaché de tout impératif stylistique, il n'a plus d'autre but que sa propre philosophie. Ou encore, dit autrement : en devenant de la philosophie, il remplit son but.

On peut expliquer cela par le fait que l'art et la philosophie ont émergé tous deux à la même époque, dans des cultures (la Grèce et l'Inde) où la réalité était mise à distance, et dans un contexte où les images ou/et les mots occupaient une position intermédiaire entre le langage et le monde. Toute image dans un tableau, quel que soit son degré de ressemblance avec un modèle, appartient alors à l'ordre du tableau et non pas à celui de la réalité; et l'ordre du tableau peut être rapproché d'une pensée philosophique.

 

 

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Propositions

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La question philosophique du statut ou de la définition de l'art est "presque" devenue son essence même

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Depuis les années 60, chaque oeuvre d'art pose la question : "Pourquoi suis-je une oeuvre d'art?"

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Nous sommes entrés dans une époque où la liberté est si absolue que l'art ne semble être qu'un nom pour un jeu infini avec son propre concept

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En le faisant accéder, au niveau de la conscience de soi, à sa vérité philosophique, le Pop Art a marqué la fin du Grand Récit de l'art

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Quelle que soit la ressemblance entre une image et ce dont elle est l'image, elle appartient à un ordre logiquement distinct

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Si l'histoire de l'art est celle du progrès de la représentation, elle conduit nécessairement à la fin de l'art - quand ce progrès atteint ses limites

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Avec "Fontaine" de Duchamp, l'art révèle l'essence philosophique qui constitue son noyau

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L'Âge des manifestes a pris fin en 1964, avec le Pop Art, quand la définition philosophique de l'art s'est détachée de tout impératif stylistique

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Le "carré monochrome" n'est ni la fin, ni le début d'une histoire de la peinture : c'est l'étendard d'un avenir ouvert

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L'art, comme la philosophie, ne s'est développé que dans des cultures où la réalité était mise à distance

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A partir de 1906, l'histoire de l'art est discontinue; chaque mouvement pose la question de l'identité de l'art, exige une réponse théorique et refuse celles qui l'ont précédé

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Le modernisme est une structure qui, vers 1880-1965, cherche de nouveaux fondements à tous les aspects de la culture : art, science, philosophie, politique, morale

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A travers sa transformation en son propre objet, l'art a transformé toute la culture

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Si personne n'avait jamais écrit le moindre poème, peint le moindre tableau ou composé la moindre mesure de musique, l'histoire du monde n'aurait été changée en rien

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Les "Brushtrokes" de Roy Lichtenstein sont des oeuvres théoriques, qui renvoient à d'autres théories pour les rejeter

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[Les arts de la perturbation - ces pratiques qui se sont développées à la périphérie du domaine traditionnel de l'art - font reculer les limites de l'art jusqu'à les supprimer]

 

 

 


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