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Derrida, la circoncision                     Derrida, la circoncision
Sources (*) : Derrida, une fois, une seule               Derrida, une fois, une seule
Jacques Derrida - "Avec Safaa Fathy : Tourner les mots; Au bord d'un film", Ed : Galilée - Arte Ed, 2000, p82

 

Circoncision (Saqqarah, Egypte) -

La circoncision, qui se joue "une fois pour toutes" en détachant la partie du tout, n'est pas une métonymie parmi d'autres : c'est une métonymie des métonymies

   
   
   
               
                       

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Jacques Derrida évoque l'image furtive d'un aveugle dans le film D'ailleurs, Derrida que Safaa Fathy a tourné autour de lui. On trouve dans ce film des figures qui n'apparaîssent qu'une fois (un chat, une échelle, le carrelage, la boîte aux lettres ou cet aveugle) mais qui, selon Derrida, disent tout, une fois pour toutes. Il compare ces parties du film, qui sont des métonymies ("une partie qui se détache du tout pour en tenir lieu par délégation ou substitution") à des "figures plus discursives, déjà abstraites, coupées des choses, étendues à des concepts" : excision, hospitalité, pardon, différences sexuelles. Dans cette série [métonymique, elle aussi, c'est-à-dire où chaque figure dit le tout... quel tout? celui de la pensée derridienne], il distingue la circoncision, qui occupe une place particulière car elle n'est pas seulement une métonymie, mais la métonymie des métonymies. Pourquoi? Pourquoi particulièrement la circoncision? Et pourquoi, juste après, explique-t-il que, finalement, n'importe quelle métonymie devrait pouvoir occuper cette place?

Dans Circonfession, il dit que, la circoncision, il n'a jamais parlé que de ça, et donne une autre liste d'équivalents : limites, marges, marques, clôture, anneau, alliance, don, sacrifice, écriture du corps, pharmakos, coupure, ... A chaque fois se joue ce qu'il appelle ici le jeu du film : la partie pour le tout [un film d'une heure pour toute la multiplicité d'une vie]. La circoncision n'a lieu qu'une fois. C'est un événement singulier, irremplaçable, irréversible, un événement passé, sans retour, disparu, perdu - mais qui vaut pour toutes les autres pertes, les remplace d'avance. C'est sa duplicité : l'événement singulier, qui revient éternellement [un des thèmes les plus courants de la pensée derridienne].

[A gauche on tient les bras du personnages qui va subir la circoncision; et à droite il semble qu'il crie].

 

 

Pourquoi privilégier la circoncision parmi toutes les métonymies? Jacques Derrida ne le dit pas clairement, mais il emploie deux mots, jouissance et angoisse, qui peuvent donner une piste. Comme toutes ces figures, la circoncision est double. D'une part c'est une perte irréversible, irréparable; d'autre part, originairement, la "substitution tropique" est de la partie. Ce qui arrive une fois pour toutes engage à revenir, à représenter, à reproduire - et aussi à écrire. C'est une promesse qui incite à une nouvelle mise : on a perdu quelque chose, mais on peut aussi gagner.

La circoncision, cette blessure, renvoie à un archi-point où les oppositions se rejoignent [la perte y rejoint ses tenants-lieu, ses substituts rhétoriques]. On peut la rapprocher de la jouissance, qui est "aussi insupportablement jouissante que la non-jouissance", et aussi d'autres métonymies où un événement unique, irremplaçable, une blessure bouleverse et envahit : le proche-lointain de l'amitié tel que décrit par Blanchot à propos de Bataille (c'est une blessure singulière, inconnue, qui rapproche les amis), le punctum de la photographie (ce point inaccessible au savoir qui envahit mon champ de vision). Chaque fois, une expérience unique, immémoriale, vient ouvrir le discours, creuse la possibilité d'une supplémentarisation infinie, d'une métonymie des métonymies.

 

 

 


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