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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Damisch / Derrida, le beau                     Damisch / Derrida, le beau
Sources (*) : Derrida, le beau               Derrida, le beau
Pierre Delain - "Croisements", Ed : Galgal, 2004-2016, Page créée le 1er mars 2012

 

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[Hubert Damisch développe une théorie "supplémentaire" du beau, aussi "derridienne" que possible pour un théoricien de l'art]

   
   
   
                 
                       

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Dans son livre sur le Jugement de Pâris (1992), Hubert Damisch cite Jacques Derrida neuf fois. On trouve plus d'une quinzaine de mentions des mots supplément et parergon - qui sont eux aussi des allusions à la pensée derridienne [une influence réciproque et ancienne, si l'on se rappelle que d'une part, Théorie du nuage renvoyait à la théorie derridienne, et que d'autre part, Derrida, dans sa Vérité en peinture de 1978 (p6), renvoyait aux huit thèses de Damisch]. Dans une note (p145), Damisch précise qu'un séminaire commun a été tenu entre les deux penseurs autour des thèmes du livre (sans en indiquer la date). Cette rencontre, dans le texte, commence sous l'égide de Freud et de Kant. S'interrogeant sur la façon de croiser ces deux auteurs, Damisch renvoie à un extrait de La Vérité en peinture où Derrida précise que le jugement de goût kantien relève, avant tout, du jugement, c'est-à-dire du discours. Le "plaisir pur" kantien est ce qui fait parler; c'est une tâche d'énonciation, quelque chose qui vient en plus par rapport à la satisfaction immédiate.

Le thème du supplément traverse tout le livre. Sur le plan théorique, il préside au rapprochement de Kant et de Freud, car chez Freud aussi, la beauté, qui résulte d'une série de déplacements et fait écho à la surestimation de l'objet sexuel en tant que but du désir, est de l'ordre du supplément. Sur le plan historique, la reproduction des oeuvres, leur copie ou leur citation sont également considérés comme des suppléments - toujours dans le sillage de Derrida. Raphaël aurait dessiné son Jugement de Pâris pour être gravé par Marcantoni Raimondi et massivement reproduit - ce qui expliquerait qu'il n'existe aucune peinture inspirée par ce dessin [dont le modèle à disparu]. Multiplier les personnages secondaires, les éléments décoratifs, les digressions mythologiques, tout cela participe de la même logique : celle de la différance (p112). Ce n'est pas tant la beauté qui importe à Pâris, mais la prime de plaisir, le plus-de-jouir, la récompense qui lui sera donnée (Hélène); et le succès de la légende dans la peinture occidentale est étroitement lié à cette dimension parergonale.

Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art? En quoi diffère-t-elle d'une image quelconque, si ce n'est par les ajouts, les inventions, les scènes qui agrémentent ou complètent le récit initial, les cadres et les ornements qui viennent satisfaire ou répondre au goût du moment, ou encore les marges, les couleurs, les textures, les traits ou les symboles qui viennent suppléer à ce qu'on ne montre pas (et pour lequel les Grecs ont trouvé une forme : la Gorgone)? Hubert Damisch analyse les mutations qu'a connu le thème du Jugement de Pâris de Raphael à Marcantoni Raimondi, à Anibal Carrache, à Watteau, à Manet et ensuite à Picasso comme une suite de déplacements comparables au processus de déformation et de figuration d'un rêve.

 

 

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Propositions

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[En plus de ce qu'elle représente, signifie ou figure, une oeuvre d'art en appelle à un supplément, elle promet une prime de plaisir, un plus-de-jouir]

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[La beauté résulte d'une série de déplacements : organes sexuels, jouissance et dégoût vers visage, discours, forme et supplément]

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Dans ce qu'elle a de plus élevé, l'émotion esthétique fait écho à la surestimation de l'objet sexuel en tant que but du désir

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La beauté en art est de l'ordre du supplément

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Dans le plaisir pur mis en jeu par le jugement de goût kantien, il ne s'agit que d'un discours sur le beau - de la discursivité même du beau

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Dans l'atelier de Raphaël, la conception, l'invention, la copie, la reproduction, la répétition et la traduction des dessins, peintures et gravures étaient inséparables

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Le "Jugement de Pâris", de Marcantoni Raimondi, aurait été la première gravure produite et reproduite spécialement pour être diffusée (vers 1510-11)

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[La fortune singulière du "Jugement de Pâris" dans la culture européenne tient aux thèmes associés dans la légende : beauté, désir, plaisir sexuel, libre-arbitre, histoire]

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La Gorgone apparaît comme l'emblème de l'"absolument autre", auquel les Grecs ont su donner forme

 

 

 


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