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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Manet, premier moderne                     Manet, premier moderne
Sources (*) : Edouard Manet               Edouard Manet
Michael Fried - "Le modernisme de Manet, Esthétique et origines de la peinture moderne, tome 3", Ed : Gallimard, 2000, pp74-5

 

Portrait de Victorine Meurent (Manet, 1862) -

1860 : l'adresse au spectateur

Le portrait chez Manet s'adresse au spectateur vivant; c'est une confrontation qui doit être aussi frappante, intense et impressionnante que possible

1860 : l'adresse au spectateur
   
   
   
Manet, peintre de l'instant Manet, peintre de l'instant
Manet, l'inintelligible               Manet, l'inintelligible    
                       

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Le critique Alexandre Astruc, ami proche de Manet qui a fait son portrait en 1866, était un admirateur inconditionnel de Jean-François Millet. Il appréciait des tableaux comme les Glaneuses, le Retour d'un berger, ou ces Nus penchés où les personnages sont absorbés dans leur activité. Mais paradoxalement, il aimait aussi les portraits dans lesquels le personnage regarde hors du tableau et dévisage presque le spectateur, comme Victorine Meurent ci-contre. Ces portraits, caractérisés par l'expressivité des traits, s'opposaient pour lui aux tableaux. Alors que le portrait doit frapper, impressionner le spectateur, le tableau ne se laisse pénétrer que peu à peu. Le tableau peut être complexe, mais il faut que le portrait soit puissant, intense, il faut que le personnage représenté aie l'air vivant, présent, qu'il agresse le spectateur. Mais cette opposition n'exclut pas que l'un des personnages d'un tableau dévisage le spectateur, comme le Vieux musicien de Manet ou l'effrontée du Déjeuner sur l'herbe (qui n'est autre que la même Victorine Meurent). Avec le portrait-tableau, la sensibilité du critique était double et divisée, comme celle de la génération de 1863.

 

 

Victorine Meurent a posé plus d'une dizaine de fois pour Manet : pour la Chanteuse de rue, le Déjeuner sur l'herbe, Olympia [où l'on voit son vrai corps nu, tandis que celui du Déjeuner sur l'herbe a probablement été inspiré par la femme légitime du peintre], Mademoiselle V. en costume d'espada, La jeune fille en Rose (également intitulée "La femme au perroquet"), La Joueuse de Guitare (1866-67), Le Chemin de fer (1873), etc.... On sait peu de choses sur la véritable nature de ses relations avec le peintre.

 

 

 


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