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Melissa Makantobina - "Laisser les hantises", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 2 avril 2012

 

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Dans "Oslo, 31 août", Joachim Trier montre qu'une vie sans filiation reste entre deux morts

   
   
   
                 
                       

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C'est l'histoire d'une journée qui commence par une tentative ratée de suicide et se termine par un suicide réussi. Incapable de mettre fin à ses jours par noyade, Anders, 34 ans, toxicomane en fin de cure, choisit un moyen familier et plus efficace : l'overdose. Il choisit aussi un lieu familier : sa chambre, dans la maison de ses parents. Comme son quasi-homonyme Lars von Trier (danois), Joachim Trier (dano-norvégien) a construit un récit sur un thème qui semble travailler ces sociétés prospères : l'impossibilité de l'avenir. Pourquoi continuer à vivre? Il cherche à renouer avec son ancienne amie - qui vit à New York mais ne lui répond pas. Ses parents, qui ont vendu la maison familiale à cause de lui, sont partis en voyage; tandis que sa soeur ne veut pas le voir et lui fait remettre les clefs de la maison par une voisine. Ce film qui ouvre sur des souvenirs (Oslo, ville de mon enfance) fait le deuil de tout ce qu'Anders a été : fils, frère, amant, journaliste doué, jouisseur et toxicomane. Il bute sur un impossible : celui des généalogies. Qui ne peut se rattacher à un passé n'a pas d'avenir, c'est aussi simple que ça, et tous les plaisirs qu'offre cette ville, Oslo, ne se conjuguent qu'au présent. Quite à vivre entre deux morts, autant en finir tout de suite.

 

 

Le réalisateur a situé le film dans une généalogie : Jacques Rigaut, l’ami drogué de Drieu La Rochelle qui s'est suicidé en 1929; Feu Follet, le roman du même Drieu (1931); un autre Feu Follet, film de Louis Malle (1963). Le problème d'Anders, c'est que toutes les généalogies lui répugnent. A un moment, parlant à un éventuel employeur, il cite Schopenhauer - mais il fait suivre immédiatement cette mention d'une grimace et d'une reculade. Alors que son ami chercheur se réfère à Rilke et à Proust, il ne peut plus se reférer à rien. Dès lors sa vie, quoiqu'il arrive, ne peut continuer qu'entre deux morts.

 

 

 


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