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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Manet, l'inintelligible                     Manet, l'inintelligible
Sources (*) : Manet : silence et perte de sens               Manet : silence et perte de sens
Michael Fried - "Le modernisme de Manet, Esthétique et origines de la peinture moderne, tome 3", Ed : Gallimard, 2000, p242

 

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Edouard Manet

[Par son opacité, la disparité interne de ses oeuvres, leur "restance", leur instantanéité, la peinture de Manet résiste à l'intelligibilité picturale]

Edouard Manet
   
   
   
La déconstruction, prise au sérieux La déconstruction, prise au sérieux
                 
                       

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A son époque (les années 1960-70), Manet a été incompris par la critique et rejeté par le public; et bien que les critiques d'aujourd'hui aient multiplié les explications, le public ne le comprend toujours pas. Quelque chose dans son oeuvre résiste et reste inintelligible. Manet refuse de représenter les personnages absorbés dans leur tâche ou leurs pensées, contrairement à une tradition française qui remonte à Diderot. Il veut des personnages qui s'adressent au spectateur, qui le "frappent", qui attirent d'un seul coup son attention - ce qui le conduit à rechercher des effets d'instantanéité et de face-à-face, des mises en acte que le public ressent comme une violence, une approximation, une bizarrerie. Ses personnages semblent indifférents ou ses oeuvres paraissent vides, ou bien certains détails semblent incongrus : un cercle dans le ciel (Courses à Longchamp), un petit chien et une balle (Le Balcon), une bande rouge entre les jambes d'un soldat (L'Exécution de l'empereur Maximilien), l'imperceptible sourire de Victorine Meurent (le Déjeuner sur l'herbe). A propos de ces détails incompréhensibles, Michael Fried parle de restance (un terme emprunté à Jacques Derrida). A cela s'ajoute une incohérence apparente dans la mise en scène, une exécution inégale (certaines parties semblant complètement finies, et d'autres inachevées), des effets d'ombre et de lumière abrupts - inspirés par la photographie ou par les estampes japonaises, un souci permanent de dramatisation ou de théatralisation. Pour Manet, il faut que ça aille vite. Cela vaut pour la main comme pour la vue. Le spectateur de l'époque était déconcerté. N'était-ce pas lui la première victime des attaques des peintures agressives de Manet? Il se sentait simultanément exclu du tableau, superflu, et convoqué par lui. Ce clivage de la relation entre tableau et spectateur, qui avait été un temps partagé avec d'autres peintres comme Alphonse Legros, est devenu la marque de fabrique d'un seul peintre.

Manet appartient à une génération coincée entre le réalisme de Courbet (corporel) et le réalisme des impressionnistes (oculaire). Sa reconnaissance du tableau comme surface peinte, son refus de la clôture, le rapprochent des seconds - mais n'éliminent pas son étrangeté. En se coupant d'une tradition qu'il ne cesse de citer sans résoudre les questions fondamentales qu'elle pose, il crée une tension qui reste, encore aujourd'hui, sensible dans ses tableaux.

 

 

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Propositions

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[Edouard Manet privilégie une "instantanéité de perception" qu'aucun motif narratif ni compositionnel ne vient étayer]

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L'extrême provocation qu'a représenté la peinture de Manet pour ses contemporains tient à sa double qualité théâtrale et anti-théâtrale : le spectateur, qui regarde, est regardé

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La réaction des contemporains aux oeuvres de Manet est structurée par la présence de restes, de traces, qui mettent en échec toute tentative de leur donner un sens

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Dans "Courses à Longchamp" de Manet (1864), où le mouvement contraste avec l'immobilité, subsiste une "restance" irréductible, inintelligible

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[Une structure nouvelle se met en place dans la peinture des années 1860 : il faut s'adresser directement au spectateur, lui faire face, tout en déniant sa présence]

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[On trouve, dans l'art de Manet, une disparité interne, inexplicable, une discordance, une tension fondamentale]

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Quand Manet a présenté le "Christ mort et les anges" au Salon de 1864, le tableau a paru incohérent, inintelligible

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Par ses découpes tranchées et la crudité de ses couleurs, Manet cherche à capter l'instant, dans "son attaque et son acte propres"

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Avec "La Chanteuse de rue", Manet entreprend la mise en acte de l'instantanéité, sa thématisation directe

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Dans sa recherche de l'instantanéité et de l'efficacité, Manet s'inspire à la fois de l'estampe japonaise colorée et d'un type particulier de photographie

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Le portrait chez Manet s'adresse au spectateur vivant; c'est une confrontation qui doit être aussi frappante, intense et impressionnante que possible

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Chez Manet, la vitesse du regard qui immobilise le motif, et celle de la main qui exige une exécution rapide, sont complémentaires

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Dans l'"Autoportrait à la palette" de Manet, le mouvement rapide de la main semble subordonné à l'instantané de la vue

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Autour de 1860, un nouveau genre de désir, celui d'une "peinture intense", introduit un clivage dans la relation du tableau au spectateur

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L'"Exécution de l'empereur Maximilien" est une allégorie de l'entreprise picturale de Manet : un conflit violent entre une peinture qui frappe et un spectateur-victime

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Manet cite les oeuvres du passé, mais le passé chez lui n'est plus vivant, les motifs cités sont radicalement séparés du système auquel ils avaient appartenu

 

 

 


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