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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Il n'est de démocratie qu'ouverte                     Il n'est de démocratie qu'ouverte
Sources (*) : Marc Crépon               Marc Crépon
Marc Crépon - "Elections - De la démophobie", Ed : Hermann, 2012, pp116-7

 

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Derrida, inconditionnalités, principes inconditionnels

[Il n'est d'avenir démocratique que pour un souverain (le peuple) inconditionné, indéterminé, hétérogène, ouvert]

Derrida, inconditionnalités, principes inconditionnels
   
   
   
                 
                       

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Selon certains intellectuels ou hommes politiques, les peuples ne peuvent accéder à la démocratie que s'ils ont préalablement acquis une culture [celle du pluralisme politique], une éducation [le rejet des hommes providentiels, le désir de liberté, les droits de l'homme, etc...]. Pourtant, l'expérience montre que tous les peuples rejettent l'arbitraire et le despotisme. Le Printemps arabe de 2011 en a été l'illustration : les peuples n'ont pas eu à apprendre la démocratie : ils l'ont anticipée. Leur réaction peut être ressentie par les élites comme dangereuse ou menaçante. Dès lors que la démocratie "sort de ses gonds", qu'elle devient incalculable, elle est source de crainte et d'angoisse. Elle apparaît comme scandaleuse, abusive, et suscite des appels à l'ordre et à la raison. Pourtant, ces réactions se rattachent, elles aussi, à la démocratie, dont elles font apparaître le caractère double. Comme le pharmakon derridien, la démocratie peut être considérée soit comme bénéfique, soit comme maléfique - ou les deux à la fois - et c'est justement ce caractère indéterminé, ouvert, qui fait son prix. La démocratie représentative est un régime mixte : d'un côté, le pouvoir est exercé par une oligarchie; mais d'un autre côté, toutes les formes de contestations sont possibles. Aucune appartenance ou identification, aucun attachement, y compris national, citoyen ou culturel, aucune idéologie ne peut, en droit, échapper à la critique. En conséquence aucune catégorie n'est exclue du peuple, aucune limite ne le circonscrit.

Mais cela laisse ouverte la question : Qu'est-ce que la démocratie? Où commence-t-elle et où finit-elle? Pour Marc Crépon, pour répondre à cette question, on ne peut pas s'appuyer seulement sur la description des rapports de force ou des partages entre le peuple et l'oligarchie. Il faut se référer à des principes transcendants comme la justice, l'égalité, ou l'hétérogénéité constitutive du peuple.

Les régimes non démocratiques craignent tout ce qui pourrait leur arriver. Pour conserver leur pureté, leur intégrité, ils multiplient les verrous, les systèmes de contrôle et de surveillance, ils imposent une idéologie, une religion, une détermination. Mais aucune réalité ne correspond à leur croyance en une homogénéité inaltérable. Des menaces, des écarts, des déviances ou des altérations surgissent en permanence. A ce conditionnement s'oppose l'inconditionnalité de la démocratie. Elle ne suppose aucune allégeance, aucune croyance, aucun héritage particulier. Une pluralité indéfinie la traverse. En ne se repliant sur aucune identité ou appartenance, en préservant l'hospitalité, la promesse de justice et la libre autocritique dans l'espace public, en ne se laissant reconduire à aucun intérêt calculable, elle peut espérer échapper à sa confiscation par certaines "élites" politiques et à l'autodestruction. Il n'est de démocratie qu'imprévisible, toujours à-venir.

En démocratie, une invention singulière, idiomatique, est toujours possible. Aussi inattendue soit-elle, elle peut être reçue, partagée, transformée en culture.

 

 

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Propositions

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Le peuple ne se laisse identifier à aucune classe ou catégorie déterminée à l'avance; aucune forme d'appartenance ne saurait en circonscrire les limites

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La démocratie, objet de désir, précède toujours son apprentissage : elle se fait en s'anticipant

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Ce qui rend la démocratie redoutable et scandaleuse, c'est qu'elle est le pouvoir de n'importe qui

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La démocratie est le lieu où les inventions idiomatiques de la singularité, multiples et imprévisibles, sont partagées

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[La démocratie est, par excellence, le régime du "pharmakon" : celui où l'on est en droit de dire que ce qui est présenté comme un poison est un remède et vice-versa]

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La démocratie est un régime mixte où le pouvoir est confisqué par une oligarchie, mais où cette confiscation peut être contestée de toutes les façons possibles

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Il n'est pas de démocratie sans que les institutions ne se rapportent à un principe transcendant : justice, égalité, hétérogénéité constitutive de l'Un souverain

 

 

 


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