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Cinéma, sujet                     Cinéma, sujet
Sources (*) : Cinéma, croyance et dénégation               Cinéma, croyance et dénégation
Jean-Louis Comolli - "Corps et cadre - Cinéma, éthique, politique", Ed : Verdier, 2012, pp108-9

 

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[Le cinéma convoque le spectateur en tant que sujet - dans sa division, sa crise, ses conflits et ses questionnements]

   
   
   
                 
                       

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"La salle de cinéma est le lieu et le temps privilégiés de notre rapport à la croyance", dit Jean-Louis Comolli. Mais la croyance cinématographique est singulière. C'est dans chaque spectateur qu'elle a lieu, pendant la projection. En interposant son "écran mental", chacun de ces spectateurs est convoqué différemment. Pour rendre le cinéma possible, il faut qu'il s'immerge dans un champ de perception qui le déborde, qu'il laisse une brèche s'ouvrir dans les défenses de son moi. En fonction de son histoire consciente et inconsciente, de sa biographie, de sa généalogie, de ses frustrations, des traumas ou des chocs oubliés ou remémorés, il s'abandonne, il fait travailler sa subjectivité.

Il est arrivé à un certain moment, avec le cinéma-vérité des années 1960, qu'on favorise l'identification des spectateurs en laissant s'exprimer sur l'écran des corps parlants, des individus quelconques. Cela favorisait le désir de croire, l'envie paradoxale d'être leurré sans succomber totalement à l'illusion. Quand le spectateur, dans le hors-champ du film, laisse aller ses projections mentales, il s'ouvre, sans renoncer ni à sa raison ni à son jugement, aux excès d'écriture.

L'ambiguité de sa position, entre croyance et non-croyance, lui permet de faire jouer en lui des forces ignorées. Tout ce qui semble acquis dans le monde réel peut être mis en question : les puissants apparaissent fragiles, les faibles sont grandis, et dans ces contradictions et apories le sujet est pris dans un vertige. Il jouit de sa croyance et aussi de son doute, flottant dans un système de décalage et d'errance. Ce flottement, spécifique au cinéma, entretenu par la tension entre les images et les mots, est précisément ce que l'audiovisuel contemporain cherche à réduire.

Le lieu unique du cinéma est aujourd'hui menacé par la synchronisation, l'uniformisation des sujets.

 

 

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Propositions

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Le cinéma est un système de double traduction : du monde visible à un langage de machine, et d'un langage de machine à l'écran mental du spectateur

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Le hors-champ, cette ombre sans frontière qui cerne l'éclat de l'écran, est aussi le lieu des projections mentales et la ligne de fuite des spectateurs

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Avec la prise de son synchrone apparaît une nouvelle catégorie esthétique : le corps-parlant-filmé

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Le désir d'être leurré entretient chez le cinéspectateur une incertitude sur la légitimité, la possibilité même de la croyance

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Le cinéma choisit en faveur des plus faibles, il rend aux plus fragiles des personnages leur dignité perdue

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L'inévitable divorce des images et des mots ouvre, au cinéma, le jeu du temps

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Il n'y a d'excès dans la représentation que par les effets d'écriture de l'oeuvre, quand le spectateur, mis en crise, ne trouve plus sa place

 

 

 


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