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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Documentaire, sujet, doute                     Documentaire, sujet, doute
Sources (*) :              
Jean-Louis Comolli - "Corps et cadre - Cinéma, éthique, politique", Ed : Verdier, 2012, p152

 

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Il y a de la violence dans tout geste de filmer, et de la cruauté dans tout cinéma documentaire ("Délits flagrants", film de Raymond Depardon, 1994)

   
   
   
                 
                       

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A propos du documentaire de Raymond Depardon où des magistrats ont accepté d'être filmés pendant l'interrogatoire de "prévenus" arrêtés en flagrant délit. Le justiciable est livré, selon Jean-Louis Comolli, comme sa proie au magistrat qui doit statuer immédiatement. Celui-ci régne sur la scène en position de force, face à un prévenu faible, pitoyable ou inconsistant. D'où vient cette position dominante? De l'institution judiciaire, certes, mais le cinéma, lui aussi, montre complaisamment ces juges en train de jouer leur propre rôle. Le cinéma en serait-il complice, mettrait-il le spectateur en position d'être (lui aussi) obscurément complice de leur sadisme, de leur jouissance, et aussi du fatalisme des accusés-victimes? Jouirait-il (le spectateur) à la fois du châtiment reçu par les "délinquants" et de sa propre réprobation (la belle âme, ou cette morale des bonnes intentions que l'observateur endosse si facilement)? A la dureté de la justice s'ajouterait alors la cruauté du cinéma lui-même.

Malgré le souci de neutralité et de sobriété des longs plans-séquences fixes choisis par Depardon, il ne fait aucun doute que, pour les magistrats, le cinéma est de leur côté : à la place de la justice, du légitime, du bon, de la transparence et du pouvoir. Même si les jugés tentent eux aussi d'établir une connivence avec la machine-caméra - en position de témoin extérieur -, ces tentatives sont dérisoires. Le cinéma ne peut pas les sauver - il les juge lui aussi. Il a la même rigidité, la même indifférence à leur égard.

 

 

Le dispositif de cadre fixe retenu par Depardon construit une fausse symétrie. D'un côté le corps d'un juge unique, qui revient à chaque fois, identique à lui-même, et de l'autre les corps des prévenus toujours différents et jamais identifiés dans leur particularisme. "Le dispositif joue le même jeu formel et structurel que l'institution filmée", dit Jean-Louis Comolli. La subjectivité (bien réelle) du journaliste reste inavouée, tandis que le pouvoir exhibé n'a rien de fictif : les "prévenus" sont, à l'issue de l'interrogatoire, condamnés pour de vrai.

 

 

 


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