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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, le don                     Derrida, le don
Sources (*) : Derrida, la loi, le droit               Derrida, la loi, le droit
Jacques Derrida - "Donner le temps. I. La fausse monnaie", Ed : Galilée, 1991, p85

 

Helene et Paris (cratere de 380-370 av J-C) -

Derrida, nos tâches

Il faut donner, c'est la loi - et il faut rendre compte de cette loi qui oblige à donner

Derrida, nos tâches
   
   
   
               
                       

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Le don, dit Jacques Derrida, est une sorte de premier moteur (p45), dans lequel nous ne pouvons pas éviter de nous engager. Pas par générosité ni pour des raisons de morale ou d'éthique (comme le soutient Marcel Mauss qui, se rendant compte que cette explication est insuffisante, s'en excuse), mais parce que nous devons être pris dans une logique de dette, de restitution. Il le faut, c'est une nécessité, sans laquelle nous ne pourrions pas être engagés dans le cercle du temps (Donner le temps, titre du livre), de l'échange (cf l'Essai sur le don déjà cité), de l'être (Heidegger) ou du langage.

Le don dont parle Derrida n'est pas l'offrande, le cadeau. Il ne se présente ni à l'expérience, ni à la connaissance. Sa structure peut être comparée à la dialectique transcendantale de Kant : s'il faut répondre du don, en être responsable, ce n'est pas pour des raisons sociales ou économiques, c'est parce que nous sommes pris dans une axiomatique, une logique d'équivalence dans laquelle on doit répondre à l'injonction, on doit toujours remplacer quelque chose (l'origine, la nature, la mère, le père, le logos ou le phallus) par autre chose qui est à la fois en relation d'équivalence et d'excès. Laisser faire cette imitation, cette équivalence qui n'en est pas une - car ce qui est pris n'est pas ce qui est donné, on ne restitue jamais, on va au-delà du devoir et de la dette -, c'est a priori une bonne chose.

Même si le don, comme tel, est impossible, il faut donner. Il faut, par un don qui, lui-même, n'appartient pas au cercle, mettre en marche l'échange circulaire, donner à l'économie son mouvement.

 

 

Emile Benveniste, dans ses Problèmes de linguistique générale, fait remarquer que la même racine indo-européenne (do) peut signifier donner, prendre ou recevoir (selon la langue, la syntaxe). Comme d'autres ensembles syntaxiques (acheter/vendre, prêter/emprunter), elle est ambivalente. S'engager dans la langue, c'est s'engager dans un rapport au don, un donner-prendre.

 

 

 


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