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Derrida, la différance                     Derrida, la différance
Sources (*) : Derrida, le don               Derrida, le don
Jacques Derrida - "Donner le temps. I. La fausse monnaie", Ed : Galilée, 1991, p162

 

Vue du mont Fuji, Suruga (Hokusai, 1830-48) -

Derrida, le concept

Avec tous ses "autres" (l'art, la loi, la liberté, la société, l'esprit, etc...), le concept de nature déploie la logique du don, qui est celle de la différance

Derrida, le concept
   
   
   
               
                       

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A la nature (physis), on oppose habituellement l'art, la convention, la loi, la liberté, la société, l'histoire, l'esprit, etc.... Mais Jacques Derrida souligne un paradoxe : on trouve dans le concept de nature lui-même (originaire, productrice et généreuse) ces mêmes termes opposés à lui. La nature est à la fois donnante (le don gratuit) et un donné (de l'ordre de la nécessité). C'est une productivité qui engendre, fait pousser, fait croître, une production donatrice, et aussi une force de programmation, qui donne forme aux choses. Tous ces "autres" qu'elle produit reviennent à elle, ils "sont encore elle-même en différance".

Jacques Derrida rapproche ici trois concepts : différance, nature, don, qui sont tous trois paradoxaux. Celui de "nature" l'a toujours été dans son histoire, depuis la physis grecque, celui de "don" l'est ausi, comme le montre le présent texte (Donner le temps), et enfin celui de "différance". On trouve, dans les trois concepts (et aussi dans la Fausse monnaie de Baudelaire) la même logique : dans l'auto-affection se produit un rapport à l'autre qui pousse à la fois à une production incalculable, imprévisible, exceptionnelle (fors) et au retour réglé sur soi, à la circularité (la loi, la société, l'échange).

 

 

Dans la présentation que Derrida fait de ces trois concepts, on trouve un paradoxe supplémentaire. Dans une note (p163), pour justifier la comparaison entre la logique aporétique du don et celle de la différance, il renvoie à un autre texte publié dans Marges ("La différance"). Doit-on en déduire que, dès 1968, Derrida savait déjà ce qu'il allait développer dans son séminaire de 1977-78, et qu'il savait également déjà ce qu'il allait reprendre plus tard sous forme de conférences sur le don en 1991? N'y aurait-il alors rien d'imprévisible dans sa théorie? Les développements futurs seraient-ils déjà contenus à l'avance dans ses premiers textes? On peut en douter, malgré l'insistance qu'il met à multiplier ce type de renvoi.

 

 

 


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