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Les Juifs, historiographie                     Les Juifs, historiographie
Sources (*) :              
Yosef Hayim Yerushalmi - "Zakhor, histoire juive et mémoire juive", Ed : Gallimard, 1984, p52

 

Oeuvre de jeunesse de V. Brau ner -

Les Juifs du Moyen Age ne cherchaient pas à saisir les événements contemporains dans leur nouveauté, mais à les interpréter dans des catégories familières

   
   
   
                 
                       

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Les Juifs du Moyen Age avaient l'habitude de rapporter tous les événements contemporains à des schémas familiers. Les souffrances étaient dues à l'exil, L'oppresseur était appelé Haman, le Juif de cour Mardochée, la chrétienté assimilée à Edom ou Esaü et l'islam à Ismael. On ne désignait pas les pays par leur nom actuel, mais par des noms de localités retrouvées dans la bible : l'Espagne devenait Sefarad, la France Tsarfat, l'Allemagne Ashkenaz. Les quatre empires universels qui, dans le livre de Daniel, précèdent l'ère messianique, pouvait désigner tel ou tel empire actuel. Les affrontements entre la Perse et Byzance (6è - 7ème siècle), la conquête arabe, les invasions mongoles (13ès), l'expansion ottomane (15ès) - et même, plus tard, les guerres napoléoniennes - n'étaient que des versions modernes de la lutte entre Gog et Magog. Dans tous les événements, on cherchait d'abord les indices et les signes de la fin de l'histoire.

Quelques exceptions se sont produites à l'occasion de traumatismes majeurs :

- quatre chroniques des Croisades écrites au 12ème siècle témoignent de l'horreur ressentie devant la destruction de communautés juives entières dans les régions rhénanes (Spire, Worms, Mayence, Cologne pendant l'été 1096). Ces chroniques contiennent des éléments concrets, mais elles comparent les meurtres et les suicides collectifs à des événements bibliques comme la ligature d'Isaac. Les Juifs du Rhin sont comparés à Abraham, ils ont la même foi, mais Dieu reste silencieux, ils décident de sacrifier leurs propres enfants plutôt que de tomber entre les mains des croisés.

- Le Livre de la Tradition (Sefer Ha-Qabbalah) d'Abraham Ibn Daud, à l'époque de la reconquête chrétienne en Espagne. Devant le traumatisme qu'a représenté le déplacement des centres spirituels juifs de l'Espagne musulmane vers l'Espagne chrétienne, l'auteur compare ce déplacement aux exils successifs des communautés juives (Babylone - Egypte - Afrique du Nord - Espagne musulmane - Espagne chrétienne). Mais Ibn Daud ne se limitait pas à un simple récit historique. Il était persuadé qu'il allait découvrir des cycles permettant de prévoir l'avenir à partir du passé (mode de pensée par symétrie).

Dans les deux cas, les récits historiques sont la conséquence d'une interruption violente du cours habituel de la vie juive. Soit ces ouvrages sont intégrés à la Halakha ou repris dans des textes juridiques et théologiques, et alors ils sont conservés, soit ils ne le sont pas, et alors on les oublie. Pour accéder à la pérennité, la mémoire devait passer par les rites et la liturgie.

 

 

Devant les catastrophes qui bouleversaient leurs vies, les Juifs ont produit quatre types de réponses mémorielles :

- les selih'ot. Ces prières pénitentielles sont insérées dans la liturgie courante de la communauté. Elles commémorent un événement sur un mode religieux, sans donner beacoup de détails sur l'événement lui-même, que les historiens modernes réussissent rarement à reconstituer à partir du texte de la selih'a.

- les livres du souvenir ashkenazes (Memorbücher). Ces livres contiennent les noms des rabbins, des bienfaiteurs, des dirigeants communautaires, et aussi des martyrs d'une communauté déterminée. Ils n'ont pas pour but de donner le récit des événements, mais de tenir à jour une liste des noms pour le kaddish. On ne peut pas non plus les considérer comme des ouvrages d'histoire.

- les seconds pourim. Ce sont des fêtes organisées pour commémorer la délivrance d'un danger de persécution. Cette pratique est signalée en Espagne (1038), à Narbonne (1236), à Saragosse (1380), en Egypte en 1524, au Maroc en 1578. Ces seconds pourim ont une dimension purement locale. On compose à cette occasion une meguila qui paraphrase dans une large mesure le livre d'Esther.

- les jours de jeûne. Ils sont institués pour commémorer un martyre. Le plus célèbre jour de ce type a été institué en 1171, le 20 Sivan, à la suite du massacre de 38 Juifs de Blois accusés de crime rituel. Le souvenir de cet événement a largement dépassé la France. En 1648, des milliers de Juifs ont été massacrés par les cosaques en Pologne et en Ukraine. De nombreuses selih'ot ont été composées, mais les rabbins locaux en ont fait la répétition des martyres des Croisades. C'est le 20 Sivan qui a été choisi comme jour de jeûne pour toutes les communautés juives de Pologne et de Lituanie, et les selih'ot de Blois, plus anciennes, ont prévalu sur celles qui avaient été composées localement. Ce jeûne était encore observé en Europe de l'Est à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, alors que les populations locales ignoraient la tragédie de Blois elle-même - qui était partout oubliée, même en France.

 

 

 


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