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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Auto - affection, culpabilité                     Auto - affection, culpabilité
Sources (*) : Nicolas Abraham               Nicolas Abraham
Nicolas Abraham - "L'écorce et le noyau", texte écrit avec Maria Torok"", Ed : Flammarion, 1987, pp126-7

 

Culpabilisation (Hugh Thomson) -

[Avec l'introjection primordiale de l'objet, qui s'auto-affecte à l'intérieur de soi, adviennent la duplicité, le langage et la culpabilité]

   
   
   
                 
                       

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Pourquoi le sentiment de culpabilité est-il si courant, si universel chez les humains, avec son cortèges de fantasmes et de crimes imaginaires? Certains analystes croient encore qu'avant les traumatismes, les frustrations et les souffrances, l'enfant a connu une période d'innocence, de félicité ou d'orgasme (le sentiment océanique). Mais cette croyance n'est qu'une transposition du mythe biblique du paradis perdu. Selon Nicolas Abraham, la culpabilité arrive avec le langage lui-même. L'innocent serait celui qui ferait tout d'une pièce, qui ignorerait la duplicité; mais la duplicité vient avec le langage. A l'étape la plus archaïque de la constitution du moi, l'enfant installe en lui-même (introjecte) son objet primordial, la mère. Celle-ci est alors dédoublée : en lui, l'objet interne [la mère introjectée, qui peut se transformer en Imago], et dehors, l'objet externe [la mère réelle]. Cette introjection est à l'origine de la culpabilité. Le péché indicible, inconscient, c'est que l'Imago ait été soumise à l'introjection. D'emblée, indépendamment de tout dressage ou effort éducatif, surgit un décalage entre le désir conscient et le voeu inconscient. L'enfant se sent coupable, et chaque mot peut être porteur de cette culpabilité.

C'est là qu'intervient la faculté humaine, innée, voire transcendantale, d'être sujet et objet pour soi-même. Cette faculté d'auto-perception, que Nicolas Abraham appelle ici "le je-me du touchant-touché" - intervalle qui s'étend entre le sujet et l'objet de la réflexivité - ou encore auto-affection. "Je touche mon palais avec ma langue, j'entends le son que j'émets, je vois le mouvement de mes mains que je fais bouger. D'emblée, je suis deux en un". Cette conjonction fragile entre le "je" et le "me" est selon lui la seule source possible de certitude pour l'enfant - source qui a été complètement ignorée par les différentes phénoménologies. L'un des pôles de ces dualités devient zone érogène, équivalent symbolique de l'objet, et aussi source de conflits inconscients.

Le germe de la culpabilité première tient au fait que, chaque fois que l'enfant s'adresse à l'objet externe, il doit en passer par l'objet interne. A chaque fantasme auto-érotique qui lui vient à l'esprit est associée la même pensée consciente : Je suis accusé d'un crime. L'introjection primordiale est inséparable du crime immémorial. Lorsque le sujet attribue à certaines de ses fonctions physiologiques une signification libidinale, une maladie peut se déclencher. Le symptôme psychosomatique est alors adresse de soi à soi et non pas aux autres - ce qui différencie ce symptôme de la structure des névroses.

Cette structure d'auto-affection est aussi celle qui permet à l'analyste, au spectateur ou au lecteur d'entendre une oeuvre - quand les conflits inconscients des uns et des autres se rencontrent ou résonent entre eux, par autotémoignage.

 

 

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Propositions

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Entre le "je" et le "me" surgissent des auto-affections qui ne signifient rien : distance qui sépare le sujet d'avec soi, non-présence qui s'entend dans la présence

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A l'origine, la seule source de certitude pour l'Enfant est la conjonction du Je et du Me, du touchant et du touché - qui est toujours déçue par l'abîme qui les sépare

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Au fondement de la création du temps est le décalage entre désir conscient et voeu inconscient : ce qui arrive au présent est toujours "autre chose" que ce qui était attendu

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L'affect est une tension anticipatrice qui se regénère sans cesse, par identification à l'autre introjecté

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A l'origine, les mots ne sont pas porteurs d'une signification, mais d'un drame mémoriel qui exige impérieusement d'eux qu'ils opèrent une distinction, qu'ils instituent une différence

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Les symptômes psychosomatiques sont des maladies de soi à soi, où le sujet ne parle qu'à lui-même et non pas aux autres

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Une oeuvre est vouée à demeurer muette, illisible - sauf si une oreille, par auto-témoignage, entend l'archi-poème qu'elle sait à l'avance

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La psychanalyse a pour domaine l'impensé de la phénoménologie - laquelle ignore l'inconscient, noyau de l'être

 

 

 


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