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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Introjection, incorporation                     Introjection, incorporation
Sources (*) : Nicolas Abraham               Nicolas Abraham
Nicolas Abraham - "L'écorce et le noyau", texte écrit avec Maria Torok"", Ed : Flammarion, 1987, p237

 

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[Tandis que l'introjection des pulsions met fin à la dépendance objectale, l'incorporation de l'objet entretient cette dépendance, sous la garde de l'Imago interdictrice]

   
   
   
                 
                       

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Maria Torok part d'une observation clinique de Karl Abraham. Après un deuil, il se produit souvent un accroissement de la libido. L'endeuillé avoue que, au moment où devraient s'imposer la tristesse ou le désespoir, il se sent envahi de désir. Ce phénomène provoque une gêne, une honte, des ruminations d'auto-reproche, mais le sujet y résiste difficilement. Pour expliquer cela, il faut partir de la distinction entre incorporation et introjection. Selon Freud, l'incorporation de l'objet aimé contribue au travail de deuil. L'endeuillé n'a pas à renoncer à l'objet aimé, puisque désormais cet objet se trouve en lui. Mais le deuil ainsi compris ne réussit pas toujours. Il se transforme dans certains cas en "maladie du deuil". Pour comprendre ce processus, Maria Torok et Nicolas Abraham reprennent le concept d'introjection proposé par Sandor Ferenczy. L'introjection est un phénomène positif d'enrichissement et d'élargissement du moi, tandis que l'incorporation est une prise de possession magique de l'objet perdu. Quand l'objet perdu est incorporé, les interdits et les refoulements pèsent sur lui. Sous la garde de l'Imago interdictrice ainsi créée, les symptômes de la maladie du deuil se déclenchent (dépression, culpabilité, angoisse, mélancolie). On ne peut guérir cette maladie sans qu'une introjection introduise dans le moi des pulsions susceptibles de se détacher de l'objet et de se transformer en désirs. L'envahissement libidinal après un deuil peut être interprété comme une tentative d'introjection qui aurait échoué. Le deuil réactive certains désirs inconscients qui franchissent les défenses du moi, mais ces pulsions restent attachées à l'ancien objet qui a pris la figure de l'Imago. Le sujet, surpris par des fantasmes auxquels il ne s'attendait pas, réagit par un surcroît de refoulement. Il perd la possibilité de métaphoriser certains mots qui sont encryptés en lui.

Alors que l'incorporation est immédiate, instantanée (car il faut remplacer d'urgence l'objet-plaisir disparu), l'introjection est un processus lent, qu'on peut comparer à l'apprentissage d'une langue. Alors que dans l'incorporation le secret est de rigueur (car bien qu'elle se fasse sous la pression du Surmoi, elle est vécue comme illégitime, interdite), l'introjection s'opère au grand jour, par nomination. Alors que l'objet incorporé est statique, pétrifié comme une sorte de photographie, l'introjection est dynamique, c'est une expérience de métaphore et de substitution. Entre les deux processus, la distinction conceptuelle est nette, même si, dans le deuil courant, elle puisse se brouiller.

On peut distinguer deux types d'incorporation, selon que le refoulement est propre au sujet (un trauma ou deuil qu'il a vécu lui-même) ou que ce refoulement lui est transmis par un parent (secret transgénérationnel transmis à l'insu du sujet). Dans les deux cas, l'élément étranger est encrypté dans le Moi. Il se traduit par des allosèmes (symboles ou mots imprononçables, porteurs d'un autre sens), et dans le second cas par un effet de hantise, de revenance, un retour du fantôme.

 

 

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Propositions

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L'introjection commence par l'expérience du vide dans la bouche : le langage supplée à l'absence, aux cris et aux pleurs se substituent des mots

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En introduisant dans le moi la libido inconsciente, l'introjection des pulsions les transforme en désirs et fantasmes de désirs

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L'incorporation est une prise de possession magique de l'objet, un fantasme qui l'installe en secret à l'intérieur de soi et rappelle par un monument le refoulement du désir

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Dans le fantasme d'incorporation, des forces muettes installent violemment dans le Moi des marques parasitaires, secrètes, encryptées

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Les fantasmes d'incorporation de la mélancolie sont antimétaphoriques : ils détruisent la figuration et annulent l'acte même de mettre en mots le vide originel

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Il faut rigoureusement distinguer (1) l'étranger incorporé dans la crypte du moi (2) le fantôme qui vient hanter depuis l'inconscient d'un autre

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Une Imago fonctionne toujours comme interdictrice d'un désir sexuel; elle porte témoignage d'une tentative ratée d'introjection, vécue dans la volupté

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L'introjection parle, elle nomme, tandis que l'incorporation se tait, elle ne parle que pour taire ou détourner d'un lieu secret

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Un deuil dans lequel "Je garde le mort en moi, en un lieu cryptique, sans le détruire comme autre", brouille la limite entre introjection et incorporation

 

 

 


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