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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Crypte, secret, hantise                     Crypte, secret, hantise
Sources (*) : Nicolas Abraham               Nicolas Abraham
Nicolas Abraham - "L'écorce et le noyau", texte écrit avec Maria Torok"", Ed : Flammarion, 1987, pp296-7

 

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Derrida, une crypte

[Depuis l'inconscient, un fantôme inconnu exerce sa hantise : souvenir enfoui dans une crypte, secret inavouable, il transmet un savoir insu, refoulé, une nescience]

Derrida, une crypte
   
   
   
                 
                       

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Chacun de nous est aux prises avec quelques spectres qui réclament leur dû. Ces fantômes ne cessent de lui revenir, de le tourmenter, de même que [le cas échéant] ils tourmentent son analyste, comme Freud lui-même a été tourmenté par ceux de l'Homme aux loups jusqu'à son extrême vieillesse. Nicolas Abraham et Maria Torok ont développé une théorie qui concerne plus particulièrement les patients dits maniaco-dépressifs, mais qui peut être étendue à d'autres structures. Du côté du patient, un secret non révélable est enfoui en un lieu inaccessible, un lieu clos, oublié, enterré - quoique sans sépulture légale -, une crypte inaccessible au sein du moi, dont il ne veut rien savoir. Il y a eu un traumatisme, un événement douloureux, une perte, dont il est incapable de faire son deuil; certains mots deviennent innommables, inarticulables. Du côté de l'analyste, s'il est doué d'une véritable oreille capable d'entendre, cette structure n'est pas sans effet. Elle se traduit en mots et produit des formations inconscientes qui, dans certains cas [dont Freud, Nicolas Abraham et Maria Torok, Sandor Ferenczy et Imre Hermann] se transforment en théories.

Mais revenons au patient. Comment un tel lieu a-t-il été produit? Il a fallu qu'un mécanisme d'inclusion ou d'incorporation se mette en place. Le "dire" enterré, qu'il soit un élément de Réalité ou un récit imaginaire, qu'il soit celui du patient lui-même, d'un proche ou de ses ascendants, a modifié le psychisme du sujet sans qu'il le sache (nescience), par un refoulement conservateur, occulte, qui l'a figé comme une chrysalide autour d'un cocon. Le sujet nie cette inclusion, mais l'objet endocryptique, cette plaie béante, s'empare du moi, qui doit maintenir l'illusion du statu quo topique. Jamais le cryptofantasme ne se montre au grand jour, toujours il porte le masque du moi. L'individu, qui ne peut faire autrement que de porter l'expérience libidinale indicible, devient cryptophore (porteur de crypte). Le fantôme travaille en secret, dans son inconscient. La nécessité de ne rien révéler peut le conduire à manifester des symptômes (fétichisme, névrose d'échec ou phobie) ou des maladies psychosomatiques. Elle ouvre aussi la possibilité de créer des symboles et des oeuvres, qui demeurent illisibles et muets, enfermés dans la crypte, si nulle oreille n'est capable de les entendre.

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De nombreux films illustrent la façon dont opère un savoir encrypté, inaccessible. Par exemple Shozukai, film de Kyoshi Kurosawa (2012) qui montre de manière fascinante la façon dont on ne paie jamais pour ses propres fautes, mais toujours pour celles d'un autre. Ou encore Jeune et jolie, film de François Ozon (2013) où une adolescente prend le chemin de la prostitution pour se dégager des forces enfouies en elle, dont elle ignore tout.

 

 

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Propositions

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L'incorporation est une prise de possession magique de l'objet, un fantasme qui l'installe en secret à l'intérieur de soi et rappelle par un monument le refoulement du désir

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Un fantôme objective le travail produit, dans l'inconscient, par les lacunes que laissent en nous les secrets des autres

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Une crypte au sein du Moi le fissure, dans la crypte un symbole clivé, fétichisé, produit du sens et autre chose (allosème, anasème)

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Pour le sujet cryptophore, la Réalité est ce qui est refusé, masqué, dénié; c'est le lieu où, dans l'appareil psychique, le secret est enfoui

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Parler, c'est communier avec un mensonge : réveiller un fantôme anasémique, tout en exigeant qu'il ne prenne pas corps (le présentifier en l'exorcisant)

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A l'origine, les mots ne sont pas porteurs d'une signification, mais d'un drame mémoriel qui exige impérieusement d'eux qu'ils opèrent une distinction, qu'ils instituent une différence

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Quand la bouche ne peut pas articuler certains mots, alors y vient l'innommable, la chose même ou l'Imago fantasmatique qui en est dépositaire

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Devant l'impossibilité d'énoncer le mot du désir, le sujet crée un symbole - voire une oeuvre d'exception - qu'occultent ses actes, rêves et symptômes

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Une oeuvre est vouée à demeurer muette, illisible - sauf si une oreille, par auto-témoignage, entend l'archi-poème qu'elle sait à l'avance

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Les symptômes psychosomatiques sont des maladies de soi à soi, où le sujet ne parle qu'à lui-même et non pas aux autres

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On ne paie jamais pour ses propres fautes, mais pour celles d'un autre (Shozukai, film de Kiyoshi Kurosawa, 2012)

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Pour chaque jeune fille, se pose pour la première fois, à nouveaux frais et singulièrement, l'énigme de la sexualité ("Jeune et jolie", film de François Ozon, 2013)

 

 

 


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