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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Psychanalyse, anasémie                     Psychanalyse, anasémie
Sources (*) : Nicolas Abraham               Nicolas Abraham
Nicolas Abraham - "L'écorce et le noyau", texte écrit avec Maria Torok"", Ed : Flammarion, 1987, p350

 

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[La psychanalyse tente l'impossible : saisir, par des concepts anasémiques, la source même dont le langage émane]

Autres renvois :
   

Derrida, Freud, la psychanalyse

   
   
                 
                       

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Son introduction au livre de Imre Hermann, L'instinct filial, est l'occasion pour Nicolas Abraham de mettre en perspective trois théories, la sienne, celle d'Hermann et celle de Freud. Le psychanalyste est dans la même position que le lecteur d'une oeuvre. Il ne peut l'entendre [le patient ou l'oeuvre] que si elle témoigne de ce qu'il sait déjà (qui est déjà en lui) : archi-poème ou archi-traumatisme. Or ce dont parle Imre Hermann, l'instinct de cramponnement du bébé, résonne avec la série des "archi-" qu'on retrouve chez Abraham : archi-mélancolie, archi-mère, archi-sens, archi-modèle, archi-vêtement, archi-trace, etc... Comment définir ces concepts inaccessibles à toute saisie par le langage, sans tomber dans une problématique mystico-théologique? La psychanalyse cherche à mettre en mots des pulsions et affects qu'il est impossible de nommer par le discours, même métaphoriquement, car en ces lieux "aucune signification - ni au propre ni au figuré - ne saurait advenir". Nicolas Abraham appelle anasémies ces mots comme pulsion, libido, inconscient, qui ont pour tâche de décrire l'indescriptible. Aucune phénoménologie ne pouvant y parvenir, ce sont des mots transphénoménologiques qui se disent dans une langue spécifique, une autre langue. Cette langue est inaccessible, imprésentable. Elle suppose un autre concept de traduction.

Si l'on pose que le phénomène est symbole - c'est-à-dire ce qui sépare en réunissant, qu'il se situe au carrefour des conflits inconscients et de la subjectivité, alors la théorie psychanalytique a pour fonction de rechercher le complément anasémique des symboles, ou encore : de rendre manifeste le transphénomène, en produisant en symbole l'anasémie. Ainsi les situations archaïques peuvent-elles apparaître comme intelligibles. Nicolas Abraham qualifie d'archi-psychanalyse cette lignée inaugurée par Sandor Ferenczy, qui vise à remonter aux origines "anté-primordiales" de la subjectivité.

Dans leur pratique, telle qu'elle est présentée exemplairement dans Cryptonymie, le Verbier de l'Homme aux loups, Nicolas Abraham et Maria Torok chrchent à restituer un événement pré-originaire, qui serait arrivé en un lieu autre, indicible, insignifiable, qu'ils qualifient de noyau et opposent au présentable, l'écorce. Le noyau et l'écorce sont inséparables. Ils forment sans s'unifier une figure étrange, double et dissymétrique, l'"écorce-et-le-noyau" dont seul un récit mythique, poétique, prenant appui sur des concepts anasémiques, peut rendre compte.

Le désir anasémique étant inaccessible, on ne peut s'adresser qu'à son fantôme, par le biais du langage. Par les mots qui portent en eux un drame insu, par les représentations acoustiques, on l'exorcise, on s'assure qu'il ne prendra pas corps.

 

 

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Propositions

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Parler, c'est communier avec un mensonge : réveiller un fantôme anasémique, tout en exigeant qu'il ne prenne pas corps (le présentifier en l'exorcisant)

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A l'origine, les mots ne sont pas porteurs d'une signification, mais d'un drame mémoriel qui exige impérieusement d'eux qu'ils opèrent une distinction, qu'ils instituent une différence

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La structure anasémique appelle un récit mythique, poétique : celui d'un événement pré-originaire qui, sans avoir été, aurait eu lieu

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La théorie psychanalytique, qui révèle en nous la non-présence d'où jaillit tout sens, ne peut s'énoncer que comme discours anasémique

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Nicolas Abraham traduit la langue de la psychanalyse dans "une autre langue", une nouvelle langue anasémique, incomparable à aucune autre

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Dans sa duplicité, la trace agit sur les deux pôles anasémiques : le noyau (inconscient) et la périphérie (enveloppe préconscient-conscient)

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Devant l'impossibilité d'énoncer le mot du désir, le sujet crée un symbole - voire une oeuvre d'exception - qu'occultent ses actes, rêves et symptômes

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[Dans sa forme originaire, un symbole - comme une oeuvre - résulte des conflits inconscients, singuliers, d'un sujet]

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En proposant un nouveau concept anasémique de traduction, hors de lui-même, Nicolas Abraham opère une conversion, une transmutation

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On peut comparer le Moi de la psychanalyse à une figure étrange, double, abyssale, dissymétrique et anasémique : l'"écorce-et-le-noyau"

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Une oeuvre est vouée à demeurer muette, illisible - sauf si une oreille, par auto-témoignage, entend l'archi-poème qu'elle sait à l'avance

 

 

 


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