Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Crypte, secret, hantise                     Crypte, secret, hantise
Sources (*) : Le spectral de Derrida               Le spectral de Derrida
Nicolas Abraham - "L'écorce et le noyau", texte écrit avec Maria Torok"", Ed : Flammarion, 1987, pp391 et 427

 

Daphnis et Chloe (Pierre Puvis de Chavanne) -

Un fantôme objective le travail produit, dans l'inconscient, par les lacunes que laissent en nous les secrets des autres

   
   
   
                 
                       

Pour l'acquťrir, cliquez

sur le livre

 

Comment un secret inaccessible, inavouable, enfoui dans l'inconscient, peut-il venir à la surface? Par la psychanalyse, si l'analyste peut, à la place de ce que dit le patient, entendre des symboles. Pour Nicolas Abraham, le symbole est autre chose qu'un signe. Il résulte des conflits inconscients, singuliers, d'un sujet. A l'origine d'un symbole, une opération cachée transforme et refoule une métaphore. Celle-ci manque alors au symbole, qui se manifeste comme symptôme et ne disparaît que si ce manque est restitué. Mais l'interprétation analytique ne réussit pas toujours. Quand un étranger (ou fantôme) est présent dans l'inconscient, il se manifeste par une hantise, qui est le mécanisme propre au retour du fantôme. Dans ce cas, ou lorsqu'une crypte s'installe dans le Moi (cryptophorie), le patient risque d'agir de manière incompréhensible ou de sombrer dans la mélancolie. Pour faire émerger sa vérité (qui n'est autre que "le symbole éprouvé en métaphore"), l'analyste devra se faire ventriloque, médium, spirite ou magicien. En écoutant le fantôme, en le révélant, il le dissipera.

Nous sommes tous des mutilés de mère, et nous cherchons à reconstituer symboliquement l'unité mère-enfant. A chaque stade de son développement, l'enfant forme des imagos maternelles inconscientes sur lesquelles étayer cette union. C'est ainsi qu'il transforme le rapport mère-enfant en rapport inconscient-moi. On peut trouver un exemple de cette relation chez Léonard de Vinci : en peignant la Joconde, il restaurait inconsciemment la relation illégitime et secrète entre son père et sa mère, il réunissait fantasmatiquement ses parents dans la mort.

Un traumatisme peut ouvrir l'inconscient et réveiller un fantôme qui travaille, un drame non-su. Pour éviter l'envahissement du moi, la catastrophe, la révélation de secrets qui peuvent avoir eu lieu dans une autre vie (celle des ascendants par exemple), il faut préserver l'ignorance (ou nescience).

Dans toutes les civilisations, la croyance selon laquelle les esprits des morts pouvaient revenir hanter les vivants a existé. Institutionnelle ou marginale, cette croyance n'affecte que certains défunts prédestinés à la hantise : ceux qui, de leur vivant, ont été frappés de quelque infâmie. Un revenant ne hante ses descendants que s'il a été victime d'un refoulement familial ou social, si avec lui on a tenté d'enterrer un fait inavouable. La perte de l'objet ne suffit pas. Il faut encore qu'un fantasme ait pu passer de l'inconscient d'un parent à celui d'un enfant. Le fantôme fonctionne comme un étranger, un ventriloque, qui se tient à l'écart de la structure du sujet et de ses symptômes. L'idée de briser le secret fait horreur. Le fantôme n'est pas une source du dire, c'est une lacune dans le dicible. Il ne témoigne pas du refoulement du sujet lui-même, mais de celui d'un mort. Silencieux, souvent ignoré, associé à des mots occultés (les maîtres-mots de l'histoire familiale) travestis en allosèmes, il se manifeste par des actes incompréhensibles qui peuvent être isolés ou bien envahir tout l'esprit du sujet. Il ne peut être éjecté que comme un corps étranger, bizarre.

---

 

 

Au-dessus de Daphnis et Chloé, peinture de Pierre Puvis de Chavanne, on peut lire l'exergue du Séminaire de Nicolas Abraham de 1974-75 intitulé "L'unité duelle et ses vicissitudes en clinique psychanalytique, dans la socialité humaine et dans les activités symbolisantes". Il ne subsiste de ce séminaire que quelques notes. Nicolas Abraham est mort à Paris le 18 décembre 1975, des suites d'une opération à coeur ouvert qui avait eu lieu au début de l'année.

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
 
 
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

AbrahamNico
HantiseSecret

EE.LEE

DerridaSpectre

TD.LKK

UFantome

Rang = MFantome
Genre = MR - IA