Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Régime moderne de l'écoute                     Régime moderne de l'écoute
Sources (*) :              
Peter Szendy - "Ecoute, une histoire de nos oreilles", Ed : Minuit, 2001, p101

 

Edison et son phonographe (1878) -

L'invention par Edison, en 1877, du phonographe, premier appareil capable de reproduire la voix parlée, a contribué à élargir la "juridicisation" du sonore

   
   
   
                 
                       

Pour l'acquérir, cliquez

sur le livre

 

Les appareils de reproduction mécanique du son ont une longue histoire. Il y a eu les orgues hydrauliques de l'Antiquité, les cylindres et boîtes à musique, l'antiphonel d'Alexandre François Debain (planchettes actionnées avec une manivelle, 1846), les pianos mécaniques, les tableaux et horloges à musique, les orgues de Barbarie, etc... De nombreux compositeurs et éditeurs ont vécu ce développement comme une menace. Ils ont critiqué la qualité, selon eux médiocre, l'harmonie, altérée, les arrangements - mauvais, les mélodies monotones et répétitives dont le public ne pouvait que se lasser. Ils se sont crus dépossédés par le succès de cette machinerie, ils ont dénoncé ce qui était pour eux une contrefaçon. Ils ont fait appel aux juges, qui se sont demandé si ces machines correspondaient à une forme d'écriture qui aurait concurrencé l'édition traditionnelle, protégée par le code pénal et la loi du 19 juillet 1793.

Mais c'était sans compter les pressions du principal producteur d'instruments mécaniques, la Suisse. Pour protéger cette industrie qui ne cessait d'inventer de nouvelles techniques (le pianola, le mélographe, le mélotrope), entre 1866 et 1917, un principe de libre reproduction sonore a été institué. Les cartons perforés ne constituant pas une édition, n'étant pas assimilables à une notation musicale mais seulement à une sorte de langage-machine, elles ne tombaient pas, selon la loi sur les instruments mécaniques de 1866, sous le coup du droit d'auteur. C'était très contestable, car après tout cette notation est aussi une écriture, mais cette écriture n'étant pas visible, elle n'était pas considérée comme telle.

L'invention du phonographe (ou gramophone) par Edison en 1977, liée à celle du télégraphe et du téléphone, introduit un élément tout à fait nouveau : il reproduit la parole elle-même. Les cylindres, rouleaux et cartons perforés ne pouvaient pas saisir la voix, tandis que le phonographe était capable de reproduire n'importe quel son. En 1905, les juges ont considéré qu'un phonographe, instrument parlant, prenait la place d'un interprète, et qu'en conséquence son enregistrement était une contrefaçon - mais la reproduction de la musique seule restait autorisée (pas pour longtemps).

 

 

Alliée à la téléphonie, la phonographie peut être transmise à distance. La reproduction de l'oeuvre n'est plus simplement privée, mais devient publique. C'est le droit de représentation qui s'applique. Les techniques qui facilitent la dépossession de l'auteur conduisent ainsi, de manière ambivalente, à une réaffirmation de son autorité.

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
 
 
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

szendy
EcouteModerne

IJ.LIJ

WPhonographeDroit

Rang = SPhonographeDroit
Genre = MR - IA