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Régime moderne de l'écoute                     Régime moderne de l'écoute
Sources (*) :              
Peter Szendy - "Ecoute, une histoire de nos oreilles", Ed : Minuit, 2001, p108

 

Stravinsky, Diaghilev et Bakst en 1915 -

Avec la reproduction mécanisée de la musique, l'autorité de l'auteur est affirmée et ébranlée; l'oeuvre reproduite est un écho spectral de son nom, et aussi une dépossession

   
   
   
                 
                       

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Les déboires de Stravinsky autour du Sacre du Printemps et de l'Oiseau de feu témoignent de cette ambiguité.

- Stravinsky, lui-même habitué aux citations et emprunts à d'autres compositeurs, compose en 1911 l'Oiseau de feu commandé par Diaghilev.

- la révolution soviétique lui fait perdre la propriété juridique de son oeuvre (car l'URSS n'a pas signé les conventions internationales sur la propriété artistique)

- en 1918-19, il compose une nouvelle version pour se réapproprier l'oeuvre, mais n'y parvient pas, en raison d'un litige entre son éditeur et un représentant à l'étranger.

- en 1936, sa musique est utilisée et déformée sans son autorisation pour un film de la Warner, qui porte le titre L'Oiseau de feu.

- en 1938, Disney utilise sans autorisation Le Sacre du printemps pour le dessin animé Fantasia. La musique est largement remaniée et Stravinsky, qui n'est pas protégé aux Etats-Unis, ne peut rien faire.

- en 1945, devenu citoyen américain, il écrit une nouvelle suite de l'Oiseau de feu et la vend à un éditeur. Mais celui-ci autorise, pour le marché des juke-box, un arrangement désavoué par Stravinsky, qui est encore dépossédé.

C'est ainsi que cet homme, qui aurait souhaité contrôler les reproductions pour éviter les déformations, a perdu l'autorité sur une partie, non négligeable, de son oeuvre.

Avec la reproduction mécanique [ou électronique] de la musique, un compositeur peut directement contrôler tous les détails de l'interprétation. La musique qu'il signe est reproduite exactement comme il l'aura voulu. Mais cette reproduction est aveugle, industrielle. La musique pourra être répétée autant de fois qu'on le voudra, jouée n'importe où [voire pillée]. D'une part, l'auteur affirme son autorité, sa propriété intellectuelle et marchande sur l'oeuvre; mais d'autre part, il en est dépossédé.

 

 

Stravinsky, Diaghilev et Léon Bakst, avec une femme inconnue (Suisse, 1915).

 

 

 


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