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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
L'absurde                     L'absurde
Sources (*) : Albert Camus               Albert Camus
Albert Camus - "L'homme révolté", Ed : Pléiade, 1951, p419

 

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[L'absurde est l'équivalent, sur le plan de l'existence, du doute méthodique : il laisse dans l'impasse, dans le déchirement de la vie]

   
   
   
                 
                       

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Vers 1950, Camus reprend dans L'Homme révolté la méditation qu'il a entamée vers 1936 avec Le Mythe de Sisyphe. Entre-temps, il y a eu la seconde guerre mondiale et ses massacres. Devant un sentiment aussi insaisissable que l'absurde, il s'interrogeait sur le suicide; à présent, devant les idéologies, il s'interroge sur le meurtre. S'il n'y a plus de sens ni de valeur, si tout est possible et si rien n'a d'importance, si rien n'est ni vrai ni faux, ni bon ni mauvais, alors la vie humaine n'est plus qu'un enjeu, le monde n'est plus partagé en justes et injustes, mais en maîtres et esclaves.

Mais l'analyse absurde n'est pas indifférente à l'acte de tuer. Pour s'exposer à "la confrontation désespérée entre l'interrogation humaine et le silence du monde", il faut une conscience vivante. Le nihilisme absolu, indifférent à la vie, culmine dans le suicide collectif qui veut entraîner tout un monde avec lui dans la destruction (comme les suicides hitlériens de 1945). Au contraire, le suicide solitaire ne se connaît aucun droit sur la vie des autres.

L'absurde de Camus ne conduit ni au suicide, ni au meurtre. C'est un passage vécu, un point de départ, une liberté. Vivant sur la contradiction, il ne peut pas conduire au passage à l'acte. L'absurdité parfaite serait muette; mais l'absurdité de Camus s'exprime. Comme règle de vie, elle n'est pas complaisante, mais exigeante. Elle ne renonce pas. Ce n'est pas une émotion désespérée, c'est un cri auquel on peut répondre par la conscience, la révolte ou encore mieux : la création. Même Sisyphe, pris dans une tâche absurde, a pu choisir de la mépriser et de ne souvenir que de la joie.

 

 

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Propositions

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Le sentiment de l'absurdité est insaisissable; il peut frapper n'importe où, à la face de n'importe qui

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Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : le suicide

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L'absurde n'est ni dans l'homme, ni dans le monde, mais dans leur présence commune - et c'est là qu'il faut vivre

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La vie sera d'autant mieux vécue qu'elle n'aura pas de sens - si l'on répond à l'absurde par la conscience et la révolte

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La seule liberté que je connaisse est celle de mon expérience individuelle : la liberté d'esprit et d'action - à condition qu'elle ne m'enferme pas dans une échelle de valeurs

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La création est la joie absurde par excellence; l'oeuvre d'art est inutile, elle ne fait retentir qu'un secret stérile, ne fournit aucune réponse et ne propose pas d'avenir

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"Il faut imaginer Sisyphe heureux"; car en ayant conscience d'accomplir toujours la même tâche, il peut choisir de mépriser la tragédie, de se souvenir de la joie

 

 

 


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