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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
                   
Sources (*) :              
Maurice Blanchot - "Le livre à venir", Ed : Gallimard-Folio, 1959, p18

 

Les Sirenes (Gustave Moreau) -

Un récit est l'approche d'un événement qui, comme le chant des Sirènes pour Ulysse, est toujours passé, et toujours encore à venir

   
   
   
               
                       

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Quelle est la nature du chant des Sirènes? Pourquoi est-il si puissant, si enchanteur, et pourquoi disparaît-il sans même qu'on l'ait entendu? Selon Maurice Blanchot, elles ne chantent pas encore, elles conduisent vers un espace où le chant est à venir. C'est un chant insolite, inhumain, très bas, au bord de la chute - qui reproduit en secret la parole usuelle des hommes. Une fois ce lieu atteint, les oreilles se ferment, il n'y a plus qu'à disparaître.

Le chant est destiné à des navigateurs. Soit ils croient (par erreur) avoir atteint leur but, soit ils l'ont déjà dépassé. Il porte une promesse énigmatique qui brûle tout accès au chant et expose les marins à être infidèles à eux-mêmes. Et pourtant les Sirènes sont vaincues. Blanchot compare leur chant à un récit, un roman. Le récit est une navigation, une exploration dont le but n'est pas donné à l'avance. Il change sans cesse de direction, il va comme au hasard. Indifférent à la vérité habituelle, il fait du temps humain un jeu sans utilité, il ne relate pas un événement, il est l'événement même, l'approche de cet événement à venir. Il va vers un point inconnnu, ignoré, impérieux, qui ne devient attirant que par le mouvement du récit. Ulysse n'entre en rapport avec la voix du gouffre que dans le récit d'Homère; ce récit produit ce qu'il raconte - comme si Adam, pour être créé, avait du prononcer lui-même le Fiat lux divin.

Ulysse arrive dans un détroit sicilien, à moins que ce ne soit près de l'île de Capri. La magicienne Circé le met en garde : de redoutables créatures, les sirènes (des oiseaux à tête de femme) séduisent les marins par la douceur de leur voix, leur font tout oublier, et les navires se brisent sur les récits. Ulysse, le rusé, fait couler de la cire dans les oreilles de ses marins pour qu’ils ne puissent pas entendre les sirènes. Pour pouvoir les entendre lui-même, il se fait attacher au mât du navire. S'il demande à être détaché, les marins doivent serrer les liens encore plus fort. Son stratagème réussit. Il peut écouter leur chant sans se précipiter vers elles malgré la tentation. Il est possible qu'à la suite de cette humiliation, les sirènes se soient suicidées de dépit en se jetant dans la mer du haut de leur rocher.

 

 

Le récit donne la parole au temps. Il rend présente une expérience qui n'appartient à aucun présent, qui "détruit même le présent où elle semble s'introduire". Il ouvre un mouvement infini où la rencontre commence à avoir lieu, où prend naissance la parole qui pourrait prononcer la rencontre. Quand s'accomplit le temps propre du récit, le rapport au temps est bouleversé, transformé.

 

 

 


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