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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
                   
Sources (*) :              
Maurice Blanchot - "Le livre à venir", Ed : Gallimard-Folio, 1959, pp33-34

 

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L'oeuvre proustienne est construite comme une sphère en mouvement, faite d'instants toujours en devenir, qui tournent inlassablement autour d'un point central

   
   
   
                 
                       

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Il y a, dans l'oeuvre proustienne, une intrication merveilleuse de toutes les formes du temps. L'événement évoqué appartient-il au temps du récit, à celui du souvenir, à la vie réelle? Entre le temps de la mort et de l'oubli (celui de la destruction), le retour du souvenir comme fait réel, qui a lieu à nouveau, ou un autre monde hors du temps, qui abolit le temps, il semble qu'un point d'origine, fabuleux, déjà là quoique encore à venir, soit toujours reconduit. Par le vagabondage du récit, ces moments incompatibles coïncident. Le temps s'éprouve comme espace vide, pur, où se disposent des événements en une simultanéité fascinante.

Proust expérimente une structure originale du temps qui se rapporte à la possibilité d'écrire. Quand ce n'est plus le Proust réel qui parle, ni le Proust écrivain, mais un narrateur devenu "personnage" du livre (un être séparé de lui-même, dépouillé de soi) lequel dans le récit écrit un récit qui est l'oeuvre elle-même., alors c'est le temps qui se met à écrire. En un même point fabuleux coïncident le passé, le présent et aussi l'avenir (celui de l'oeuvre). En ce temps imaginaire, un être imaginaire, une image errante s'expose. Le présent du récit recommence un passé qui s'ouvre à un avenir qui toujours revient, une autre fois, en un autre lieu, sans que l'on puisse assister du dehors à cette transformation.

L'originalité du Temps retrouvé par rapport à un texte antérieur comme Jean Santeuil, c'est que certains "instants", peints comme des scènes, expriment le mouvement de la métamorphose du temps. L'oeuvre se meut vers elle-même dans un espace comparable à l'épaisseur de la sphère. La sphère tourne lentement, comme les courbes lentes du texte, elle peut se renverser (ce qui est en haut peut devenir l'enfer, et le nihilisme devenir bénéfique). De la sphère à son centre, les instants passent et repassent, de l'irréalité à la profondeur, de la surface au centre secret. L'oeuvre grossit, s'épaissit par surabondance, par introduction d'éléments "impurs" (matériaux divers, dissertations, commentaires), elle accède à cette durée imaginaire qui est sa substance même.

 

 

Dans le temps pur proustien, la durée ne peut jamais être linéaire, elle ne se réduit pas aux événements, elle s'étire dans le temps, entraînée par un lent mouvement sans repos. Ainsi certains épisodes sont-ils vécus et revécus, "non comme de purs moments, mais dans la densité mouvante du temps sphérique". Plus elle s'attarde, plus l'oeuvre se rapproche d'elle-même. Plus Proust se rapproche de la mort, plus il lutte par un travail sans cesse repris contre le temps destructeur (celui de la guerre).

 

 

 


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