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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Traduire, c'est témoigner                     Traduire, c'est témoigner
Derrida, la poésie               Derrida, la poésie
Marc Crépon - "Penser avec Jacques Derrida (Rue Descartes n°52)", Ed : PUF, 2006, pp36-37

 

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Derrida, la traduction

[Traduire un poème, c'est témoigner d'une rencontre, d'une éthique du rapport à l'autre, où chaque fois s'invente un nouvel idiome, unique]

Derrida, la traduction
   
   
   
Tu traduiras dans ton idiome Tu traduiras dans ton idiome
Le "corpus" derridien, indissociable de la vie               Le "corpus" derridien, indissociable de la vie    
Derrida, "peut - être"                     Derrida, "peut - être"    

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Jacques Derrida ne s'est risqué à proposer lui-même des éléments de traduction d'un poème de Paul Celan que dans un seul texte, Poétique et politique du témoignage (paru dans le Cahier de l'Herne, 2004). Certes ces éléments ne sont pas signés, et en outre ils ne sont que partiels [peut-être pas au hasard, comme on le montre ici], mais ils sont effectivement intercalés dans le texte. Traduire est un pari, une gageure impossible, une responsabilité que Derrida évite en général, préférant ne pas traduire, ou citer les traductions des autres. Mais dans ce cas, dit Crépon, c'est une rencontre particulière qui a eu lieu, une rencontre à propos du témoignage, de ce que témoigner veut dire. Personne / ne témoigne pour le / témoin dit le poème Aschenglorie (dernière strophe, traduite par Jean-Pierre Lefebvre). Et pourtant Derrida, en décidant de traduire, se pose lui aussi, à sa façon, en témoin.

Un témoignage ne prouve rien, il ne vaut que pour celui qui lui accorde sa foi. Il implique pour ce dernier un engagement, un acte - singulier et irremplaçable, l'acceptation d'un serment qui le lie au témoin.

"Ce serment (sacramentum) est sacré; Il marque l'acceptation du sacré, l'acquiescement à l'entrée dans un espace saint et sacré du rapport à l'autre" (Jacques Derrida, Cahier de l'Herne 2004, p531).

Selon Marc Crépon, ce qui s'ouvre dans cet espace est "l'impossible possibilité, inouïe, d'une autre éthique", une éthique du rapport à autrui. Avec cet engagement dans une tâche, une responsabilité, avec cette acceptation du devoir de traduire, s'ouvrirait pour Derrida la possibilité d'un partage qui ne serait pas le partage du secret (impossible), mais l'expérience d'une rencontre. Ce mot, qui n'est pas utilisé une seule fois dans le texte de Derrida, c'est Marc Crépon qui l'introduit. D'un côté, on ne peut pas traduire un poème dans la même langue, mais d'un autre côté, c'est le poème lui-même qui appelle plus d'une traduction, dans une autre langue ou dans d'autres langues. S'il y a rencontre, elle ne peut se produire que dans ces autres langues, mais il faut qu'elle se produise.

"Il faut reconnaître l'impossibilité de traduire dans une langue autre les mots du témoin. Il faut assumer l'irréductibilité de l'idiome poétique, c'est-à-dire son impossible traduction intralinguale autant qu'interlinguale. Il faut se plier à l'invention d'une langue intraduisible pour rendre compte de la rencontre singulière d'un poème. Il le faut, dès lors que la poésie, comme témoignage, autant que le texte qui témoigne de sa rencontre sont liés, comme le rappelle Derrida, "à une singularité et à l'expérience d'une marque idiomatique, par exemple d'une langue" (Traduire, témoigner, survivre, Rue Descartes 52, p32).

Nul ne peut témoigner à la place du témoin, mais le témoin exige que le lecteur traduise ce que lui, le témoin, a vu et entendu. C'est son testament, ce qui survivra de lui après sa mort ou après l'événement de son témoignage. De ce qu'il a vécu, ce qu'il a vu (son secret, sur lequel il garde le silence), il ne reste que des traces. Nul ne pouvant se substituer à lui, car nul autre que lui n'a vécu ce qu'il a vécu, le lecteur ne peut témoigner que de sa rencontre avec lui. Mais il a le devoir d'en témoigner, un devoir éthique. Comme le disait Walter Benjamin, le texte exige d'être traduit. Il faut que, en répondant à l'appel du témoin, le lecteur atteste d'une survie possible.

Sans rentrer dans la discussion sur l'espace saint et sacré du rapport à l'autre, pour laquelle Marc Crépon renvoie à Lévinas et Heidegger, on peut dire qu'on ne peut faire survivre une oeuvre ou en hériter qu'en témoignant, aussi, d'une éthique du rapport à l'autre.

 

 

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Propositions

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On ne peut partager ni prouver un secret : le témoin est seul, irremplaçable, nul ne peut témoigner pour lui

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Tout témoignage responsable engage une expérience poétique de la langue

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Chaque adresse à l'autre est un témoignage, un testament : seul l'autre peut assurer, par serment, la garde d'un secret qu'il ignore

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Tout poème parle du témoignage : ce qui parle en lui est la solitude et le secret du témoin, qui s'adresse à l'autre en gardant le silence

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La question du témoignage (testimonium) n'est autre que celle du testament (testamentum) : survivre avant et au-delà de l'opposition entre vivre et mourir

- Roland : Tout poème, toute oeuvre digne de ce nom porte un secret. Pour le traduire, il n'y a pas d'autre possibilité que de produire un autre secret qui témoigne de la puissance à l'oeuvre, plus puissante encore que le sens, dans le poème initial. D'un témoignage à l'autre, d'un texte à l'autre, d'une expérience à l'autre, d'un serment à l'autre, c'est chaque fois une autre rencontre qui passe (se passe).

- Pascual : C'est ce que Derrida, ailleurs, appelle une contre-signature.

 

 


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