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DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, bénédiction, malédiction                     Derrida, bénédiction, malédiction
Sources (*) : Derrida, jugement, décision               Derrida, jugement, décision
Jacques Derrida - "Béliers. Le dialogue ininterrompu : entre deux infinis, le poème", Ed : Galilée, 2004, p32

 

Benedicta (Paul Celan) -

L'oeuvre porte le monde de l'autre

Jamais une bénédiction n'est acquise d'avance; on ne peut pas compter sur elle, elle reste toujours improbable, retenue

L'oeuvre porte le monde de l'autre
   
   
   
               
                       

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Dans Béliers, Jacques Derrida cite deux poèmes de Paul Celan en rapport avec la bénédiction. Le premier, mentionné par Gadamer, est très court. Le voici :

 

DES CHEMINS DANS LES STRIES D'OMBRES

de ta main

 

Du sillon des quatre doigts

j'extorque en fouissant

la bénédiction pétrifiée.

 

(Poème publié en français dans La Renverse du Souffle, p16, traduit par Jean-Pierre Lefebvre).

 

Derrida ne cite qu'un seul vers du second, dont le titre est Benedicta. Je l'ai reproduit ci-contre dans son intégralité, dans la traduction de Martine Broda. Voici le commentaire qu'en fait Derrida :

"La main bénissante donne ainsi à lire, mais elle appelle aussi à lire ce qu'elle dérobe à la lecture. Elle donne et soustrait à la fois le sens du message, elle retient la bénédiction même. Comme si une bénédiction d'avance acquise, une bénédiction sur laquelle on peut compter, une bénédiction vérifiable, calculable, décidable n'était plus une bénédiction. Une bénédiction ne doit-elle pas toujours rester improbable?" (Derrida, Béliers, p32).

 Si l'on compare les motifs du texte de Derrida et les textes des deux poèmes, on note un déplacement. Pour Derrida, on peut dire d'une bénédiction qu'elle se lit. S'appuyant sur l'herméneutique gadamérienne, il la qualifie de scène de lecture (p33), Dans cette scène, ce n'est pas la bénédiction en tant que telle qui se donne, la bénédiction même, c'est une bénédiction décalée, absente, qui provoque une aventure, un renversement, une subversion. Comme une oeuvre, elle ne se donne pas facilement, il faut l'extorquer, fouiller, creuser, aller la chercher. Dans le sillon des quatre doigts, dans l'ombre de la main, elle est cachée, repliée, elle se dérobe, et pourtant il faut la lire. Si elle se donnait d'elle-même ou si on pouvait en bénéficier par calcul [ou par ruse], il s'agirait d'autre chose, de commerce ou de compensation. Mais on ne peut questionner une bénédiction que si elle est indécidable. Comme une oeuvre, elle est accordée à l'autre, mais la main qui l'accorde reste à la fois ouverte et pliée. Comme le poème, qui témoigne en manifestant l'impossibilité de témoigner, la main bénissante se dérobe au moment même où elle bénit. On ne peut ni prouver qu'elle a été donnée, ni exclure la possibilité qu'elle n'ait jamais été donnée, ou qu'elle ait été retirée.

Traduction de Martine Broda, dans La rose de personne.

 

 

"La bénédiction du poème : ce double génitif dit bien le don d'un poème qui à la fois bénit l'autre et se laisse bénir par l'autre, le destinataire ou le lecteur. Mais cette adresse à l'autre n'exclut pas la réflexion auto-référentielle : il est toujours possible de le dire, le poème parle de lui-même, de la scène d'écriture, de signature et de lecture qu'il inaugure. Cette réflexion spéculaire et autotélique ne se ferme pas sur elle-même, elle est simultanément, et sans retour possible, une bénédiction à l'autre accordée, une main donnée, à la fois ouverte et pliée" (Derrida, Béliers, p33).

Le texte lui-même, selon Derrida, est une main bénissante dont Gadamer reconnaît et respecte l'indécision (p37). Si la bénédiction se pétrifiait, ce ne serait plus une bénédiction; et si le poème décidait "de la question de savoir qui est ici le "Tu"", ce ne serait plus un poème.

- Scripteur : Il est une signification des quatre doigts mentionnés dans Des chemins dans les stries d'ombre que ni Gadamer ni Derrida ne citent, car probablement ils l'ignoraient [peut-être Paul Celan lui-même l'ignorait, ce qui ne change rien]. C'est la bénédiction du Cohen, qui se fait avec deux fois deux doigts écartés, comme les quatre doigts de Soutine peints par Modigliani. L'allusion aux quatre doigts dans Des chemins dans les stries d'ombre indique peut-être que Celan n'était pas étranger à ce type de problématique. Mais quoiqu'il en soit, ces doigts éteints marquent, dans le contenu même du poème, le lien indissociable entre l'oeuvre et la bénédiction. Dans Qui suis-je et qui es-tu?, Gadamer insiste sur ces quatre doigts (Derrida le cite dans Béliers pp34-35). Il y découvre entre les lignes de la main (ces lignes que certains interprètes sont capables de lire), la main pliée et réunie en une unité, c'est-à-dire, analyse Derrida, à la fois ouverte et pliée. C'est le poème lui-même qui est à la fois ouvert et fermé, comme une image ou un tableau.

 

 


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