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TABLE des MATIERES :

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 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Le "corpus" derridien, indissociable de la vie                     Le "corpus" derridien, indissociable de la vie
Sources (*) : Un concept d'oeuvre de Jacques Derrida               Un concept d'oeuvre de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 16 septembre 2013 L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire

[L'"oeuvre" derridienne tire sa dynamique de ses bords, là où le "corpus" est indissociable de la vie, là où les règles d'écriture sont travaillées par des apories]

L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire Autres renvois :
   

Le concept d'oeuvre, présentation

   

Derrida, l'art, l'oeuvre

   
Oeuvre, arrêt, différance Oeuvre, arrêt, différance
                 
                       

Selon qu'on qualifie « ce qui reste » de Jacques Derrida de corpus ou d'œuvre, dit-on la même chose ? Je répondrai par une hypothèse : entre le corpus et l'oeuvre, ce serait le biographique qui opérerait différemment. Dit autrement, la distinction entre le corpus et l'oeuvre pose une question d'auto-biographie, c'est-à-dire d'auto-affection de la vie. Par rapport au corpus ou par rapport à l'oeuvre, ce n'est pas du même rapport à la vie qu'il est question. Il faut prendre au mot Jacques Derrida et se tenir à l'écart de ce qu'il dit vouloir faire, des intentions qu'il affirme. Ce que "fait" son corpus s'est déjà, depuis toujours, détaché de lui. Il (le corpus) invite à inventer, chaque fois, le signataire de sa mise en oeuvre. Il (le corpus) agit, il intervient dans la vie, performativement.

Cela se traduit par une série d'apories :

 

1. Un autobiographique insistant, mais toujours en retrait.

cf : L'autobiographie derridienne, c'est ce qui aura fait qu'elle n'aura pu être faite : un retrait du "biographique", ce lien introuvable, cette mère, ce réceptacle.

 

2. Une œuvre théorique, mais soigneusement datée et signée.

On connaît le soin avec lequel Jacques Derrida a conservé tous les documents, tous les écrits et toutes les traces de sa « vie », en les datant, les signant, les déposant dans des archives. Cette extrême attention peut être considérée comme un souci typiquement philosophique de transformer des traces illisibles en documents lisibles. Mais c'est aussi une façon de faire venir de l'hétérogène, du vivant, dans le texte.

 

3. Un rapport ambigu au savoir académique

Cette oeuvre, qui tend à récuser le savoir comme valeur, est aussi le lieu, presque inépuisable, d’une impressionnante érudition. D’un côté, on trouve dans le corpus des affirmations d’une extrême radicalité sur la philosophie (dont il faut casser les oreilles ou creuser la structure de tympan), l’université (ce système de censure qu’il faut déstabiliser, désorganiser) ou la raison (ce dispositif circulaire auquel il faut préférer le battement de paupières de la pensée). Mais d’un autre côté, la quasi-totalité du corpus s’inscrit dans la philosophie, l’université ou la tradition des Lumières. Ce qui est rejeté en-dehors de l'oeuvre revient massivement.

 

4. Une œuvre qui incorpore ses bords en les travaillant méthodiquement.

Jacques Derrida ne cesse de jouer sur la présentation et l’organisation interne de ses livres : texte sans préface ou composé uniquement d’une préface (ou d’un post-scriptum), juxtaposition de plusieurs textes hétérogènes, textes composés d’un nombre symbolique de paragraphes renvoyant à un aspect de la thèse envisagée, etc. Cette façon de faire, non dénuée d’humour, fait signe à ce qu'il appelle le Hors livre. Mais qu'est-ce exactement que ce "Hors livre"?

Parmi les bords, il y a celui qui sépare l'"oeuvre" de "la vie". Jacques Derrida explique que ce bord-là n'est pas neutre, il est porteur d'une force, d'une dynamique. N'étant pas indivisible, il bouge, il déplace, il est déplacé, il est pris par le mouvement de la différance. La question de la biographie d'un auteur (ou de son autobiographie) se pose à partir de ce bord instable où l'oeuvre n'est jamais indépendante de la vie, ce parergon qui continue à se transformer bien après la disparition de l'auteur. S'il y a un concept d'oeuvre chez Derrida, il est inséparable de ce bord.

S’il n’y a pas de hors-texte, d’autres extériorités, non prévues, opèrent et viennent enrichir, autrement, le concept d’œuvre.

 

5. Une suite de « coups » - non dépourvus de préméditation

A propos d'Antonin Artaud in Artaud le Moma (conférence de 1996 publiée en français en 2002), Jacques Derrida développe la problématique du "coup". S'il s'est autant soucié d'Artaud, c'est peut-être parce que son œuvre à lui (Derrida) est porteuse de la même ambigüité. Chacun de ses textes est un acte de jeu, un coup (de pied) dans la fourmilière de la philosophie. Ce coup n'est pas jeté au hasard. Il est rigoureusement calculé, et pourtant ses effets sont imprévisibles (incalculables). On peut en dire autant (1) du concept d'œuvre, (2) du corpus derridien en tant qu'il ne cesse de s'auto-affecter, de s'auto-détruire, (3) des difficultés de lecture ou des attaques des universitaires qui ont cherché à l'exclure ou à l'expulser hors du champ académique (mais notons que, au final, ils n'y sont pas parvenus).

 

6. Une adresse généralisée à la singularité de l’autre

Quel que soit le thème de son discours, Jacques Derrida désire toujours s’adresser, en premier lieu, à la singularité de l'autre. Cela vaut pour la justice, le don, le pardon, l'hospitalité, etc... Chaque fois que la déconstruction est engagée, dit-il, elle s'inscrit dans cette pensée de la singularité (une certaine date, un certain idiome, une conjonction particulière, un schibboleth, un mode de survie lui-même absolument singulier). Toute œuvre digne de ce nom, qu'elle soit graphique, philosophique ou poétique, est soumise à ce traitement.

 

7. Une œuvre qui tend à contrôler absolument la trace qu’elle laisse venir

Comme on l’a vu, laisser venir la trace est une nécessité structurelle, une contrainte interne de l’écriture, et aussi une injonction éthique, voire politique. Dans sa pratique d’écriture, Jacques Derrida ne tend-il pas à soumettre tout son corpus à son intention initiale ? Y a-t-il quelque chose qui échappe à sa maîtrise ? D’un côté, on pourra répondre que, structurellement, son « vouloir-dire » est mort et enterré. Mais d’un autre côté, tout le corpus s’organise autour d’une implicable rigueur théorique.

Cela conduit à rechercher l’ « autre trace », où toute cohérence, y compris aporétique, finit par faillir; où toute archive résiste.

 

8. Une « valorisation » d'un secret toujours encrypté

Derrida affirme le principe éthico-herméneutique selon lequel un secret doit rester indéchiffrable, mais :

a. il invite avec insistance (et s’invite lui-même) à le déchiffrer (« invitation » devant être ici pris au sens de la visitation inconditionnelle).

b. Il en fait une valeur. N’introduit-il pas une nouvelle hiérarchisation entre ce qu’il faut respecter (car cela relève du secret) et ce qu’on a le « droit » d’interpréter (ce qu’il n’hésite jamais à faire y compris lorsqu’il lit des poèmes) ? Un critère d’ « ovralité » (si l’on peut oser ce néologisme). N’est œuvre que celle qui ne trahit pas le secret pourrait s’ériger en nouvelle prescription, en nouveau critère d’appartenance au champ de l’art.

 

9. Une œuvre aporétique, mais rigoureusement structurée

Dans la logique de la déconstruction, les « exigences » du concept d’œuvre sont aporétiques. Elles engagent dans des séries de doubles injonctions qui entretiennent la déconstruction. On retrouve cette exigence dans le corpus derridien - autre critère qui pourrait donner lieu à un nouveau genre de classement hiérarchique. L’aporétique ouvrirait alors à un nouveau classicisme.

 

10. La tâche derridienne : « Je dois » faire une œuvre.

Au fond, que veut faire Jacques Derrida? Quelle tâche s'impose-t-il à lui-même [et à nous par la même occasion]? On pourrait dire : "Tu dois faire une oeuvre", si cet impératif lui était spécifique. Mais il ne l'est pas. "Tu dois faire une oeuvre" est une injonction qui s'impose à tout philosophe, même s'il n'a rien écrit ni rien laissé à la postérité. C'est même peut-être la seule injonction qu'aucun philosophe ne peut refuser de prendre à son compte. L'originalité de Jacques Derrida n'est pas là. Elle est dans l'extension pour laquelle il milite ("extension" est un terme largement utilisé dans "Du droit à la philosophie"), une extension qui s'étend à tous (comme la supplémentarité s'étend au supplément), à toutes les époques et à tous les champs. S'il faut déconstruire, c'est pour qu'aucun critère de légitimité ne limite le "Tu dois faire une oeuvre". Puisque tu dois faire une oeuvre (au sens du concept d'oeuvre), c'est que tu dois laisser opérer la différance de l'autre.

Ce n'est pas Jacques Derrida (la personne) qui m'invite à faire une oeuvre, c'est son corpus.

 

11. Une promesse inouïe qui, malgré tout, en engage plus d'un.

L'oeuvre derridienne se veut performative à sa manière spécifique, "tout autre". Ce qu'elle promet singulièrement, la déconstruction, elle ne le maîtrise pas. Le simple fait que je sois actuellement en train d'écrire ce texte m'engage auprès d'elle.

Le corpus de Jacques Derrida invite chaque lecteur à inventer la signature avec laquelle il mettra, lui aussi, en oeuvre son concept d'oeuvre

 

 

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Propositions

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Le corpus derridien ne se rassemble jamais en totalité; chaque lecture en invente et circonscrit les limites

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L'autobiographie derridienne, c'est ce qui aura fait qu'elle n'aura pu être faite : un retrait du "biographique", ce lieu introuvable, cette mère, ce réceptacle

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A la distinction entre "oeuvre", "avant-oeuvre", "hors-l'oeuvre" et "hors-la-loi de l'oeuvre", l'archive résiste

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[Par son oeuvre singulière, Jacques Derrida promet un événement qui en engage plus d'un à sa suite : la mise en oeuvre d'une performativité inouïe]

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[Traduire un poème, c'est témoigner d'une rencontre, d'une éthique du rapport à l'autre, où chaque fois s'invente un nouvel idiome, unique]

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[La configuration des livres de Jacques Derrida est régie par un commandement : "Tu feras signe au Hors livre"]

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L'oeuvre d'un auteur (son corpus) et sa vie (son corps) sont traversées par la force et la dynamique d'un bord - qui n'est jamais indivisible

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[La querelle entre Giorgio Agamben et Jacques Derrida, ou : "Comment protéger les bords de l'oeuvre?"]

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Dans son oeuvre, Jacques Derrida utilise couramment le mot "oeuvre", avec des thématiques et sous des logiques qui évoluent avec le temps

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