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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Le "corpus" derridien, indissociable de la vie                     Le "corpus" derridien, indissociable de la vie
Sources (*) : Derrida, sur sa vie               Derrida, sur sa vie
Jacques Derrida - "Otobiographies, L'enseignement de Nietzsche et la politique du nom propre", Ed : Galilée, 1984, p41

 

Nietzsche (V. Ada mi, 1966) -

Derrida, le cadre

L'oeuvre d'un auteur (son corpus) et sa vie (son corps) sont traversées par la force et la dynamique d'un bord - qui n'est jamais indivisible

Derrida, le cadre
   
   
   
Derrida, le parergon Derrida, le parergon
               
                       

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Dès le début de ce texte intitulé "Otobiographie", Jacques Derrida annonce qu'il sera question d'autobiographie, de celle de Nietzsche et aussi de la sienne à lui. Il ne s'exprime pas à la personne du "nous" académique, mais à la première personne du singulier, "je" : "Je règle comme je peux un certain nombre de problèmes, avec vous et avec moi ou moi, et à travers vous, moi et moi, avec un certain nombre d'instances ici représentées. J'entends ne pas soustraire à l'exhibition ou à la scène la place que j'occupe ici". Il annonce qu'il va prendre un certain plaisir à une démonstration auto-biographique, et que cette démonstration ne va pas prendre le chemin académique, mais celui d'une autre écoute - celle qui passe, justement, par le plaisir.

Quelle écoute? Entre d'une part le système d'un philosophe, système mort, "thanatographique", à lire selon les normes légitimes de l'écrit, et d'autre part son nom, sa signature, sa "biographie", sa "vie", telle que peuvent la raconter certains "historiens" (à partir de la psychologie, de la sociologie, etc...), il n'y a pas selon Derrida une ligne de séparation, mais une bordure. S'il y avait une ligne, elle séparerait la vie empirique d'un auteur, avec son nom et ses accidents, de son oeuvre. Mais ce qui sépare l'oeuvre de la vie n'est pas un ligne indivisible, c'est un trait toujours divisible., et c'est ce trait, cette bordure (ni active ni passive, ni dehors ni dedans) qui sépare l'oeuvre de la vie, qu'il faut interroger.

 

 

Entre les deux corps ou corpus de l'oeuvre/vie, ce qui opère comme bordure est une "dynamis" : un bord doué d'une force, d'un pouvoir, d'une puissance virtuelle, mais un bord lui-même transformable, "divisible". Quand un auteur traite de la philosophie et de la vie avec son nom (ou ses noms) - et rares sont ceux qui le font : Nietzsche, et peut-être Kierkegaard ou Freud [ou lui-même, Derrida], il prend des risques singuliers pour ce qu'il a laissé signer.

 

 

 


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Derrida
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