Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, l'idiome                     Derrida, l'idiome
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 17 novembre 2013 Chaque oeuvre, unique

[Derrida, l'idiome]

Chaque oeuvre, unique Autres renvois :
   

Derrida, le secret

   
   
                 
                       

1. Dans l'idiome, "ça se déconstruit".

On associe souvent l'idiome à la singularité, à l'unicité d'un style inimitable et spécifique. Mais pour qu'il soit digne de ce nom, il faut encore autre chose. Il ne suffit pas qu'il soit unique, il faut encore qu'il soit le lieu d'une chose indéfinissable : la déconstruction.

cf : Chaque événement de déconstruction est singulier, au plus près possible d'un idiome ou d'une signature.

Un idiome qui s'identifierait à lui-même, qui n'ouvrirait pas à une déconstruction, qui ne se perdrait pas lui-même dans une exappropriation, serait-il encore digne de ce nom? S'il devient lisible, s'il se stabilise, s'il se répète, s'il parle par concepts et généralités, alors il efface sa signature. Pour survivre comme idiome, une langue ne doit-elle pas être porteuse de toutes les apories de l'oeuvre?

Lorsque, au début de La vérité en peinture, après avoir annoncé la phrase "Je m'intéresse à l'idiome en peinture" (sans révéler qui la prononce), Jacques Derrida s'interroge sur le vouloir-dire de cette phrase, il énumère quatre possibilités ou, comme il le dit, quatre traductions. Mais ce chiffre (quatre) n'est pas un simple nombre : c'est le chiffre de l'excès, du supplément, de la dissémination. Il y a quatre traductions comme il y en aurait trente-six : car si idiome il y a, il est l'ouverture de tout système à son dehors, il est ce qui, toujours, divise l'unité de ce trait qui prétend border l'oeuvre comme l'idiome.

"Ce qui fait au moins, si vous comptez bien, quatre hypothèses, mais chacune se divise, par greffe et contamination de toutes les autres, et vous n'en aurez jamais fini de traduire. Moi non plus. Et si vous vouliez patienter un peu en ces lieux, vous sauriez que je ne peux dominer la situation, ni la traduire, ni la décrire. Je ne peux pas rapporter ce qui s'y passe, le raconter ou le dépeindre, le prononcer ou le mimer, le donner à lire ou à formaliser sans reste" (Derrida, La Vérité en peinture, p5).

 

2. Reste.

L'idiome commence par ce qui, en lui, ne peut être ni dépeint, ni décrit complètement, ni dominé, ni lu, ni traduit, ni formalisé, ce reste imprononçable, aussi insaturable qu'un contexte, toujours encore réductible, qui se retire dès le départ et finit toujours par revenir, ce reste elliptique qui ne cesse de se diviser, qui revient comme autre, comme parasite. Le système de l'idiome, c'est qu'il parasite et qu'il peut toujours se laisser parasiter. En jouant des effets de vérité, il ouvre à l'abîme.

Freud a tenté de lire des idiomes, de les interpréter. Il a proposé pour cela toutes sortes de techniques, de méthodes, de codes ou de règles, mais, au final, il lui a fallu se rendre à l'évidence : le résidu idiomatique reste indéchiffrable.

 

3. Sans demeure.

Il ne faut pas confondre l'idiome avec la langue dite maternelle (qui est aussi paternelle). L'idiome habite dans cette langue, mais sans se confondre avec elle. Il est comme une autre langue dans la langue, proche et étrangère. Alors que la langue commune est "à demeure" (comme langue de la famille ou de la nation, elle a un lieu), l'idiome est sans demeure. Chacun de nous y habite dans une sorte d'illégitimité ou d'exil. On peut comparer cette étrange relation avec le rapport du yiddish à l'allemand : compréhensible, mais intraduisible.

 

4. Une tâche.

Inventer un idiome singulier, intraduisible, tout faire pour sauver sa singularité, dans la langue et dans l'image, c'est ainsi qu'on pourrait définir la tâche que Jacques Derrida s'est assignée, son souci, sa responsabilité, son projet. Mais il faudrait que cet idiome, en déconstruction incessante, reste la langue de l'autre, qu'il ne trouve d'équivalent dans aucune autre langue. Il faudrait se rendre à la langue de l'autre, mais avec l'intention de faire qu'elle n'en revienne pas.

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

L'idiome ouvre tout système à son dehors : il parasite la langue, il divise l'unité du trait qui prétend le border

-

[Chacun de nous a une langue pour demeure, mais cette langue, son idiome, est sans demeure]

-

La singularité d'une écriture témoigne d'un idiome, d'une autre langue à l'intérieur de la langue, une langue chassée de la langue

-

Un événement ne s'identifie jamais avec lui-même : il s'ex-approprie, se perd dans la répétition où il se rend lisible

-

Chaque événement de déconstruction est singulier, au plus près possible d'un idiome ou d'une signature

-

Le trait qui institue l'oeuvre, avec un dedans et un dehors, est toujours divisible; sa divisibilité - qui est aussi contraction, retrait - fait texte, trace, reste, et aussi idiome

-

Freud cherche à déchiffrer une "écriture originelle", mais ne trouve qu'un résidu idiomatique, irréductible, intraduisible, qui porte le poids de l'interprétation

-

"Tout faire pour sauver, dans la langue et dans l'image, la singularité de l'idiome intraduisible" - tel est le souci principal, la responsabilité à prendre

-

On peut lire chaque texte de Jacques Derrida comme le projet d'un "autre" concept de traduction : inventer un idiome singulier, par l'irruption imprévisible d'une "autre" langue

-

Je me rends à la langue - la mienne et celle de l'autre -, mais avec l'intention de faire qu'elle n'en revienne pas

-

Aucune demeure ne peut être assignée au yiddish, une langue inventée à même l'allemand, mais intraduisible dans cette langue si proche

logo

 

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
   
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Derrida
DerridaIdiome

AA.BBB

DerridaCheminements

ID.IOM

OeuvreUnique

BI.LLK

AM_DerridaIdiome

Rang = zQuois_Idiome
Genre = -