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Derrida, le pouvoir, le souverain                     Derrida, le pouvoir, le souverain
Sources (*) : Derrida, fable, récit               Derrida, fable, récit
Louis Marin - "La parole mangée, et autres essais théologico-politiques", Ed : Klincksieck-Boréal, 1986, pp81-82

 

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Dans la fable "Le loup et l'agneau", c'est l'agneau qui, par un acte de langage, fonde le loup comme souverain

   
   
   
                 
                       

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Cette fable juxtapose deux types d'énonciation :

- le fait, le donné objectif, la nécessité physique ou mécanique, la force;

- la valeur, la finalité éthique, l'obligation morale, le discours de justice.

Au lieu d'être tirée du récit, la morale le précède : La raison du plus fort est toujours la meilleure, Nous l'allons montrer tout à l'heure. Le texte se présente comme une démonstration d'un ordre posé au départ. Le plus fort est toujours le meilleur, dit-on, mais en quoi? Est-ce par l'absolu de la force, ou par le droit?

Les personnages se présentent comme des allégories éthiques : le bien, l'innocence (l'agneau) contre le mal absolu, la rage (le loup). L'agneau se situe du côté de la culture (la société civile) et le loup du côté de la nature. Mais si l'agneau est pur et le loup brutal, c'est aussi de facto, de nature (au-delà du bien et du mal). Les deux dimensions se croisent. La conclusion du récit est paradoxale : le fort (immoral) est moralement justifié, tandis que le faible (moral) est condamné. L'agneau étant sorti de l'espace domestique qui aurait dû rester le sien, il est saisi par l'espace sauvage du loup affamé. En s'y laissant englober, il accepte sa condamnation. Cette asymétrie ouvre un abîme insondable, celui d'une faute à l'origine du réel et de l'histoire.

En parlant, le loup entre dans la culture, tandis que l'agneau, par le fait même qu'il parle, perd son innocence. En affirmant son droit de propriété (mon breuvage), le loup l'interpelle doublement : il affirme sa force, mais il avance aussi un interdit juridique (ma possession). L'agneau ne conteste pas les présupposés du loup, qu'il appelle "Votre Majesté". En reconnaissant son droit à s'approprier la nature toute entière, c'est lui qui l'institue souverain autorisé. D'ailleurs il boit au-dessous du loup, en aval du ruisseau, ce qui revient à admettre la légitimité de la hiérarchie. Reconnu comme étant celui qui dit le droit, le loup peut lui imputer une faute qu'il n'a pas pu commettre (la médisance), il peut le rendre responsable d'une faute collective.

Mais il reste une dernière phrase assez étrange, prononcée par le loup : "On me l'a dit : Il faut que je me venge". Le loup n'est pas le maître absolu, il est lui aussi le destinataire d'un discours, quoique sans locuteur et sans sujet. C'est cette mystérieuse puissance qui lui a donné l'ordre de se venger, et qui l'innocente lui aussi. Ce qui n'empêche que même lui, le loup, obéit à des commandements.

 

 

Alors qu'en général les fables commencent par un récit et finissent par une morale, celle-ci se présentant comme la conclusion du récit, cette fable-ci commence par une morale "La raison du plus fort est toujours la meilleure", et finit par un récit - comme s'il fallait absolument, dès le départ, montrer que la raison ne se démontre pas, mais se donne d'avance (performativement), par la toute-puissance du plus fort.

 

 

 


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