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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Le cinéma, évidence du cinémonde                     Le cinéma, évidence du cinémonde
Sources (*) : Cinéma, un monde               Cinéma, un monde
Jean-Luc Nancy - "L'Evidence du film, Abbas Kiarostami", Ed : Yves Gevaert, 2001, pp11, 19

 

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En s'auto - affectant, l'oeuvre ouvre un monde

[Pour renvoyer à lui-même, il faut au monde d'aujourd'hui un "art de l'évidence" : le cinéma, qui se donne son propre réel et le projette comme cinémonde]

En s'auto - affectant, l'oeuvre ouvre un monde
   
   
   
Le cinéloft du quai Le cinéloft du quai
                 
                       

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Jean-Luc Nancy utilise la formule "évidence du film" à propos de Et la vie continue (film d'Abbas Kiarostami sorti en 1991-92). Après un terrible tremblement de terre, un homme parcourt une zone dévastée pour retrouver la maison d'un ami. C'est un film d'actualité, un film au présent, qui ne commence ni ne s'achève (il commence en-deça de lui et finit au-delà). Le cinéma, selon Nancy (et avec lui la télévision, la vidéo, la photo), s'y affirme par lui-même. Il affirme son essence dans un monde où, sans lui, nous ne sommes plus. Que se passe-t-il? Quelque chose de nouveau au tournant du 21ème siècle, une nouvelle axiomatique dans laquelle la représentation n'occupe plus la position centrale. Il s'agit de prendre acte du fait que le regardeur n'est pas extérieur à la scène, mais à l'intérieur d'une salle obscure, d'une boîte dont l'écran est l'un des côtés. Il pénètre dans un espace, dans un monde. Ce qui nait alors (ou renait), c'est un regard intense qui fait partie du monde où il se porte. Ce regard sans illusion, tourné vers le réel fait venir une prégnance, un nouveau schème de l'expérience par lequel le cinéma remet en jeu notre rapport au monde. Kiarostami entre et sort de ses films, il y bouge, s'y déplace, s'y dédouble, capte les tensions entre hommes/femmes, mort/vie, tradition/modernité. Il nous fait sentir un monde qui tourne sur ses gonds, un monde qu'il pense au présent, sans qu'aucune autorité ne le surplombe.

Le cinéma se distingue des autres arts par un glissement indéfini qui en appelle moins à la signifiance qu'à l'insignifiance. Sa présentation, toujours en mouvement, glisse le long d'elle-même, pour n'aller à aucun mystère ni révélation. Les scènes et les truquages s'emboîtent les uns dans les autres, à perte de vue. Il est emporté dans un défilement sans fin, l'évidence du passage. En lui, le monde se met en mouvement sur lui-même, sans lien fixe d'amarrage. Comme son support (la pellicule ou ce qui la remplace), le film est un milieu de passage, un rapport de la lumière à elle-même qui maintient l'espace en suspens, dans un équilibre délicat. Mise au service des mythes, cette technique les suspend également. Elle ouvre le regard sur une mobilité du monde, un emportement qui, avec sa substance et son sujet, ne s'autorise que de lui-même.

D'un film à l'autre s'enchaîne ou se fraye une autre façon de faire sens, une façon d'être singulière que, lentement, notre monde apprend de lui. L'image (cinématographique) n'est ni le reflet de la vie, ni une copie : elle en est la continuation. Il lui suffit de projeter son être comme tel pour rendre possible la configuration de notre monde - ce cinémonde où le spectateur (l'habitant) se projette aussi lui-même. Notre expérience est organisée, schématisée par le cinéma. Pour chaque situation de la vie quotidienne, notre regard compose avec des figures ou des formes cinématographiques. Il n'est pas qu'un loisir, une industrie, une pratique artistique ou culturelle; il conditionne la mise en jeu de notre être dans ce monde. Ce qui se réalise par lui est plus qu'une seconde réalité ou une autre réalité, c'est le réel en tant que tel.

 

 

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Propositions

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En ce début de siècle, une voie nouvelle se fraye au cinéma : au-delà de la représentation, le regard est mobilisé, il ouvre sur un espace, un monde, un réel dans lequel il pénètre

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Avec le cinéma apparaît une nouvelle "prégnance" : une forme, une force, la poussée d'un schème de l'expérience qui précède et fait mûrir une mise au monde

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En projetant son être comme tel, le cinéma rend possible la configuration de notre monde, le cinémonde

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Le cinéma est l'une des conditions de possibilité de la mise en jeu de notre être dans le monde d'aujourd'hui

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Dans un monde qui tourne sur ses gonds, le cinéma ne vise plus l'illusion ni la représentation : il fait bouger le regard, remet en jeu notre rapport au monde

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Au cinéma, l'image n'est ni le reflet de la vie, ni une copie : elle en est la continuation

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"Il faut que la vie soit un film"; mais alors la plus grande menace est la fin du film; (r)entrer dans la vie, c'est en sortir (Un été avec Monika, film d'Ingmar Bergman, 1953)

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Regarder un film, c'est penser le réel au présent - ce que le réalisateur réalise, par égard pour le réel regardé, sans qu'aucune autorité ne le surplombe

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Le cinéma forme l'instance qui désigne aujourd'hui "le réel en tant que tel"

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L'évidence, au cinéma, c'est un regard à travers lequel un monde en mouvement sur lui-même, sans lien fixe d'amarrage, peut se redonner son propre réel

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Au cinéma, le regard s'ouvre sur une mobilité du monde : un emportement qui s'autorise de lui-même, qui emporte son support, sa substance, son sujet

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Le support d'un film (la pellicule) est un objet diaphane, transparent, un milieu de passage, un rapport de la lumière à elle-même - comme le film

 

 

 


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