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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, l'humain                     Derrida, l'humain
Sources (*) : Derrida, l'animal               Derrida, l'animal
Jacques Derrida - "L'animal que donc je suis", Ed : Galilée, 2006, p35

 

Genese -

Derrida, le nom

En laissant à l'homme solitaire et souverain la liberté de nommer les animaux, Dieu s'abandonne à la radicale nouveauté de ce qui va arriver : le pouvoir de l'homme à l'oeuvre

Derrida, le nom
   
   
   
Derrida, la tora Derrida, la tora
Derrida, Dieu               Derrida, Dieu  
Derrida, retrait, effacement                     Derrida, retrait, effacement    

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Il y a dans la bible deux récits de la création (Genèse 1 et Genèse 2). Dans le premier récit, Dieu crée ensemble, d'un seul coup, l'homme et la femme, avant de leur dire à tous deux de faire fructifier la terre, de la dominer et d'y assujettir tous les vivants. Dans le second récit, il commence par créer l'homme, et c'est à lui seul qu'il confie la tâche de nommer les animaux [il libère en lui le langage]. Après seulement, il crée la femme à partir d'une de ses côtes. Deux tâches donc pour l'humain :

- dans le premier récit, assujettir les animaux, par le couple homme-femme (Isch-Ischa). Dieu crée les animaux, il les bénit, et il donne ensuite au couple l'ordre de les dominer. La structure est hiérarchique; homme et femme doivent obéir.

- dans le second récit, nommer les animaux, les appeler, mais par l'homme seul (Isch). Les animaux ont déjà été créés (avant l'homme), ils sont venus avant les noms. L'homme est surveillé, il est sous le regard de Dieu (Il les fait venir vers le glébeux pour voir ce qu'il leur criera), mais il est libre d'appeler les animaux comme il le veut. C'est une façon de les domestiquer, de les dompter. Dieu est en attente. Il laisse l'homme agir, il voit son oeuvre, mais sans intervenir. L'acte de nomination par un homme est une nouveauté radicale. Dieu accepte de se laisser surprendre, déborder. Il attend de voir ce qui en sortira. [Il en sortira deux fautes : l'une liée à l'arbre du bien et du mal, l'autre au sacrifice du vivant].

(Traduction Chouraqui).

 

 

Pour Jacques Derrida, ce second récit n'est pas temporel : "il est la genèse même du temps". Emergence du langage : un Dieu tout-puissant ne sait pas ce qui va lui arriver. Quant au destin de l'animal (la vie du vivant en tant que tel), Dieu semble ne pas savoir ce qu'il veut. Une béance se creuse, un vertige. L'appellation par l'homme est poétique : c'est un événement indéchiffrable, qui arrive avant même que la femme [ce complément oppositionnel] ne soit donnée.

 

 

 


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